Comment Comprendre Les Rapports Sociaux et les Rapports de Classe en Haïti


 

Le philosophe éveillé

expérience de la solitude

Dans les articles précédents, je m’efforçais de trouver, d’identifier et de catégoriser la population d’Haïti. En effet, je pointais du doigt trois grands ensembles d’individus qui forment la mosaïque ethnique du pays. Il y avait les riches ou bourgeois c’est-à-dire, ceux qui possédaient tout et qui dans l’ensemble étaient des mulâtres, de quelques noirs ou peaux foncées, des blancs, des Arabes et des juifs; il y avait ceux qui pouvaient plus ou moins bien vivre dans la société, les éléments de la classe moyenne, ce groupe ne peut pas tout se permettre mais avait une certaine facilité pour vivre dans l’ensemble c’est des noirs qui ont fait quelques études et gagnent un certain revenu mais juste pour bien vivre lorsqu’il n’y a pas de grande crise majeure dans le pays; et enfin il y avait les masses populaires c’est-à-dire des gens qui n’ont rien et qui doivent vivre au jour le jour, la masse est composée dans son ensemble de personnes noires mais compte tenu de la réalité ethnique de Haïti, la notion de couleur et de race se travestie il y a des mulâtres dans certaines régions qui sont pauvres et de ce fait doivent être saisis comme faisant partie des masses populaires.

Au-delà de notre cloison ou encore de notre catégorisation systémique de la composition ethno-économique et politique d’Haïti, pour bien comprendre la notion de classe sociale en Haïti, il faut analyser et comprendre les groupes et les catégories sociales. Pour se faire, il faut donc creuser les rapports qui existent entre ces divers groupes et ces diverses catégories sociales. Pour qu’une société fonctionne ou ne pas fonctionner, il faut qu’il y ait des rapports et des relations entre ses divers éléments.

Le terme rapport de classe et le terme les rapports sociaux sont trop conceptuels pour rendre simple notre compréhension car, ils sont souvent identifiés en notion de rapports de production qui est encore plus complexe pour traduire la réalité sociale, économique et politique d’Haïti.

En fait ce nous voulons dire en est que dans le terme rapport on voit trop souvent les relations de domination sous l’angle de la production, or en Haïti ce type de rapport est plutôt faible bien que réel à travers un ensemble de structures et de sous-structures qui établissent des relations d’exploitation et de domination d’une classe sur les autres et sur la principale, les masses.

Ceci dit, j’espère que le lecteur s’est déjà habitué à comprendre l’usage que je suis en train de faire avec les notions de rapports et de relation pour parler des liens qui semblent exister entre les différentes classes sociales en Haïti. Les rapports sociaux sont vécus quant à eux non à travers des structures et des sous-structures mais dans les contacts humains, c’est-à-dire dans les relations de personnes à personnes, en Haïti où il y a beaucoup de règles non écrites qui définissent les attitudes et les comportements, des jeux de classe se jouent et s’entremêlent également dans les relations et à travers les échanges entre les individus.

On dirait même que chacun, sans le dire et peut-être sans le savoir sait damblé c’est quoi sa place selon l’âge, selon son rang, selon sa race, voire selon son niveau de richesse. Cependant, malgré cet ensemble de règles non écrites et de savoirs pour bien vivre avec les autres, devant certains gestes, l’Haïtien est tout aussi capable de transgresser pour s’affirmer et ainsi rééquilibrer les rapports sociaux.

Pourquoi les haïtiens arrivent à transgresser les ordres sociaux? Pourquoi ils ne le font pas toujours? Pourquoi ils rééquilibrent les rapports sociaux alors qu’ils semblent s’accommoder avec les règles non écrites qui fixent au niveau protocolaire les rapports sociaux? Ce seront les questions que nous tenterons d’élucider tout au long de ces séries de textes sur la compréhension des rapports sociaux et les rapports de classe en Haïti.

Je demande donc à mon lectorat de les garder en arrière plan afin de tirer le maximum profit de cette série de textes. Pour aider le lecteur, je dirai même que ces trois questions constituent en soi le fil conducteur qui permet d’aller et de revenir d’un texte à un autre. Il y a donc des subtilités dans les rapports sociaux ainsi que dans les rapports de classe en Haïti.

De plus au coeur de ce qui est typiquement haïtien, il y a des règles non écrites certes  mais qui établissent des frontières du seuil de tolérance pour les haïtiens. Lorsqu’il est donc ontologiquement touché l’Haïtien devient plusieurs hommes en même temps et ses réactions sont toujours assumées.

En guise d’introduction abordons maintenant les notions de rapports sociaux et de rapports de classes sociales en Haïti. Ce qu’il faut savoir en matière de rapports c’est une domination de telle classe sur telle autre ou sur toutes les autres comme nous essayons de le faire au début de ce texte. Toutefois comme nous allons le découvrir à travers cette série de textes, ces rapports sont plus ou moins flous lorsque l’on veut les comprendre en Haïti ce, parce que les groupes en présence ne s’assumant pas toujours de façon définie et claire.

Il y a un peu trop d’à-peu-près comme par exemples oui on est mais pas totalement. Ce que je veux mentionner ici c’est que en Haïti il y a usurpation de classe sociale et comme si chacun cherchait à se valoriser sans aucune équivalence économique, politique, social et culturel. Cette idée est peut-être à cause d’un certain héritage colonial qui classait et stratifiait la société, peut-être également une vielle mentalité de la bourgeoisie mulâtre qui essayait de revendiquer son héritage des blancs coloniaux.

En commençant par certaines de nos plus belles femmes haïtiennes qui veulent s’éclaircir en se décolorent la peau avec des produits cosmétiques jusqu’au parents qui appellent leurs enfants au teint claire ti grimo ou ti blanc, de façon générale, nous refusons de nous identifier à telle ou telle catégorie sociale, à telle classe sociale et nous sommes toujours en train de nous mettre et de placer à des niveaux supérieurs.

Cette mentalité nous fait passer pour ce que nous ne sommes pas par conséquent, nous n’avons aucune conscience de classe qui aurait pu nous aider à faire de bons choix tant au niveau personnel, On dirait même que les haïtiens voudraient avoir un anneau chez les orfèvres comme le dit si bien le vieux dicton. Chacun voudrait avoir été d’une famille riche, d’une famille d’intellectuels, d’une famille de grands propriétaires terriens, d’avoir hérité d’un nom royal ou tout simplement issu d’un ancêtre blanc. Ceux qui sont riches se cachent pour se plaindre en se réclamant d’être pauvres et issus des masses populaires comme quoi on ne s’identifie pas totalement à sa classe. S,agit-il de complexe ou tout simplement d’une véritable malaise haïtienne. Nous pensons que les sociologues sauront mieux expliquer cette réalité qui paralyse le pays. J’ai déjà entendu un juif (haïtien) dire une fois, en parlant de ses richesses, nous sommes de grands travailleurs et notre peuple a beaucoup souffert dans le monde. À bien comprendre ce qu’il voulait dire je me demandais s’il croyait que j’étais un véritable imbécile. Lui qui avait tout pour plusieurs dizaines de générations n’avait pas reconnu qu’il était extrêmement riche mais tout ce que son étroitesse d’esprit voulait affirmer c’était d’établir un certain lien entre ses durs labeurs et une certaine souffrance de quelques malheureux juifs. Je ne vous dirai pas si je l’avais rappelé les causes de la présence de joseph en Égypte ou encore les conditions de l’arrivée de l’Homme noir en Amérique cependant tel n’est pas le sujet du présent texte. Ce que je veux retenir c’est que aucune catégorie sociale, aucune classe sociale et économique en Haïti assume son appartenance et de fait aucune d’entre ELLES n’a de conscience de classe voilà pourquoi, il nous sera assez difficile d’aborder la question des rapports sociaux ainsi que la question des rapports de classe de façon classique. Néanmoins cela ne suppose pas pour autant que  nous allons rejeter cette démarche scolastique. Au contraire même en empruntant notre voie alternative, nous allons dans les prochains textes continuer de décortiquer les caractéristiques des catégories et des groupes sociaux afin de faciliter leur compréhension. Et en fin de compte, grâce à cet traitement, nous saurons identifier les véritables éléments qui tiennent et soutiennent les différentes classes sociales entre-elles en Haïti. Le fameux se connaître que j’ai évoqué dans les précédents textes nous permettront tout en prenant son véritable sens, de poser les bases de la Fameuse Conscience de soi.

Pour poursuivre la lecture du texte revenez nous visiter régulièrement car nous allons apporter plus de précision. Cette série de textes disais-je vise à élucider la notion de classe sociale en Haïti. Lisez également les articles précédents afin de mieux comprendre les objectifs visés par ce blog.

Merci, Bonne lecture.

Hermann Cébert

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