Énoncé de politique générale du Premier Ministre Laurent Salvador Lamothe


•Honorables ParlementairesC’est pour moi un grand honneur de me présenter devant cette auguste assemblée afin d’exposer ladéclaration de politique générale du Gouvernement que je suis appelé à diriger.A ce carrefour historique de la vie nationale, à un moment où des décisions majeures s’imposent pourfaire avancer Haïti vers la modernité, le Président de la République SEM Michel Joseph Martelly, m’afait le plus grand des honneurs en me choisissant pour diriger le prochain Gouvernement.
 
Je le remercievivement et saisis l’occasion pour lui exprimer, du haut de cette tribune, ma gratitude et l’expression dema reconnaissance pour la confiance qu’il m’a témoignée.Imbus des défis qui attendent la nation, j’ai accepté cette nomination avec comme seule ambition, cellede servir mon pays et de travailler sans relâche, avec passion et ardeur, à la matérialisation des objectifsde progrès et de développement économique et social prônés par le chef de l’état.Honorables parlementaires,Un nouveau rêve haïtien est possible.
 
C’est parce que j’y crois fermement que j’ai accepté de prendre lesrennes de ce nouveau Gouvernement qui a l’ambition d’être le catalyseur des forces de changementen Haïti.Si le défi est énorme, la tâche est exaltante. Nous serons à la hauteur. Je dis « NOUS », car la réussitesera collective. C’est pour cela que je compte associer à mes efforts tous les secteurs de la vie nationale et,à plus forte raison, des institutions vitales comme le Parlement qui est co-dépositaire de la souveraineténationale.
A ce propos, d’emblée, je tiens à informer nos Honorables parlementaires et leurs mandantsdes départements et circonscriptions qu’ils représentent, que mon énoncé de politique générale tiendracompte des sensibilités des différents secteurs de la vie nationale, et ceci dans les dix départementsgéographiques. Une telle démarche est nécessaire pour que règne la sérénité et l’entente indispensablesau lancement du grand chantier de la reconstruction.Mon énoncé de politique générale repose sur les 5 « E » priorisés par le président Michel JosephMartelly (Économie et Emploi, Éducation, Énergie, État de droit et Environnement). L’énoncé tientégalement compte des préoccupations exprimées par les groupes organisés de la société.
 
Ce fut d’ailleursun exercice enrichissant pour moi que de rencontrer durant ces dernières semaines les leaders de diverssecteurs, d’être à l’écoute de leurs revendications, d’apprendre de leurs expériences et de cogiter avec euxsur les meilleurs solutions à apporter à leurs problèmes spécifiques… L’exercice de servir l’État n’a desens que si ce service répond aux besoins fondamentaux des citoyens. C’est ma très grande conviction etle principe qui guidera l’action Gouvernementale en tout lieu et en tout temps.Mon document de politique générale n’est donc pas simplement et seulement l’œuvre de techniciens,experts ou autres hauts fonctionnaires travaillant en anti chambre.
 
Il est également le résultat desectoriels, et celui des élus locaux et nationaux. Ce principe implique également de mettre en place desmécanismes devant favoriser la croissance économique et la répartition équitable de la richesse au profitdes plus vulnérables.L’investissement privé massif, OUI mais à une seule fin : celle de générer des moyens pour que leGouvernement mène une politique sociale d’envergure en faveur de ceux vivant dans la pauvretéextrême. Les indicateurs sociaux révèlent une situation inquiétante qui s’est considérablement dégradée àla suite du tremblement de terre. Dans notre pays, l’espérance de vie à la naissance se chiffre aujourd’huià 62 ans contre une moyenne régionale de 72. Seulement 52% des haïtiens ont accès à l’eau potable.Nous comptons 5.9 médecins pour chaque 10,000 habitants et un taux d’analphabétisme de 68.6%.La liste des inégalités sociales est longue, criante et inacceptable. Cette situation commande desactions aussi concrètes qu’urgentes.
 
La pauvreté extrême dans laquelle vivote une forte partie de notrepopulation doit nous interpeler tous les jours, toutes les heures. L’histoire retiendra qu’un GouvernementMartelly-Lamothe aura travaillé sans relâche, nuit et jour, à la construction d’une société plus juste etplus inclusive et à l’édification d’un véritable État de Droit.En effet, Honorables parlementaires…Mon Gouvernement se fera le champion de la solidarité sociale, solidarité sociale envers les plus démunisqui ne mangent pas à leur faim…. Le vœu du Président de la République, maintes fois répété, durant ladernière campagne électorale, est celui de voir chaque Haïtien capable de manger décemment chaque jour.
 
Honorables parlementaires,Aujourd’hui, notre peuple a besoin d’un sursaut de civisme, de conscience patriotique et de foi dansl’avenir. Quand à moi, encore une fois, je me mets au service d’Haïti et des haïtiens. Sur les terrainsde tennis du monde entier où j’ai toujours hissé au mât du succès le drapeau de mon pays, ma foipatriotique a toujours guidé ma fierté d’être né haïtien et de le rester. Les quelques succès que j’ai connudans ma vie, je les dois à ma persévérance et mon assiduité au travail. Ces qualités, je les mettrai àcontribution dans ce nouveau combat que je m’apprête à livrer à la tête du Gouvernement contre lamisère, la corruption et l’exclusion sociale.
 
L’expérience que j’ai acquise, je veux l’offrir à tous et aux jeunes en particulier.A cette jeunesse qui me paraît désorientée, je dis d’entrée de jeu, que le Gouvernement que je suis appeléà diriger, sera le sien. Une place spéciale lui sera réservée pour lui donner les moyens et l’assistancenécessaire pour réaliser ses rêves. J’ai écouté avec attention les discours et les promesses de ceux qui m’ont précédé devant cette HauteAssemblée, dès le début de cette tradition républicaine, que nous avons adoptée. Nombre d’entreconsultations nombreuses sur le terrain avec les syndicalistes, les paysans, les professionnels, les hommeset femmes d’affaires, les petits commerçants, les industriels, les vodouisants, les prêtres, les universitaires,les leaders politiques… et j’en passe. Je me félicite d’avoir pu rallier à la préparation de cette politique générale des hommes et des femmesqui ne partagent pas nécessairement les mêmes idées que moi ou que ma famille politique.
 
Le tissu socialdéchiré qui est le nôtre doit être recousu ensemble. Les troubles politico-économiques dont souffre notrepays sont le symptôme d’une crise plus profonde : celle de notre incapacité à transcender nos différenceset à travailler ensemble même dans la diversité et la différence d’opinions. Nous devons changer cet étatde choses. Mon Gouvernement sera prêt à remplir sa part du contrat. Je suis un homme de dialogue.Mon Gouvernement le sera. Je suis un homme d’ouverture. Mon Gouvernement le sera. Je suis unhomme sensible à la grande misère du peuple.
 
Mon Gouvernement fera tout ce qu’il faut pour mettreHaïti sur le chemin du progrès économique et surtout social.La grande question qui s’impose à nous aujourd’hui, tenant compte de notre passé et de nosdifficultés, est celle-ci : sommes-nous prêts à faire face à ces défis ? La réponse n’est pas évidente tant ledécouragement continue de dominer certaines de nos actions. Pourtant nous n’avons pas emprunté lechemin de l’Histoire pour aboutir à une impasse. Pourtant nous n’avons pas consenti tant de sacrificespour que la misère soit notre seule récompense.
 
Nous devons aujourd’hui prendre la résolution de consentir de nouveaux sacrifices et saisir notre destinen main dans le dessein de bâtir une nouvelle société. En ce sens, Honorables parlementaires, je comptesur votre inestimable collaboration à l’exaltant combat que mon Gouvernement entend mener en faveurdu peuple qui a toujours été maintenu à la lisière de la société.En m’adressant à vous dans cette enceinte, haut-lieu de débat autour des grandes décisions devantengager la Nation, je ne saurais ici rater l’occasion de rappeler une nouvelle fois l’impérieuse nécessitéde réunir autour d’une table les représentants des différents secteurs de la vie nationale – toutestendances politiques confondues – pour travailler à la mise en place d’un véritable projet nationalde développement sur 30 ans.
 
Nous le savons, le principe de l’alternance implique que différentsGouvernements vont se succéder au pouvoir durant les décennies à venir. Il n’y a pas de moment plusapproprié que celui que nous vivons aujourd’hui pour définir, ensemble, un cadre consensuel et uneboussole commune auxquels les Gouvernements successifs seraient solidaires dans le cadre de notrequête collective de modernité et de développement.Honorables parlementaires,« Fòk Pèp la Jwenn » tel est le principe directeur qui guidera mon action. Ce principe implique derechercher en priorité le mieux-être des plus démunis à travers notamment la fourniture des servicessociaux de base. Ainsi, l’accent sera mis sur les projets à effets immédiats sous le leadership des ministères
 
eux, animés des meilleures intentions, ont toujours trouvé les mots justes pour présenter leur espoirde changement mais les contraintes de divers ordres ont souvent porté à se dédire. Je suis confiant etoptimiste qu’aujourd’hui, unis, nous relèverons le défi. Aussi, je m’engage devant la Nation à dresser labannière de la fraternité, qui compose depuis deux siècles, la trilogie de notre existence.La Nation et ses composantes, commémoreront bientôt le premier anniversaire de l’accession à laPremière Magistrature de l’État du Président Michel Martelly, choisi par le peuple pour le sortir dela misère. Que lui soit rendu les fruits de la confiance qu’il a placé et qu’il continue de placer dans lePrésident. Avec lui et avec les forces vives du pays dont les Parlementaires, je demeure assuré que nouslui rendrons le bénéfice de ses aspirations.
 
LES PRINCIPES ET LES VALEURS QUE NOUS DéFENDONS

Les hommes et les femmes invités à faire partie de mon Gouvernement seront des personnalitésdéterminées et compétentes dont les actions seront imprégnées du sceau de la modernité. Toutefois, lamodernité n’est possible que lorsqu’elle est portée par une série de principes et valeurs fondamentales.1. L’inclusion sociale ! Pour nous, c’est le maître mot d’une politique qui vise l’égalité et la justicesociale. Trop nombreux sont les haïtiens vivant dans l’extrême pauvreté avec un revenu inférieur à40 Gourdes par jour. Comment concevoir une action politique d’envergure sans que les plusvulnérables de nos compatriotes n’en soient les premiers bénéficiaires ?2.
 
La bonne gouvernance ! Les principes que nous voulons défendre sont ceux de la bonnegouvernance, synonyme d’ une gestion rationnelle des ressources de l’État et d’une relation encoreplus harmonieuse entre les différents partenaires de la reconstruction d’Haïti.3. La responsabilité fiscale ! Ce n’est pas tout d’investir, de générer des emplois et de gagner de l‘argent.Il faut que la part revenant à l’État lui soit remise sous forme d’impôts et de taxes. La Constitutionhaïtienne prescrit qu’il n’y a pas de privilège en la matière. La qualité de citoyen s’acquiert aussi parla responsabilité fiscale de tous sans distinction.4. La liberté d’expression et d’association ! Les dispositions constitutionnelles actuelles garantissent laliberté d’expression et d’association. C’est un acquis gagné de haute lutte et qu’il nous faut préserverà tout prix. Mon Gouvernement s’engage à contribuer au renforcement de la formation des journalistes.
 
Nous comptons, avec l’appui de nos partenaires internationaux, octroyer des boursesd’étude au bénéfice des jeunes journalistes et créer une maison de la presse.5. L’idéal démocratique ! Pour que s’instaure l’État de Droit, il faut des élections honnêtes à intervallesréguliers. Le maintien des acquis démocratiques passe par le renouvellement des postes électifs. Lepeuple doit avoir la possibilité de choisir ses dirigeants et de les sanctionner à travers des électionslibres et honnêtes. En outre, il n’y aura de Gouvernement plus attentif et respectueux des Droits del’Homme que le Gouvernement Martelly-Lamothe ! Les Droits de l’Homme constituent, à l’heureactuelle, un fondement essentiel de l’Etat de droit et de la Démocratie, et de ce fait une conditionnécessaire de la légitimité de l’Etat.
 
 
mETTRE LE PAys EN ChANTIER
 
Haïti jouit d’un potentiel énorme à tous les niveaux. Notre pays dispose de sérieux atouts pour réussir unvéritable boom économique si les conditions sont réunies.Nous sommes à un carrefour décisif de notre vie de peuple. Nous avons eu la force de nous dressercontre l’esclavage. Nous avons eu la détermination de fonder une nation, seuls, sans modèle, sansmoyens. Nous avons aidé les peuples du monde entier dans leur lutte en faveur de la Liberté. Noussommes fiers d’être un peuple libre. Mais cela ne suffit pas. Nous ne devons pas arrêter le cours del’Histoire. Nous avons à l’heure actuelle l’impérieux devoir de montrer au monde que nous sommesencore capables de faire d’Haïti une terre où il fait bon de vivre.Le sursaut national est possible. Nous avons trop tardé. A notre génération, il est permis aujourd’huide prendre les décisions qui mettront Haïti sur le chemin du progrès. A ce propos, nous n’allons pasréinventer la roue. En terme de programme économique et social, mon Gouvernement exécutera lesrecommandations faites par le Ministère de la Planification et de la coopération externe qui a proposé unPlan Stratégique de Développement d’Haïti (PSDH) visant à faire d’Haïti un pays émergent en 2030.
 
Ce plan a le grand mérite d’avoir été élaboré par des penseurs et techniciens haïtiens imbus desproblèmes et des réalités du terrain, dans une approche participative. Très souvent, nous avons lamauvaise habitude de trop nous fier à des études et recommandations venant de l’extérieur ou produitespar des experts étrangers aux connaissances seulement livresques d’Haïti. Parallèlement, nos cadres dansnos ministères qui connaissent le terrain font des propositions qui restent souvent dans des tiroirs. Il fautrenverser cette tendance, corriger ce travers. Valorisons nos matières grises et faisons confiance à noscadres. D’ailleurs la fuite de nos meilleurs cerveaux de l’administration publique n’est-elle pas aussi liéeau fait que nos éléments les plus brillants ne sentent pas leurs travaux appréciés et pris en compte.Dans la logique du Plan Stratégique de Développement d’Haïti (PSDH), mon Gouvernement entends’attaquer résolument à quatre grands chantiers.1.
 
Le chantier territorial qui concerne l’aménagement du territoire, l’urbanisme, le développementlocal, la protection de l’environnement, un réseau de transport national, l’électrification du territoire,l’expansion des communications, le maillage numérique du territoire, l’alimentation en eau potableet la gestion des déchets solides.2. Le chantier social prévoit la création de réseaux modernes de santé et d’éducation incluant laformation professionnelle, la protection des biens culturels, l’accès au logement, le développementde l’action civique, l’offre sportive et de loisirs, le renforcement de notre Système de Sécurité socialeaccessible à tous, notamment à tous les travailleurs, y compris ceux du secteur informel.3.
 
Le chantier économique qui prévoit la mise en œuvre d’une approche globale de développement,l’appui à l’investissement privé, la dynamisation et le renforcement des secteurs compétitifs del’économie haïtienne, la mise en place d’une véritable industrie de la construction et la mise enœuvre de projets ciblant la création d’emplois ainsi que l’amélioration de la productivité4. Et finalement, le chantier institutionnel, outil indispensable de mise en œuvre des chantiersmentionnés précédemment, qui englobe la révision du cadre légal, le renforcement des institutions, lamodernisation de l’administration publique, le renforcement des Collectivités Territoriales et celui dela société civile.
 
sans support papier. Les principales lois envisagées sont :1. La Loi régissant les communications et l’archivage de l’information informatisée.2. La Loi sur le commerce électronique.3. La Loi sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication, destinée à reconnaîtrela valeur juridique des documents technologiques, tels que : le courrier électronique et les donnéesinformatisées dont l’usage est répandu autant dans le domaine des échanges avec les administrations,que dans la conduite des opérations commerciales nationales et internationales.Nous allons réactiver dans les meilleurs délais le Conseil Supérieur de l’Administration et de la FonctionPublique composé d’un certain nombre de Ministres, de personnalités du secteur privé, de la sociétécivile, en vue de lui permettre de valider les activités à mettre en œuvre dans le cadre de la réforme del’État.Nous allons définir une nouvelle politique de recrutement de cadres par la mise en place d’une Banquede ressources humaines qualifiées au moyen de concours annuels visant le principe de l’égalité deschances et de l’égal accès à la Fonction Publique. Je me réjouis pleinement d’avoir déjà donné le ton lorsdu dernier concours organisé à l’intention du Ministère des Affaires Etrangères et des Cultes. J’en feraiune pédagogie toutes les fois qu’il s’agira de recruter de nouveaux cadres dans la Fonction Publique;Mon Gouvernement finalisera le plan d’établissement de l’École Nationale de l’Administration et desPolitiques Publiques pour la rendre opérationnelle le plus rapidement que possible.

 
LEs BâTImENTs PUBLICs
Honorables parlementaires,Pour réussir la réforme institutionnelle, pour faire de l’Etat haïtien un état moderne capable de remplirses fonctions régaliennes, nos institutions publiques doivent être bien logées. Nos cadres doivent pouvoirtravailler dans de bonnes conditions. L’efficacité administrative publique est au cœur des réussites depolitiques publiques.A ce propos, l’Unité de Construction de Logements et de Bâtiments Publics est appelée à apporter uneassistance technique à la construction des bâtiments publics et de logements sur tout le territoire de larépublique. Elle sera essentielle dans la démarche de mon Gouvernement à rétablir la capacité de l’Etat,et cela au plus vite car, rebâtir nos bâtiments publics, c’est donner à l’Etat les moyens de sa politique !Mon Gouvernement entend doter cette Unité de moyens pour atteindre ses objectifs prioritaires qui sontla reconstruction des bâtiments publics suivants:1. Le Palais de Justice ;
 
 
Pour entamer ces quatre chantiers, retroussons nos manches et mettons nous au travail.
LA RéFORmE INsTITUTIONNELLE :UN GOUvERNEmENT AU sERvICE DU CITOyEN
Honorables Parlementaires,La mise en œuvre des activités découlant des politiques publiques que je vais énoncer reposenécessairement sur une administration publique capable d’apporter des réponses aux besoins pressantsde la population haïtienne. La réforme de l’État est un impératif absolu devant garantir la bonnegouvernance administrative du pays tant au niveau central que territorial. Je veux donc prendre devant cette auguste assemblée, au nom du Gouvernement que je vais diriger,l’engagement de créer les conditions favorables à la réforme administrative et à l’instauration d’uneFonction Publique de carrière, protégée des aléas de la politique.
 
Dans un contexte post-séisme, monGouvernement reste pleinement conscient de la nécessité d’insuffler un nouveau dynamisme dans laFonction Publique.L’action Gouvernementale favorisera la mise en place d’une administration publique efficace en situation de:1. Redonner confiance aux citoyens ;2. Préserver l’État de droit par une fonction publique de qualité, honnête au service de l’intérêt général;3.
 
Travailler en faveur d’un rapprochement de la population de ses fonctionnaires par unedéconcentration réelle des services de l’État;L’image d’inefficacité longtemps renvoyée par l’Administration à la population en général et auxadministrés en particulier ne saurait laisser mon Gouvernement indifférent quant à la nécessitéd’impulser un ensemble d’actions porteuses d’une perception rénovée de la gestion publique. N’ayonspas peur de faire les choses différemment ! Par exemple, le Conseil des Ministres sera certes une plate-forme de rencontre et de décisions importantes – sous l’égide du président – mais il sera également unespace ou les ministres viendront rendre compte de leurs actions qui seront mesurées en fonction desréalisations concrètes.
 
De plus, sur demande du Président, les Conseils des Ministres, ne se feront plusexclusivement à Port-au-Prince, mais également en province sur une base rotative !Nous allons redonner à l’État, via l’Administration publique, sa vocation première qui est de servir lapopulation. Pour cela, mon Gouvernement s’appuiera sur l’apport des technologies pour appuyer laréforme (Internet, courriel, téléphone…), ceci, dans la plus grande transparence quant à la gestion parl’administration des données détenues, notamment les informations personnelles ou confidentielles.En ce sens, mon Gouvernement invitera le parlement à voter un ensemble de lois dont l’objectif principal est de donner une validité juridique à la communication d’informations sous forme de messages
 
2. Le Palais législatif ;3. La Mairie de Port-au-Prince ;4. La Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratifs.Ces choix rentrent dans une politique de renforcement des trois pouvoirs, fondement même de l’Etatde Droit que nous devons continuer à construire. Des fonds provenant des accords avec le FMI, suiteà l’annulation des dettes publiques d’Haïti, sont actuellement disponibles pour le financement de cesprojets. Il y a également un consensus sur un autre lot de bâtiments publics composé :1. Du Ministère de l’Economie et des Finances ;2. Du Ministère du Commerce et de l’Industrie ;3. De la Direction Générale des Impôts ;4. De l’Administration Générale des Douanes.Sur le plan institutionnel, mon Gouvernement procédera rapidement à faire évoluer le statut de L’Unitéde Construction de Logements et de Bâtiments Publics qui pour l’instant, demeure un dispositif administratif qui n’est pas le plus approprié. Cette Unité doit pouvoir désormais, jouer pleinement lerôle qui lui est dévolu dans le processus de reconstruction.
 
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« E » :éTAT DE DROIT ET DémOCRATIE
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Honorables Parlementaires,Dans le champ de la justice, un état des lieux sommaire affiche des données pour le moinsproblématique. Les services publics de base tels que bureaux d’État Civil et Tribunaux de paix, fontgrandement défaut dans la plupart des villes de province. Seuls 182 sections communales sur les 567que compte la République en sont plus ou moins pourvues. En d’autres termes, 69 % de ces espacesterritoriaux doivent en être dotés immédiatement.En ce qui concerne plus spécifiquement les Tribunaux de Paix, la situation est très critique. Avec un ratiode quatre (4) juges pour 100.000 habitants, il est difficile de s’assurer que la Justice soit disponible auprofit de ceux à qui elle est due dans le monde rural notamment. Tous les abus qui se constatent dansles milieux paysans sont en grande partie liés à cette vacuité. Le ratio est à peu près pareil au niveau desTribunaux de Première Instance.
 
Or la Justice constitue le socle sur lequel devra se fonder notre contrat social et son renforcement seral’action prioritaire de mon Gouvernement : il importe à ce tournant décisif de la vie nationale de luiaccorder une attention particulière pour qu’elle soit à la hauteur de sa mission de garantir la stabilitésociale et le respect de tous les droits fondamentaux du peuple.Tous les moyens seront mis en œuvre sous mon Gouvernement pour que la Justice soit remaniée à tousles points de vue, que ce soit structurel, organisationnel et fonctionnel.
 
Des signaux clairs ont déjà été lancés. A l’initiative des autorités en place, des postes essentiels au sein dusystème ont été comblés notamment au sein de la Cour de Cassation et au niveau du Conseil Supérieurdu Pouvoir Judiciaire.Honorables Parlementaires,L’indépendance de la magistrature sera au cœur de ma politique. C’est le seul moyen de remédier à cephénomène d’impunité sélective, ayant pour conséquence la violation massive des libertés individuelles.De ce point de vue, toutes les dispositions seront prises pour mettre les magistrats à l’abri despressions multiformes.
 
Ceci dit, la politique judiciaire que je compte mener sera orientée dans deux directions. En premier lieu,il s’agira de mettre en place un plan de recrutement et de formation des juges et du personnel judiciairepour suppléer à la carence à ce niveau. En second lieu, davantage de tribunaux seront créés, de manièreà rapprocher la Justice de la population. Cette politique s’articulera autour de deux axes prioritaires.Le premier axe concerne la formation. L’école de la Magistrature ouvrira désormais ses portes auxhuissiers, aux greffiers et aux Officiers d’État Civil et aussi au personnel des Cours et Tribunaux à traversl’établissement de branches rattachées à certains Tribunaux de Première Instance suivant un curriculumpréétabli.
 
Le second axe est le renforcement des mécanismes institutionnels de contrôle. Ainsi, sera renforcé, leConseil supérieur du pouvoir judicaire : une instance suprême de surveillance, de discipline et de gestionde l’institution judiciaire, dans la plus grande indépendance qui soit à l’égard des pressions politiques etdes secteurs économiques puissants.Mon Gouvernement s’interdit d’ores et déjà de s’immiscer dans la distribution de la Justice pour quelquemotif que ce soit. Toutefois, il s’évertuera à lui offrir un cadre adéquat et un environnement adapté àses besoins. C’est du reste un vœu plus d’une fois renouvelé par le Président Martelly qui souhaite quedurant son mandat la Justice soit dotée de tous les moyens.
 
sysTèmE PéNITENTIAIRE
Les statistiques dans le domaine indiquent un dysfonctionnement caractérisé du système. D’une manièregénérale, entre 15 à 25 % des détenus sont jugés. Tout le reste de la population carcérale, soit environ85%, sont en détention provisoire prolongée au-delà des délais posés par la loi.
 
A cela, il faut ajouter queles conditions de détention demeurent particulièrement inquiétantes, notamment en période d’épidémie,aussi bien pour les femmes que pour les hommes.Il convient de s’attaquer avec détermination à cette situation en vue de réduire à un taux acceptable ceschiffres, à défaut de les changer radicalement, en employant les détenus les moins dangereux dans destravaux d’intérêt communautaire, en mobilisant un personnel efficace pour connaître de chaque espèceet juger comme il convient les prévenus. Ce problème est intimement lié à la carence des juges et auxmoyens dont dispose l’État pour faire face à la délinquance.
 
Des programmes d’assistance seront orientésvers nos partenaires privilégiés en ce sens.Il ne fait pas de doute que les parquets demeurent les courroies de transmission entre les PouvoirsExécutif et Judiciaire. Il est de toute urgence de renforcer ce principe dans la perspective du respectde l’indépendance de la Justice. Le Ministère de la Justice sera chargé de s’assurer que les membres decette institution fassent montre de plus de professionnalisme dans l’exécution de la politique judiciaire duGouvernement, de manière à prévenir les changements répétés au sein des Parquets.
 
séCURITé PUBLIQUE

Honorables Parlementaires,Le droit à la sécurité constitue le fondement de l’exercice des libertés individuelles et collectives pourlesquelles notre peuple a combattu tout au cours de son existence. Mon Gouvernement s’imposeral’impérieux devoir non seulement de respecter ces acquis, mais aussi de les faire observer par tous lesorganes chargés de les appliquer.La délinquance est devenue une des caractéristiques de la société haïtienne. L’insécurité qu’elle aengendrée exige des mesures sérieuses auxquelles la population s’attend. Certains points du territoirenational sont devenus des plaques tournantes de la drogue.
 
Les grandes villes, notamment la régionmétropolitaine, sont les plus touchées par ce phénomène d’insécurité (délits, crimes, kidnapping, viol…).Pour barrer la route au banditisme sous toutes ses formes, nous avons besoin d’une Police Nationaleforte, efficace et ponctuelle; de forces d’intervention rapides, équipées, entrainées et décidées à remplirleur fonction de protéger et servir la population.Les dispositions à prendre font appel à un renforcement systématique des capacités de contrer avec toutela fermeté requise l’action des bandits, quelque soit son acabit, sa taille, sa fortune ou ses appartenances.Je vais, tout au long de cet énoncé, souligner à l’eau forte, la nécessité de mobiliser toutes les capacitésde mon Gouvernement à mettre en place une politique favorable à l’investissement.
 
Ce sera cependantun vain sacrifice si l’insécurité continue de figurer sur la carte de visite d’Haïti. Vous comprendrez ainsima détermination à donner à la Police Nationale les moyens dont elle a besoin pour s’acquitter de seslourdes responsabilités.Sous mon Gouvernement, chaque policier, quelque soit son grade, bénéficiera de tous les privilèges etavantages dus à son rang.Une augmentation sensible de l’effectif de la Police Nationale et un apport en logistique adéquat serontentrepris immédiatement. Nous avons aujourd’hui un effectif de 10,600 policiers.
 
L’Académie a lesmoyens d’en former 1000/année. Il nous faudra trouver les mécanismes, voies et moyens de « fairemieux » car mon Gouvernement estime à 25,000 le nombre idéal de policiers pour assurer la sécurité dela population.Une des priorités de mon Gouvernement en matière de justice demeure le respect du droit de propriété.C’est une garantie qu’il faut offrir pour la stabilité sociale et la confiance à établir pour ceux qui désirentinvestir notamment dans le secteur du logement ou de l’agriculture.
 
Honorables Sénateurs,En conclusion, je rappelle que l’Etat de Droit est d’abord un état qui respecte la loi. Pour être enconformité aux prescrits de la loi mère, nous entendons matérialiser les objectifs suivants :1. La nomination du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire ;2. La nomination du juge manquant à la Cour de Cassation ;3. L’organisation des élections législatives et locales avant la fin de l’année.Toutes les actions ci-dessus mentionnées supportent une volonté ferme de mettre en œuvre une politiqueen matière de justice dont les grands axes porteront sur :1. La réactivation du chantier de la réforme judiciaire ;2. L’établissement d’un système national de casier judiciaire ;3. La sensibilisation de la population sur le fonctionnement de la justice ;4. La formation du personnel judiciaire en mettant l’accent sur la responsabilité et l’obligationde résultats ;5. L’établissement d’un système national d’assistance judiciaire ;6. L’établissement d’un véritable système de carrière pour les juges, magistrats et le personnel judiciaire;7. L’activation du processus de réforme des codes et des lois.
 
éCONOmIE ET EmPLOIéCONOmIE

hAïTI : PAys émERGENT EN 2030
Le Plan Stratégique de Développement d’Haïti s’inspire d’une vision : celle d’un peuple qui aspire àvivre dans une société juste, solidaire évoluant en harmonie avec sa culture et son environnement; unesociété moderne, où règne l’Etat de Droit et la liberté d’association et d’expression, une société dotéed’une économie diversifiée, dont les fruits bénéficient à tous et non à une minorité, une société ou lesbesoins de base de la population sont satisfaits, une société offrant un accès universel à l’éducation debase, une maîtrise des qualifications par la formation professionnelle et aussi une capacité d’innovationscientifique et technique, par un système universitaire moderne, une société soutenue par un Étatdécentralisé, garant de l’application des lois et de l’intérêt des citoyens.La politique générale de mon Gouvernement table sur une meilleure cohésion des politiques publiqueset un renforcement qualitatif des relations entre les trois (3) pouvoirs, en vue d’une augmentationde la richesse nationale par la promotion de l’investissement privé avec une emphase particulièresur les petites et moyennes entreprises pour un élargissement de la classe moyenne. Ce programmeprévoit une augmentation substantielle de la production nationale et une convergence progressivevers l’autosuffisance alimentaire, laquelle autorisera une réduction des sorties de devises ainsi que desvulnérabilités aux flambées des cours internationaux de produits alimentaires.
 
Mon Gouvernement s’attaquera à un ensemble de freins structurels à l’investissement, notamment :les problématiques de l’identification des citoyens, des titres de propriété valides, de la contrebandeen général notamment au niveau de la frontière Haïtiano-dominicaine. Cette contrebande frontalièreentame sérieusement la compétitivité de notre production locale et compromet l’accès élargi au créditqu’il soit résidentiel, agricole, commercial et industriel.L’État favorisera les investissements dans les secteurs d’exportation de biens et services en créant uncadre favorisant l’émergence des zones économiques intégrées à travers des partenariats public-privé.Le Gouvernement Martelly-Lamothe jouera pleinement son rôle de catalyseur de l’investissement privédans les secteurs compétitifs de l’économie à travers un train d’actions visant :1. Le recours systématique aux partenariats public-privé pour contourner la contrainte du déficit de Honorables parlementairesPour créer les conditions permettant à Haïti de devenir un pays émergent dans l’horizon 2030, monGouvernement entend mettre en branle une série de mécanismes et un ensemble de mesures etde politiques publiques favorisant l’investissement dans des pôles de développement géographiqueset sectoriels qui seront déterminés en fonction des potentiels régionaux. Les principaux secteursciblés seront le Tourisme, l’Agriculture, l’industrie textile, les infrastructures (Télécommunications,électricité, routes, ports et aéroports) et la Construction avec un accent particulier sur les immeubles del’Administration Publique et l’accès au logement.
 
Parmi les mesures notons :1. Le développement de nouveaux mécanismes d’appui aux PME. Nous cogitons déjà en urgence sur lamise en place d’un Fonds de solidarité aux femmes et aux paysans.2. la rénovation du Code des Investissements, de la Loi sur les Zones Franches et du Régime Fiscal envigueur.3. La Rénovation du cadre des affaires4. Le renforcement du secteur des assurances à travers une régulation appropriée ;5. L’intensification de la lutte contre la corruption et la contrebande ;6. Le renforcement des organes de perception et l’augmentation sensible des recettes fiscales.7. Le Renforcement du Centre de Facilitation des Investissements (CFI).Honorables parlementaires,Dans le cadre d’une stratégique économique planifiée, l’espace de dialogue entre le Gouvernementet le secteur privé doit être permanent et institutionnalisé.
 
A ce propos, mon Gouvernement seréjouit de pouvoir initier avec le secteur privé des affaires des échanges productifs qui permettront une collaboration profitable à cour et à long terme. Tant au niveau des chambres de commercedépartementales se retrouvant sous l’égide de la Chambre de commerce et d’Industrie d’Haïti quedu Forum économique et social, organisation regroupant les associations patronales et d’importantesentreprises du pays, que des diverses organisations regroupant des agriculteurs, petits commerçants etmicro entrepreneurs, je me réjouis de la qualité des discussions déjà entamées.Dans le cadre d’un dialogue institutionnalisé, mon Gouvernement continuera de mettre en place desmécanismes organisationnels permettant au Secteur Privé des Affaires, aux institutions de la SociétéCivile et aux Partenaires Extérieurs d’Haïti, d’apporter une contribution efficace à l’Etat Haïtien, en vuede l’amélioration du cadre d’accueil de l’investissement. Sur le chemin du dialogue institutionnel public-privé, d’autres initiatives seront encouragées.
 
Nous mettrons en place le Conseil de DéveloppementÉconomique et Social (CDES), dont la mission est d’assurer le pilotage du dialogue social entre lesdifférents secteurs de la vie nationale pour formuler les recommandations consensuelles sur les voies etmoyens à adopter pour réussir le pari du développement.Mon Gouvernement comptera sur le secteur privé pour qu’il soit une force unie de propositionde Réformes, d’arrêtés et de mesures administratives pour la Modernisation du Cadre Légal etRéglementaire des Affaires.Chemin faisant, j’invite également les entreprises du secteur privé à faire face à leurs responsabilitésfiscales. Le Gouvernement s’engage à remplir son rôle. Le secteur privé doit également jouer le sienpleinement et en toute transparence. La politique sociale que compte mener mon Gouvernement nesera possible que si les citoyens et les entreprises paient leurs taxes intégralement.
 
Nous y veilleronsattentivement.Honorables parlementaires,Mon Gouvernement s’attachera à préserver la stabilité macroéconomique à travers des politiques fiscaleset monétaires harmonisées qui, tout en visant un contrôle de l’inflation et du taux de change, ne devrontpas empêcher l’Etat de jouer un rôle prépondérant en terme d’impulsion économique.Bien sûr, la stabilité interne et externe de la monnaie est essentielle à la croissance. Celle-ci permet labaisse des taux d’intérêt, rassure les investisseurs tant nationaux qu’étrangers et encourage les projets àmoyen et long terme porteurs de croissance durable.Mon Gouvernement travaillera avec les organes spécialisés de l’État et le système financier pourmaintenir les conditions les plus favorables à l’inclusion financière aussi bien qu’à la croissance etl’élargissement du crédit.La stabilité macroéconomique a permis une baisse substantielle des taux d’intérêts créditeurs desbanques, ce qui a induit une croissance appréciable du crédit, par exemple de plus de 20% en 2011.
 
Nous tâcherons de maintenir cette stabilité par une bonne coordination des politiques fiscale etmonétaire.Mais, pour réussir le pari de faire d’Haïti un pays émergent en 2030, il faut faire croître l’économie àdes taux élevés dépassant 10%. Cela ne sera possible que si les politiques et réformes appropriées sontmises en œuvre de manière résolue et coordonnée pour stimuler l’investissement et libérer les énergiescréatrices.Les taux de croissance élevés nécessiteront d’un coté un effort important d’investissements publicsfinancés par des ressources locales ainsi que par l’aide extérieure, et de l’autre côté, des InvestissementsDirects Etrangers qui amélioreront le solde global de la balance des paiements. Du côté de l’offre, lacroissance sera portée entre autres par le secteur agricole (+5%), la construction (+ 11%), l’industriemanufacturière (+ 12%) et les services (+ de 6%).
 
Ce sont les filières porteuses, les grappes prioritaires etles moteurs de la croissance recherchée.Honorables Parlementaires,La priorité sera également accordée au crédit en milieu rural.Les institutions financières du pays ont toujours affiché une certaine réticence au financement agricoleen raison des risques élevés qui caractérisent ce secteur. L’assurance des autorités étatiques quant à lamise en œuvre des politiques publiques mentionnées dans mon énoncé pourrait les inciter à allouer unepartie de leurs ressources aux projets agricoles.Mon Gouvernement envisage des mécanismes incitatifs autorisant le crédit agricole via des institutionsfinancières privées à des conditions favorables.
 
Cela pourrait constituer une initiative judicieuse dans uncontexte où le système bancaire jouit d’un volume important de liquidités excédentaires.Notez bien, honorables parlementaires, que mon Gouvernement favorisera la réduction des risquesassociés au marché du crédit par notamment l’utilisation systématique de mécanismes juridiques oufinanciers, tels que : le leasing, le gage sans dépossession et la garantie partielle du crédit, visant à réduireles barrières à l’accès au crédit et accordera une attention particulière aux secteurs clefs comme laconstruction, le tourisme et l’agriculture.
 
 
L’AgRICULTURE
Tout a déjà été dit du déclin de l’agriculture haïtienne, jadis le secteur le plus performant de par sacontribution au PIB. Près de 75% de la population haïtienne travaille dans le secteur agricole ; 68% de lapopulation consomme des produits importés donc reste dépendante de la variation des prix des produitsalimentaires sur le marché international.
 
vision de mon Gouvernement pour le secteur agricole s’articule autour d’une agriculture :1. Rentable, et donc capable de fournir un revenu acceptable aux producteurs;2. Productive et performante, pour répondre aux besoins d’une population croissante;3. Moderne, donc intégrant des outils et techniques plus avancés;4. Durable, donc respectueuse de l’environnement;5. Génératrice d’emplois stables et de devises pour l’économie nationale.
 
Dans le cadre de la lutte contre la pauvreté extrême, mon Gouvernement s’est fixé, entre autres, lesobjectifs spécifiques suivants :1. Éliminer les blocages au niveau du foncier par la révision du cadre juridique en matière foncière ;2. Réduire de 25% la dépendance alimentaire pour atteindre un taux d’autosuffisance de 60% au boutdes quatre prochaines années;3. Accroître la productivité des populations rurales par le renforcement de l’organisation et de lacapacité des acteurs ;4. Mettre en œuvre un Plan global de mécanisation agricole ;5. Encourager un partenariat actif entre les producteurs agricoles et les micros, petites et moyennesentreprise agro-industrielles ;6. Faciliter l’accès au crédit des promoteurs agricoles et des groupements de jeunes désirant se lancerdans l’agriculture en développant des mécanismes innovants;7. Réaliser des infrastructures hydro-agricoles (grande et petite irrigation) dans la perspective d’uneaugmentation significative de la production agricole d’ici 2015 ;8. Augmenter la production locale de riz de manière à couvrir une plus grande partie de laconsommation nationale.L’agriculture haïtienne constitue un secteur clé de la dynamisation de l’économie. Pour relever ce lourddéfi, il faudra tenir compte :1. D’un ensemble de facteurs dont la situation critique des infrastructures d’appui au développementagricole ;2. De la déficience des structures de stockage et de conservation des produits agricoles ;3. De l’approvisionnement inapproprié en intrants agricoles ;4. Du crédit dans le secteur agricole et agroindustriel.
 
Mon Gouvernement accordera une attention spéciale aux périmètres à irriguer : 30,000 HA àréhabiliter, 40,000 HA à construire, principalement dans des régions du pays traditionnellement laisséespour compte telles que Savane Diane dans l’Artibonite et le Centre, la Plaine de Maribaroux, laPlantation Dauphin dans le Nord-est, la Plaine des Baconnois dans les Nippes, le Farwest dans le Nord-ouest.D’autre part, mon Gouvernement procédera :1. Au curage des canaux des systèmes d’irrigation fonctionnels, en particulier les 34,000 HA de laVallée de l’Artibonite,2. Au curage de la rivière Salée pour augmenter de 20% l’offre agricole de la région globalement.Un effort particulier sera fait sur :1. Des centaines de lacs collinaires ;2. Des milliers de citernes individuelles ;3. Des dizaines de barrages de retenue sur les rivières surplombant des espaces exploitables pourrenforcer l’aquaculture et développer l’agriculture intensive.Concernant l’extension des voies d’accès agricoles, mon Gouvernement prévoit un vaste programmede réhabilitation (850 km) et de percement de pistes agricoles (1500 km) majoritairement sur la base detravaux à haute intensité de main d’œuvre (plaines du Nord-est, du Nord, le Plateau Central, le grandpérimètre de l’Artibonite, le Sud-est, les Nippes, le Nord-ouest, le Sud-ouest).Le Développement des filières constituera un autre élément clé de la politique agricole : La mise envaleur des réserves foncières du pays (Nord, Nord-est, Plateau Central) par la création d’exploitationsagricoles modernes, la reprise des exploitations agricoles importantes délaissées depuis quelques années(plaine des Cayes, Léogane, Arcahaie, Plaine du Nord)…

 
 
LES TRAVAUx PUbLICS
Au niveau des infrastructures, la stratégie consiste à développer un réseau routier primaire et secondairede qualité. Aussi, il sera construit, dans la logique de désenclavement, des réseaux routiers destinés àrelier les zones à fort potentiel de production qui sont aujourd’hui pratiquement inaccessibles en saisonspluvieuses aux marchés intérieurs.Au delà du réseau routier, il s’agit également d’ouvrir le pays sur la région et sur le monde par laconstruction et la modernisation des ports et aéroports.
 
1. L’Aéroport International Toussaint Louverture est en cours de réhabilitation.2. La rénovation de L’Aéroport International du Cap-Haïtien est une des priorités majeures duGouvernement et la livraison de l’ensemble des travaux est prévue pour février 2013.3. Idem pour l’Aéroport de Jacmel, ceux de Jérémie, Hinche et Port-de-Paix.Le port de Port-au-Prince sera reconstruit.Nous opterons pour le choix des partenariats public/privé (PPP) tout autant que cette formule se révèlela plus apte à offrir un service de qualité au citoyen.Au niveau du sous-secteur de l’Energie, mais aussi de l’Eau Potable et de l’Assainissement (EPA), lastratégie visera à accompagner les efforts de restructuration et de modernisation des dispositifs existants(Ed’H et DINEPA) afin d’en faire des opérateurs efficaces pouvant accroître l’offre et la qualité desservices publics tant dans les zones urbaines que rurales.

L’INDUSTRIE
La politique en matière industrielle vise à soutenir l’entreprenariat en particulier les Micro, Petites etMoyennes Entreprises en vue du développement d’un tissu national plus dynamique qui pourra, entreautres, assurer une recapitalisation des classes moyennes par l’accompagnement, la formation, l’accès aucrédit, les incitations à l’investissement, particulièrement dans les pôles de développement et leszones éloignées.Ainsi, la stratégie sectorielle industrielle de mon Gouvernement table sur :1. La modernisation du cadre légal des affaires et l’harmonisation des lois et procédures nationales;2.
 
La création et la consolidation d’un tissu de micro entreprises et de coopératives de transformationdes produits agricoles et de production de services ;3. L’appui technique aux petites et moyennes industries en leur apportant les services nécessaires audéveloppement de leurs activités ;4. L’implication des associations de la diaspora haïtienne dans les projets d’investissements industriels.5. La mise en œuvre des mesures capables de favoriser la promotion et la croissance des investissementsdans l’industrie des biens et services destinés aussi bien au marché intérieur (Alimentation etartisanats de service) et au marché extérieur (sous-traitance).La filière Vêtements et Industries légères doit retenir notre attention de façon soutenue.Malheureusement, notre pays ne compte que deux parcs industriels hébergeant 90% des usines textilesdu pays. Aussitôt mon Gouvernement installé, nous allons veiller à ce que le pays bénéficie des retombées
 
des lois HOPE II / HELP.Grâce à ces lois, valables pour une période de 10 années consécutives à compter de 2010, l’industrietextile haïtienne aura la capacité de doubler et voir même tripler sa production se plaçant par la mêmeoccasion, en tête de file des pays exportateurs de produits textiles vers les États-Unis d’Amérique. Unetelle initiative participe de notre objectif visant à atténuer la pauvreté extrême.Pour favoriser la dynamisation industrielle, mon Gouvernement envisage des partenariats privé-public pour la construction de mini parcs industriels et commerciaux, logés à proximité des nouveauxlotissements et logements à construire.

LE TOURISmE
Dans les années 60, Haïti était – avec Cuba et Puerto-Rico, l’une des trois plus importantes destinationstouristiques de la région. Notre idéal pour Haïti est qu’il retrouve sa grandeur d’antan. Pour cela, monGouvernement entend faire du tourisme un pilier de sa politique de développement économique. Durantcette dernière année, les excellentes initiatives entamées tant par le ministère que par les opérateurs dutourisme devront être encouragées et complétées. La tâche n’est pas facile car nous savons tous combience secteur est affecté par des facteurs comme l’insuffisance d’infrastructure d’accueil, la faiblesse de laqualité de l’offre et le problème d’image que confronte la destination. Toutefois, notre magnifique paysprésente des avantages comparatifs énormes en raison de sa position géographique, son climat, la beautéde ses sites naturels, son patrimoine culturel et historique, sa peinture, sa musique, son folklore…Aujourd’hui, le tourisme est devenu le secteur le plus dynamique de l’économie mondiale. Dans certainspays de la région, le tourisme représente près de 75% du PIB et génère des millions d’emplois. Nousne saurions rester en dehors de cette donne. D’ailleurs mon Gouvernement note déjà avec plaisirque des investisseurs privés haïtiens et étrangers ont déjà fait le bon choix : celui d’investir dans desinfrastructures hôtelières de qualité internationale.
 
L’engagement solennel de mon Gouvernement est de remettre Haïti sur la carte touristique mondiale,en comptant d’abord sur une clientèle captive : notre Diaspora pour ensuite attirer la clientèleinternationale. Pour cela, la stratégie touristique de mon Gouvernement s’articulera autour de trois (3)axes : la formation ; la réglementation et la promotion.L’amélioration de l’image du pays passe par la promotion et la valorisation de notre passé glorieux,de notre culture et de nos différentes destinations touristiques. Nous planifierons systématiquementl’organisation des voyages de familiarisation pour les agences de voyages, les tours opérateurs et de pressespécialisées.
 
Mon Gouvernement mettra en place un curriculum national de formation touristique etl’ouverture d’écoles professionnelles des métiers au tourisme.Ces actions doivent être articulées autour d’une double nécessité. D’abord celle d’attirer l’investissementdirect dans le but de redynamiser le secteur, ensuite celle d’assumer le parti pris pour le développementd’un tourisme durable. La stratégie ouverte au partenariat public-privé, prévoit la finalisation etl’application des plans d’aménagement des régions touristiques prioritaires selon « le plan directeurtourisme ». De manière plus spécifique nous prévoyons le développement de deux pôles balnéaires l’unau Nord et l’autre au Sud à l’horizon 2014. En ce sens, dès le mois de juin 2012, mon Gouvernementinitiera l’élaboration des Plans d’Aménagement de ces deux régions retenues.Honorables parlementaires, nous devons, nous pouvons, nous allons valoriser nos ressources naturellesde façon systématique et planifiée. Nous allons sans relâche – avec comme arme notre foi inébranlablequ’Haïti est l’un des plus beaux pays au monde – proposant un produit diversifié (Historique, culturel,balnéaire).Pour cela, nous considérons comme essentielles les trois composantes suivantes :1. Une première composante qui consiste à accompagner le Ministère du Tourisme dans lagouvernance du secteur.
 
Ainsi, seront prises des actions de formation d’inspecteurs et d’autres métiersliés au tourisme, le montage d’un bureau de standardisation, l’implantation de Kiosques pour lagestion de sites touristiques et de formation continue de professionnels du secteur ; la formationaux métiers du tourisme ; l’ouverture d’écoles techniques dans les différentes régions touristiquesavec l’implémentation à port au prince pour 2014 de l’INFHOT (Institut National de FormationTourisme et en Hôtellerie)2. Une deuxième composante vise la rentabilité de l’existant. En effet, nous allons développersimultanément les clusters que sont les régions Nord, Sud-Est, Côtes des Arcadins, bas Artibonite etSud (Cayes, Camp-Perrin, Ile a Vaches et Port-Salut).
 
Au cœur de cette dynamique, nous prévoyonsdes actions d’aménagement de plages, de gestions des sites naturels et de monuments historiques.3. Pour la région touristique Sud, des activités de valorisation sont envisagées pour Grotte Marie Jeanne, Pic Macaya et Saut-Mathurine.La construction d’infrastructure à la plage GeléLa construction d’un débarcadère touristique près du port des CayesAménagement de l’aéroport des Cayes à niveau InternationalPour la région touristique Côtes des Arcadins-Centre-Artibonite, notons les projets d’aménagementtouristique de Saut d’Eau, de la plage publique de la Côte-des-Arcadins, de Marchand Dessalines enpassant par les rizières de l’Esther.Pour la région touristique Sud-est, des actions d’aménagement touristiques seront exécutées afin qu’ellesoit prête à accueillir des bateaux de croisière et des touristes au cours de l’année 2013.Les projets considérés par mon Gouvernement sont :
 
1. La Mise en valeur touristique du centre historique de Jacmel ;2. L’Aménagement touristique de Congo plage, Raymond les bains et le Port Touristique de Jacmel;3. L’Expansion de l’Aéroport de Jacmel pour le rendre International ;4. L’Aménagement touristique de Bassin bleu.Pour la région Nord, également des actions d’aménagement touristique seront entreprises pour que leParc National Historique puisse s’ouvrir aux visiteurs, et que le port du Cap-Haïtien puisse accueillir desbateaux de croisière dans les deux prochaines années.
 
Les projets sont :1. Aménagement et Gestion du Parc National Historique et Sans-Souci;2. Mise en valeur touristique du centre-ville du Cap;3. Aménagement de l’aéroport du Cap à niveau international;4. Aménagement de l’Accueil Acul du Nord – Baie de L’Acul, Milot.La troisième composante est également d’une extrême importance ; car elle consiste à faire la promotiondu tourisme tant à l’intérieur qu’à l’extérieur d’Haïti. Ainsi, un ensemble d’actions de Promotion se feraà travers certaines foires internationales.Cette stratégie s’articulera autour de la nouvelle campagne de changement d’image et de promotion dela Destination Haïti.
 
 A cet effet, nous développerons une campagne de promotion auprès notamment dela diaspora haïtienne afin qu’elle revienne passer des vacances au pays.A un autre niveau en vue d’accueillir les nombreux touristes que nous espérons pour la saison desvacances d été et faciliter leur séjour en Haïti, mon Gouvernement compte installer des kiosquesd’accueils dans les principaux aéroports internationaux et aussi des kiosques d’informations dans lesdifférentes régions touristiques du pays.Les dispositions susmentionnées participent d’une velléité de faire du tourisme une des filières privilégiéesde création d’emplois et du Plan Stratégique de Développement d’Haïti (PSDH) visant à faire d’Haïti unpays émergent en 2030.
 
LE SECTEUR DE LA CONSTRUCTION
Le tremblement de terre a détruit 60% de Port-au-Prince et 80% des villes de Léogane, Petit-Gôave et Jacmel. Plus de 70% de la population urbaine vit dans des quartiers sans services de base. Le problèmed’accès au logement s’explique principalement par la faiblesse des revenus, le manque de financement et les problèmes fonciers.Mon Gouvernement entend initier la reconstruction du pays par la mise en œuvre de politiquespubliques réduisant les risques liés au financement du secteur de la construction. Il se pencheranotamment sur des incitations aux promoteurs immobiliers.Au nombre des incitations considérées par mon Gouvernement, il importe de mentionner :1. L’exonération des banques de l’obligation légale de constituer des réserves obligatoires sur lesressources allouées aux financements immobiliers ;2. La réduction des droits d’inscription hypothécaire ;3. La multiplication de programmes de taux d’intérêt fixe à long terme.Dans le cas particulier du centre-ville de la capitale, je tiens à préciser que l’arrêté de déclaration d’utilitépublique sera modifié, afin d’établir un zoning et de limiter l’utilité publique aux stricts besoins de l’étatpour ses bâtiments. Cela libèrera ainsi les forces créatrices de l’investissement privé.De plus, mon Gouvernement prévoit allouer une part importante du produit de l’annulation de la detteà des programmes de support à la reconstruction.Au niveau du logement, la stratégie devra lever les contraintes financières, compenser la faiblesse dusystème d’enregistrement des titres de propriété, et assurer la publication des codes de construction.
 
Dès le premier jour de mon installation comme Chef de Gouvernement, je demanderai de publierla politique de l’habitat et du développement urbain et d’élaborer un cadre normatif définissant lesprescriptions techniques à appliquer à tous les projets de construction de logements sociaux.Mon Gouvernement entend continuer la mise en œuvre des projets suivants :1. La construction de 2,000 logements au bas du Morne à cabri ;2. La construction de 1,000 unités à Duvivier ;3. La construction de plusieurs villages intégrés totalisant 1,440 logements dans la zone de Cabaret;4. La construction de villages intégrés à Fort liberté, Ouanaminthe, Caracol, Terrier rouge et QuartierMorin totalisant 5,125 logements ;5. Un programme de construction de logements totalisant près de 5,000 unités dans tous lesdépartements;6. L’élaboration d’un plan d’urbanisme opérationnel pour le site de Canaan. Les infrastructures debase (routes, les réseaux d’eau, d’assainissement et d’électricité) seront également construites pour permettre aux 7,203 familles recensées dans la zone, de vivre dans un environnement organisé,planifié et salubre ;7. Un programme de densification des quartiers déjà urbanisés ;8. La réhabilitation de 17 quartiers populaires. En particulier, l’investissement de 30 Millions de dollarsdans le quartier de Jalousie.Honorables Parlementaires,Il est évident que la situation des camps restera une priorité pour l’administration Martelly-Lamothe.Avant même son accession au pouvoir, le Président Martelly avait demandé à son équipe de se penchersur la problématique des déplacés, et de proposer un plan d’action immédiat et réaliste. Aujourd’hui, lesrésultats sont palpables. En effet, le Projet 16/6, lancé en août dernier à déjà permis la relocalisation deplus de 8,500 familles (51,000 personnes). Les 6 camps associés à ce programme sont maintenant fermés(Place Saint-Pierre, Place Boyer, Place du Canapé-Vert, Aéroport-Mais Gaté, Stade Sylvio Cator etPrimature).L’enveloppe globale du projet de déplacement des sinistrés du 12 janvier totalise $ 98 millions dont $50 millions ont déjà été trouvés. Ce projet demeure un symbole de collaboration exemplaire entre laPrésidence, le Gouvernement, les autorités locales et la communauté internationale.
 
Mon Gouvernemententend continuer sur cette lancée.A l’heure où je me présente devant vous, honorables parlementaires, la relocalisation des sans-abris duChamps de Mars, à quelques mètres de cette illustre enceinte, est en cours. 67% des familles ont étérelocalisées et 100% le seront d’ici cet été.Mon Gouvernement entend s’attaquer immédiatement aux 45 camps situés dans les écoles nationales.L’UCLBP aura la responsabilité de transformer les différents projets initiés en un véritable programmenational afin de libérer les 600 camps toujours occupés.
 
 
TEChNOLOgIES DE L’INFORmATIONET DE LA COmmUNICATION
Honorables parlementaires,Vu l’importance des Technologies de l’Information et de la Communication, mon Gouvernement enfera un outil de son action. C’est d’ailleurs un immense plaisir pour moi de vous donner la primeur desgrands projets technologiques de mon Gouvernement dans le cadre du programme Gouvernement 2.0. produits et déversés dans les décharges publiques.2. Arrêter le processus de déboisement et rentrer dans une ère de reboisement qui conduira, à la fin duquinquennat présidentiel, à une amélioration substantielle de la couverture arborée.3. Arrêter l’expansion des bidonvilles et réorganiser l’occupation de l’espace territorial afin de réduireles vulnérabilités inhérentes aux changements climatiques.4. Créer plus de 20,000 emplois durables dans des activités de restauration et de sauvegarde del’environnement.Les actions du Gouvernement pour atteindre ces objectifs tourneront autour de trois paramètres.1. La réorganisation de la gouvernance environnementale en Haïti. Le décret d’octobre 2005 acréé le système national de gestion de l’environnement (SNGE). Cependant, les mécanismes decoordination des acteurs ainsi que l’adaptation des responsabilités institutionnelles n’ont pas été misen place, laissant ainsi des confusions sur le rôle de chaque acteur. Mon gouvernement apportera unesolution à ce problème rapidement en réorganisant la gouvernance environnementale du pays et enrestructurant le ministère de l’environnement.2. Le renforcement des capacités pour la gestion de l’environnement. Des nouveaux agentsenvironnementaux seront formés et déployés dans les différentes communes. La jeunesse sera invitéeà s’impliquer dans les programmes de reboisement et de protection.3. Le volet pédagogique. L’éducation est la base de tout changement durable. Toute politique environnementaledoit être accompagnée d’un réapprentissage comportemental du citoyen. C’est à ce compte que seraentrepris une vaste campagne de sensibilisation autour de la thématique de l’environnement.

 
 
| | PARTIE 2 • Les 5 E
Il s’agit :1. De la modernisation de l’identification des citoyens et du Registre Civil;2. Du Cadastre National ;3. De la modernisation du service au citoyen ;4. De l’enregistrement des entreprises en ligne ;5. Du système financier intégré ;6. Des cyber-centres dans tous les lycées publics nationaux ;Les progrès observés en matière de technologies de l’information et de la communication lors de ladernière décennie ont apporté de grandes améliorations et des opportunités sans précédent pour laparticipation d’Haïti aux réseaux de l’économie mondiale. Une utilisation rationnelle des technologiescontribuera à réduire les gaspillages dans l’administration publique, permettant ainsi de disposer de plusde moyens pour financer la politique sociale contre l’exclusion et l’extrême pauvreté.
 
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e
« E » :ENvIRONNEmENTET AméNAGEmENT DU TERRITOIRE
ENvIRONNEmENT
Honorables parlementaires,Parler d’environnement en Haïti est pénible pour nous citoyens si attachés à cette terre natale. L’arrêt dela dégradation et la restauration de notre environnement passeront nécessairement par un investissementmassif dans des actions concrètes de préservation de l’environnement. En matière environnementale,mon gouvernement entend :1. Réduire, par le recyclage systématique, au moins 20% de la quantité de déchets solides et liquidesproduits et déversés dans les décharges publiques.2. Arrêter le processus de déboisement et rentrer dans une ère de reboisement qui conduira, à la fin duquinquennat présidentiel, à une amélioration substantielle de la couverture arborée.3. Arrêter l’expansion des bidonvilles et réorganiser l’occupation de l’espace territorial afin de réduireles vulnérabilités inhérentes aux changements climatiques.4. Créer plus de 20,000 emplois durables dans des activités de restauration et de sauvegarde del’environnement.Les actions du Gouvernement pour atteindre ces objectifs tourneront autour de trois paramètres.1. La réorganisation de la gouvernance environnementale en Haïti. Le décret d’octobre 2005 acréé le système national de gestion de l’environnement (SNGE). Cependant, les mécanismes decoordination des acteurs ainsi que l’adaptation des responsabilités institutionnelles n’ont pas été misen place, laissant ainsi des confusions sur le rôle de chaque acteur. Mon gouvernement apportera unesolution à ce problème rapidement en réorganisant la gouvernance environnementale du pays et enrestructurant le ministère de l’environnement.2.
 
Le renforcement des capacités pour la gestion de l’environnement. Des nouveaux agentsenvironnementaux seront formés et déployés dans les différentes communes. La jeunesse sera invitéeà s’impliquer dans les programmes de reboisement et de protection.3. Le volet pédagogique. L’éducation est la base de tout changement durable. Toute politique environnementaledoit être accompagnée d’un réapprentissage comportemental du citoyen. C’est à ce compte que seraentrepris une vaste campagne de sensibilisation autour de la thématique de l’environnement.
 
Mon gouvernement entend lancer un programme national de reforestation avec la mise en placede distribution de plantules pour la création de 1,130 pépinières dans les sections communales et larestauration de 173,200 hectares de terre autour des bassins versant.La mise en place de centres de compostage, la mise en œuvre de plans de réhabilitation de bassinsversants surplombant des périmètres a risque seront parmi les priorités de mon gouvernement.

AméNAGEmENT DU TERRITOIRE
L’espace haïtien est caractérisé par une importante dégradation du milieu physique, découlant nonseulement de la pression démographique et de l’augmentation rapide du taux d’urbanisation au coursdes 15 dernières années, mais aussi de la mauvaise organisation de l’espace.Honorables parlementaires, aucun pays ne peut accéder au développement sans vision territoriale.Aussi mon gouvernement entend poser la problématique de l’environnement haïtien comme un tout enadaptant l’aménagement du territoire aux réalités nationales.A ce propos, une institution clé sera appelée à jouer pleinement son rôle.
 
Il s’agit du ComitéInterministériel d’Aménagement du Territoire (CIAT) devant coordonner et harmoniser les actionsde mon gouvernement, notamment en matière d’aménagement du territoire, de gestion des bassins-versants, de gestion de l’eau et d’urbanisme.1. Parmi les grands dossiers en cours du CIAT, les suivants sont d’un intérêt particulier pour legouvernement :2. L’appui à l’UCLBP pour lancer la reconstruction du Centre-Ville de Port-au-Prince ;3. La Participation au pilotage des grands projets de reconstruction de logement et de revitalisationurbaine : Martissant, Baillergeau, Carrefour Feuille, Delmas 32 ;4. La définition, avec tous les acteurs du foncier, d’une politique nationale de sécurisation foncière etcadastrale à travers deux expériences ;5. Une nouvelle approche d’aménagement des bassins versants sur tout le territoire.
 
 
GEsTION DEs RIsQUEs ET DésAsTREs
La gestion des risques et désastres reste un défi majeur. Notre pays est de plus en plus exposé à demultiples phénomènes naturels d’ordre climatique, géologique, hydrométéorologique tels que lesouragans, les inondations, la sécheresse, les glissements de terrain, les incendies…
 
Le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 est surtout révélateur de la nécessité de prendre desdispositions urgentes afin d’investir dans la formation et la sensibilisation de la population haïtienne surles mesures collectives à entreprendre. Ce, en vue de diminuer la vulnérabilité de nos communautés,protéger les vies et des biens avant, pendant et après une catastrophe.Depuis plus d’une dizaine d’années, un effort considérable a été fait avec la création de1. la Direction de la Protection civile ;2. le Secrétariat Permanent pour la Gestion des Risques et Désastres ;3. les Comités départementaux, communaux et locaux de protection civile ;4. les organes de support tant de la société civile que des organisations internationales.Nous voulons d’ailleurs profiter de cette haute tribune pour saluer l’engagement et l’esprit de bénévolatdes différents agents de la protection civile répartis dans les différents départements, communes etsections communales du pays. Nous ne saurions, non plus, oublier l’appui combien important de nospartenaires internationaux, à travers les projets de coopération et de tous les pays amis d’Haïti qui ont enmaintes fois accourus pour nous soutenir dans les moments de grandes douleurs.Onorab PalmantèA chak gout la pli ki tonbe, tankou sa rive nan mwa davril lan, ki se sezon la pli, tèt tout moun chaje.Pandan nou nan sezon la pli sa a ki déjà komanse, e sezon siklonik ki pra’l rive, sa fè nou sonje rivyè LaWouyòn nan plenn Leogane ki abitye fè anpil dega.
 
Sa fè nou sonje tou, grann rivyè Cabaret ki touye plizyè moun déjà lè li debòde.Sa fè nou sonje ankò rivyè Laquinte nan Gonaïves ak tout dega ke li te fè nan lane 2004 ak 2008. E toutlòt rivyè ke nou pa site nan peyi a ki toujou bay pwoblèm.Se pou tèt sa, gouvènman pa’m nan, nan tèt kole ak Prezidan repiblik la, pran angajman depi jodi adevan nou men’m, ke tout dysposition ap pran pou popilasyon an ka pran yon souf avek tout degainondasyon kap detwi byen’n ak lavi fanmi nou.De façon générale, il reste encore beaucoup à faire afin d’arriver à doter le pays d’un Système nationalde Gestion des Risques et Désastres véritablement adéquat.Mon gouvernement compte, dès son installation, en plus des actions citées plus haut, engager desressources financières considérables afin de doter les différentes structures de protection civile de moyensadéquats pour les actions de réponse aux désastres.Parmi les objectifs identifiés, notons :1. Neuf (9) centres d’opération d’urgence seront en chantier à travers les neuf (9) autres départements du pays.
 
2. Le projet de cadre légal du Système national de Gestion de Risques et de Désastres à soumettre au Parlement3. Près de 2000 agents de protection civile seront formés à travers tout le territoire4. En ce qui concerne la maitrise de l’aléa sismique, en plus des cinq stations existant, huit autres serontinstallées et rendues opérationnelles.

DéCENTRALISATION ET COLLECTIVITéS TERRITORIALES
Honorables parlementaires, Je ne vais pas m’attarder à vous décrire la situation de dysfonctionnement des collectivités localeshaïtiennes victimes d’une forte concentration des services publics et d’une centralisation à outrance desdécisions politiques à Port-au-Prince. Je dirai tout simplement que les chiffres sont édifiants. Pendant queplus de 60% de la population vivent en milieu rural, 2% seulement de la population rurale ont accèsaux services sanitaires ; 15% seulement de la population rurale ont accès à l’eau potable ; moins de10% seulement des écoles primaires publiques sont installées dans les zones reculées et le milieu ruraln’accueille que 0.1% des fonctionnaires de l’Etat central.Pour corriger ce déséquilibre, voire cette injustice, mon gouvernement s’engage à élaborer une feuillede route pour l’opérationnalisation de la décentralisation.
 
 C’est une exigence constitutionnelle quirépond à notre vision d’inclusion du plus grand nombre d’Haïtiennes et d’Haïtiens dans la gestion deleurs communautés. Il s’agit de mettre en place une administration de proximité et de responsabiliser lesstructures décentralisées, les collectivités territoriales et les communautés de base.Nous allons confier le soin de la régulation des collectivités aux entités locales, plus proches de lapopulation. Mon gouvernement s’engage donc à promouvoir la déconcentration des services de l’Etatet rendre fonctionnel tous les mécanismes favorisant la participation des citoyens qui existent déjà et sinécessaire, à en proposer d’autres.
 
L’engagement de toutes les structures à tous les niveaux, accompagnées par un Etat central quiorganisera et fournira l’expertise : voilà ma conception de la décentralisation. Bien sûr, un programmed’appui technique sera développé au bénéfice des ces entités locales pour combler leur insuffisance le caséchéant.
 
Parallèlement, ce premier effort normatif et régulateur se couplera avec des initiatives visant unemeilleure desserte des services de base à la population. Dans ce sens, nous allons poursuivre leprogramme novateur ‘’Katye Pam Poze’’, lequel programme consiste non seulement à rapprocher lesservices de la population locale, mais aussi à impliquer cette même population dans la prise de décisionsquant au type de services dont elle a besoin. Les populations locales seront alors les vrais promoteurs deleur propre développement. Cela devra aller jusqu’à la redynamisation des Tables Départementales deConcertation avec une plus grande implication des secteurs organisés de la Société Civile. Pour suivre et évaluer ce processus opérationnel, je m’engage, comme Premier Ministre, à participerà des Assemblées Communautaires qui se tiendront sur une base périodique dans les différentsdépartements géographiques du pays. Mes ministres seront aussi encouragés à le faire.
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« E » :ENERGIE
UNE NOUvELLE POLITIQUE éNERGéTIQUE
Honorables parlementaires,Pour bâtir l’Haïti dont nous rêvons, il nous faut enclencher la machine économique qui nous permettrad’accélérer la croissance. Aucune croissance économique n’est possible sans une politique énergétiquepouvant assurer une desserte suffisante d’électricité aux entreprises, aux particuliers et agentséconomiques qui sont les principaux forgerons de cette croissance que nous devrons maintenir à deuxchiffres pour faire d’Haïti un pays émergeant en 2030.C’est un vœu pieu que de mettre en place une politique industrielle si nos usines doivent continuer àcrouler sous le poids d’investissements massifs dans des groupes électrogènes couteux et souvent affectantl’environnement de manière néfaste.
 
Comment penser à une reprise du tourisme, si nos hôtels nepeuvent bénéficier d’une desserte minimum d’énergie électrique ? Comment assurer l’éducation de nosenfants, quand la nuit tombée, ils sont dans l’incapacité de réaliser leurs devoirs de maisons ou d’étudierparce qu’il n’y a pas d’électricité dans leur foyer ? Quel avenir pour nos micros entrepreneurs qui n’ontpas les moyens de se procurer des sources d’énergie autonome leur permettant de survivre ?Chers parlementaires, pa ka gen developman si pa gen kouran ! Jusqu’ici, Haïti n’a jamais adopté une politique énergétique unique guidant l’ensemble de l’actiongouvernementale dans un secteur pourtant reconnu par tous comme vital. Depuis trop longtemps, enmatière d’énergie, devant les défis colossaux que sont, entre autres, la destruction de l’environnement etl’offre insuffisante et inégalitaire d’énergie à toute la population, nos dirigeants ont choisi l’inertie.Soulignons qu’Haïti consomme chaque année Un Million Sept Cent Mille (1,700,000) tonneséquivalents en pétrole , dont 75% proviennent de bois de feu et de charbon de bois, 20% de produitspétroliers, 4% d’électricité et 1% de bagasse de canne.
 
Malgré tout, Haïti est de loin le pays le plusretardé de la région car l’Haïtien moyen ne consomme que 84 kwh (kilowatt-heure) par an, loin derrièreson voisin qui en consomme 400 fois plus.La réalité est dure mais elle n’en demeure pas moins vraie : Il reste moins de 2% de couverture forestièreà notre pays qui, ne produisant pas de pétrole, doit consacrer chaque année plus de $600 millionsà l’importation de produits pétroliers et qui, s’il continue à transformer à ce rythme ses arbres encombustible, sera bientôt un désert.Devant ce constat inquiétant, les objectifs de mon gouvernement sont clairs :Premièrement, nous allons nous atteler à bâtir une stratégie énergétique sur les 15 prochaines années.
 
Deuxièmement, nous allons réorganiser l’EDH pour la rendre financièrement plus rentable, et qu’elleaugmente sa desserte en électricité à tous.Troisièmement, le Gouvernement Martelly-Lamothe s’engage à initier un programme d’éclairagepublic dans les plus importantes agglomérations urbaines. Cela favorisera la reprise de la vie nocturneet mondaine, et de façon plus générale, le développement du secteur touristique et celui des loisirs et lesmultiples services qui y sont associés.Quatrièmement, nous comptons construire un partenariat tripartite de développement pour l’énergiequi inclut l’État, le secteur privé et les bailleurs de fonds. Seul, l’Etat ne peut plus faire face aux deuxmilliards de dollars nécessaires à la construction d’un réseau national de production, de distribution et decommercialisation d’électricité. Aussi, l’état a intérêt à faire appel à l’initiative privée en vue de mobiliserles ressources humaines et financières nécessaires à offrir une énergie plus fiable et moins couteuse.A moyen terme, nous pensons qu’il sera important de créer un « Ministère auprès de la primaturechargé de l’énergie » et une institution régulatrice autonome pour l’énergie. Comme la Conatel pourles télécommunications, notre objectif à moyen terme est de proposer au Parlement la création duConseil National de l’Energie qui devra veiller à la création d’un environnement incitatif en faveurde l’investissement privé dans le marché énergétique haïtien. Ce régulateur veillera aux questions detarification, de compétitivité, de production, de réduction de fraudes, de commercialisation, etc… Lecorollaire d’une telle disposition est la préparation, pour soumission au parlement, d’un nouveau cadrelégal et règlementaire facilitant entre autres l’adoption de mécanismes financiers novateurs dans ledomaine de l’énergie ;De plus, mon gouvernement entend diversifier les carburants utilisés. Depuis les trois dernièresannées, des réserves importantes de gaz naturel ont été découvertes en Amérique du Nord. Elles sont siimportantes qu’elles ont causé la chute du cours du Gaz naturel de $17 par million de BTU à environ$4.50 par million de BTU.
 
Le gouvernement Martelly-Lamothe entend favoriser l’importation de gaznaturel comme combustible de substitution au diesel et mazout, au bois de feu et au charbon de bois ;Il entend promouvoir le gaz naturel dans la production d’électricité et dans le transport de masse. Pource faire, il entend entamer des négociations immédiates avec les fournisseurs internationaux.Notre objectif sera, qu’en 2020, au moins 15% de notre électricité soit produite à partir d’énergiesrenouvelables.Tous ces objectifs généraux et spécifiques devront donner lieu à des actions concrètes. Nommément :1. Mon gouvernement continuera à appliquer les programmes Yon Limyè nan chak kay, Limen Katye m,Patnè EDH et Bon kouran pou nou travay initiés par le Gouvernement sortant. Nou pral pote 7,000lampade solaire nan seksyon rural yo !2. De concert avec les distributeurs de produits pétroliers, mon gouvernement entend mettre sur piedun programme d’incitation d’utilisation de propane dans la cuisson des aliments au lieu de charbonde bois.3. Nous allons encourager la conversion de fours artisanaux au gaz naturel ce qui devrait épargner la coupe de dizaines de millions d’arbres chaque année et permettre au pays de reconstruire sa flore.4. Nous allons réaliser des projets pilotes et innovants en priorisant l’électrification rurale par laconstruction de fermes éoliennes et de projets solaires.5. Nous allons utiliser la carte des vents du pays et exploiter les meilleurs sites pour l’installation defermes éoliennes.

sECTEUR mINIER
L’intérêt national commande que mon gouvernement priorise des secteurs stratégiques qui nouspermettront de financer notre reconstruction tout en réduisant le déficit budgétaire. L’un des secteursclés identifié est celui de l’exploitation des ressources naturelles et minières. Les données sur les réservesnationales géologiques nous indiquent que notre sous sol est riche en minerais et qu’il est aujourd’huiopportun de les exploiter.En République Dominicaine, l’exploitation des ressources géologiques et minière génère plus de 1.5milliard de dollars de revenu par an pour l’État. Étant sur la même île, le sous sol d’Haïti détient lesmêmes caractéristiques géologiques que la république voisine. En tenant compte de l’impact socio-économique que l’activité minière pourrait avoir, j’entends engager une politique caractérisée par lesobjectifs suivants :1. La réforme du cadre juridique par l’actualisation des textes législatifs et réglementaires dont lecode minier ;2. Le renforcement de la capacité du Bureau des Mines et de l’Énergie par l’attribution de ressourceshumaines matérielles et financières nécessaires pour le contrôle des exploitations ;3. L’intégration des collectivités territoriales au contrôle des exploitations, tout en assurant desretombées socio-économiques favorables à leur développement ;4. Le renforcement des institutions de promotion de ce secteur et mettre en place des mesuresspécifiques comme un groupe de travail sectoriel sous l’égide du Conseil Consultatif Présidentielpour le Développement Économique et l’Investissement.
 
EDUCATION, DévELOPPEmENThUmAIN ET sOCIAL

EDUCATION
Honorables parlementaires,En matière d’éducation, avant tout constat, qu’il me soit permis de rendre hommage à ces millionsde parents hommes et femmes qui, en ville ou à la campagne, ont placé dans la scolarisation de leursenfants l’espoir d’un avenir meilleur. Jamais auparavant nous n’avons eu autant de jeunes à fréquenterun établissement d’enseignement, car plus de 3 millions de jeunes sont inscrits dans un cursusd’apprentissage formel.Cependant, nous ne pouvons pas également nous cacher que cet indicateur brut ne rend pas comptedes dysfonctionnements d’un système marqué par l’absence d’équité, l’exclusion et la qualité inégale desservices particulièrement en milieu rural. En effet, pas loin d’un demi-million d’enfants d’âge scolairesont hors de l’école, 83% d’entre eux appartenant au milieu rural. Plus de 60% des enfants abandonnentl’école avant le certificat d’études primaires. A cela s’ajoute que 89% des enseignants en milieu rural et67% de ceux qui enseignent en milieu urbain dans les deux premiers cycles du Fondamental, n’ont pasde qualifications professionnelles.Nous pourrions allonger la liste des descriptifs des dysfonctionnements du système. Cependant,soulignons également qu’au plan légal, le secteur se signale par une absence de textes législatifsd’orientation et de programmations récentes – la Loi créant l’Office national pour le Partenariat enÉducation (ONAPE) constitue une exception, dont l’ouverture se fera dans les prochains mois.Le Ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle a élaboré un Plan opérationnelquinquennal qui a défini les stratégies pour la refondation du système avec des actions concrètes à menerdans le secteur. A ce niveau, je solliciterai votre indispensable appui, en vue de fournir une assise légaleà ce plan opérationnel, duquel émanent déjà plusieurs programmes de coopération internationale, afinqu’il ne subisse pas le même sort que les autres plans antérieurs qui n’ont pas été véritablement mis enœuvre. Ce plan constituera notre cadre de référence et d’intervention dans le secteur.Mesdames et Messieurs les parlementaires,Les crises sont également des opportunités d’action. Dans la foulée des interventions sur le secteur,entamées durant ces dernières années, je voudrais esquisser quelques principes d’interventions visantà poursuivre et à accroître nos efforts et nos investissements pour le secteur de l’Éducation et de la formation. Ces efforts seront faits pour agir, aussi bien sur l’accès que sur la qualité, ou la gouvernance. Cesprincipes sont basés à la fois sur notre conviction que notre seule vraie richesse est notre jeunesse et que nousdevons cesser de compromettre le futur de nos jeunes, car un pays sacrifiant sa jeunesse n’a pas d’avenir.Au point de vue légal, en collaboration avec le Parlement, des actions seront entreprises, en vue derenforcer le cadre légal du secteur de l’éducation. Il s’agira de favoriser :1. Le vote de la proposition de loi d’orientation de l’éducation par la chambre des Députés. Ce quipermettra l’élaboration du projet de la nouvelle loi organique du ministère chargé de l’éducationnationale. La dernière en date remonte à juin 1989 ;2. Le vote de la loi cadre portant création et fonctionnement du Fonds National d’Éducation (FNE) ;3. Le vote du projet de loi portant revalorisation de la fonction enseignante.
 
D’autres projets de loiseront soumis au parlement après consultation avec les représentants des secteurs non publics del’éducation.Au plan de l’accès, des mesures incitatives tendant à la fois à abaisser les coûts de scolarisation desenfants et à accroître la fréquentation scolaire ont été adoptées. En effet, dans le cadre du programmede scolarisation universelle gratuite et obligatoire, plus d’un million d’enfants ont fréquenté l’écolegratuitement. Parmi ces enfants, 165,000 ont été à l’école pour la première fois. Maintenant, au coursdes prochains mois, il s’agira d’accroître l’offre d’éducation par la construction dans un premier tempsde 50 écoles ou la réhabilitation d’une centaine environ, surtout en milieu rural, particulièrement dansles sections communales déficitaires. Le renforcement des programmes de dotations en manuels scolairespour les disciplines de base devrait nous permettre de toucher plus d’un million d’élèves, principalementceux qui fréquentent les écoles publiques, les écoles communales, les écoles communautaires, les écolesde mission, et les écoles presbytérales.A ce programme devrait s’ajouter une dotation pour les uniformes.
 
De plus, le programme de lasuppression des frais scolaires pour tous les élèves entrant en 1ère année de l’école fondamentale dansles établissements touchés par le programme de scolarisation universel, sera étendu progressivementdurant les années à venir pour les classes du premier cycle du fondamental du secteur public et pourraégalement se traduire par un programme de subvention aux écoles à existence légale du secteurnon public à but non lucratif. Ces mesures seront, dans l’intérêt des familles, accompagnées d’uneaugmentation sensible du nombre de bénéficiaires des cantines scolaires, particulièrement en milieurural.Au plan qualitatif, l’action de mon Gouvernement visera trois cibles particulières :1. Les enseignants : Il nous faut assurer l’arrivée massive de nouveaux enseignants qualifiés dans lessalles de classes par des programmes audacieux de formation. Il faudra également mettre en œuvreun programme de requalification professionnelle devant déboucher sur une certification, et à terme,la mise en place d’un permis d’enseigner.
 
2. Est-il encore responsable et rentable de laisser notre ressource principale, nos jeunes, à la charge depersonnels non qualifiés ? Soulignons que la professionnalisation des enseignants marche de pair avecune revalorisation de la condition enseignante.3. Le personnel d’encadrement et de supervision : A partir du renforcement et de l’extension dudispositif des EFACAP à raison d’une par commune et de la rationalisation du fonctionnement desstructures d’encadrement et de contrôle, le Gouvernement souhaite avoir des effets à court terme surla durée d’enseignement et l’amélioration de l’apprentissage.4. Les familles : L’École étant l’affaire de tous, seul un engagement des familles à accompagner, àencadrer et à contrôler leurs enfants permettra d’arrêter la spirale descendante de la mauvaisequalité de notre éducation.Si l’enseignement de base constitue notre priorité, il ne saurait être l’unique objet de nos préoccupationsen matière d’éducation.Les chantiers consacrés à la rénovation du secondaire devront être accélérés, surtout en ce qui concernela mise en place des filières technologiques, accompagnement indispensables des politiques de l’emploi etde la main d’œuvre dans les domaines stratégiques pour la croissance et la réduction de la pauvreté. D’icila fin 2013, le Ministère de l’Education Nationale devra mettre à disposition de l’ensemble des acteursconcernés les plans d’études détaillés des principales filières technologiques des secteurs clés.En ce sens, un lycée modèle sera construit dans chaque département, et quant à la formationprofessionnelle proprement dite, mon gouvernement s’attellera à élaborer la politique de sous-secteur enconstruisant un centre par département, commençant par ceux de Hinche et de Petit Gôave.Le secteur formel de l’éducation ne doit pas être l’unique objet de notre attention. Un dispositif d’Éducation Alternative devra être conçu et développé.
 
Ce dispositif, qui prendra en compte, aussi bienles besoins d’alphabétisation, de post-alphabétisation que de formation professionnelle, accueillera aussibien les laissés pour compte du système que les adultes en quête de requalification ou réorientation.Il sera également nécessaire de mettre en chantier une véritable réforme du secteur de la formationprofessionnelle afin de l’orienter vers l’emploi et l’arrimer aux besoins des secteurs productifs del’économie.L’Enseignement Supérieur fera également l’objet de l’attention de mon Gouvernement. Les deux prioritésen ce domaine seront la régulation du secteur et la définition d’un cadre légal pour la réforme de l’Universitéd’État d’Haïti avec la participation de tous les acteurs, dans le respect de l’esprit de la Constitution.A propos de l’Université Henri Premier située à Limonade, de concert avec l’Université d’Etat d’Haïti(UEH), deux structures seront mises en place dès ma prise de fonction.1. Un Haut Conseil Universitaire, composé des personnalités de haut rang, chargé d’assurer la visibilitéde cette université et de l’aider à mobiliser les ressources indispensables à son fonctionnement et à son développement ;2. Un Conseil Provisoire de Gestion composé d’universitaires chevronnés avec un mandat clair demettre en place les bases de cette université moderne.Tout sera fait par mon Gouvernement pour que les activités académiques au niveau de cette Universitépuissent démarrer prochainement.

jEUNEssE ET sPORT
Selon l’Institut Haïtien de Statistiques, la population haïtienne présente une structure jeune. Les tranchesd’âge de 15 à 34 ans constituent 35 % de la population, alors que 58% ont entre 0 et 24 ans. Environ220,000 jeunes des deux sexes atteignent 15 ans chaque année. Les jeunes représentent plus de 50%de la population globale du pays. Paradoxalement, malgré ce poids démographique, leur importancecontraste fortement avec la faible prise en compte de leurs besoins et de leurs attentes légitimes à traversles crédits et investissements accordés dans le budget de la République.Il en résulte de ce fait, une population juvénile vivant une situation de grande vulnérabilité, toutescatégories sociales confondues en situation de précarité aiguë…De plus, l’environnement socioculturel haïtien s’est progressivement déstructuré, notamment en raisonde l’affaiblissement constant de la cellule sociale de base : la Famille. Les jeunes sont délaissés et n’ontplus le temps de se cultiver à travers les activités éducatives et culturelles.Le constat est morose. L’heure d’agir est arrivée.
 
Face à cette réalité, mon gouvernement a l’impérieuxdevoir de faire du secteur Jeunesse une priorité stratégique en mettant de l’avant des Politiques Publiquessusceptibles de répondre aux aspirations des jeunes. Ce devoir est impérieux car la jeunesse est l’avenirdu pays. En grande partie, c’est cette Jeunesse, ivre de changement et rêvant d’un lendemain meilleur,qui a porté le président Michel Joseph Martelly au pouvoir. Son vote doit être gratifié de résultatstangibles qui améliorent sa situation.Mon gouvernement s’attellera à :1. Renforcer et initier un ensemble de projets et d’actions qui allient le progrès économique et leprogrès social ;2. Offrir aux opérateurs et acteurs du mouvement sportif haïtien, un encadrement structurel etprogrammatique plus adapté;3. Favoriser une culture de maintenance des infrastructures sportives et sociocommunautaires actuellesmal entretenues.A ce propos, le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique devra jouer un rôle clé. Mon gouvernement entend mener une politique qui s’articule autour des 5 axes programmatiques suivants :1. Le programme de renforcement institutionnel. Ce programme concerne le renforcement duMinistère dans toutes ses composantes institutionnelles pour la desserte d’un service de meilleurequalité à la population cible.2. Le programme de développement et d’insertion de la jeunesse. Ce programme intègre des projetsvisant la promotion des valeurs de jeunesse, l’insertion socioéconomique des jeunes dans les circuitsde production, ainsi que le développement de leur plein potentiel artistique.3. Le programme de promotion du civisme. Ce programme regroupe des projets de renforcement descapacités citoyennes de la population en général et des jeunes en particulier.4. Le programme de mise en place d’infrastructures socio sportives pour le développement des activitéssportives. Ce programme contient des projets de réhabilitation et de construction d’espaces desociabilité sportive adaptées et mieux réparties sur le territoire. En ce sens, sachez également quenous allons procéder à la réhabilitation du Centre Sportif de Carrefour et celui de Dadadou. Nousenvisageons d’ailleurs la construction d’un centre multisports dans chaque commune.

 
CULTURE
Quand on parle des richesses d’Haïti, le premier élément qui vient en tête est sa culture. Quand on ditqu’Haïti est trop riche pour être pauvre, on fait essentiellement référence à sa culture: ses peintres, sesœuvres d’art, ses rythmes, ses coutumes, son folklore, sa musique, son artisanat, son histoire…Dans une économie globalisée où les nations font jouer les avantages compétitifs pour réussir leurpolitique touristique, Haïti dispose avec sa culture, trésor universellement reconnu, d’un atoutconsidérable et indéniable.Si certains pays ont fait de leur patrimoine culturel le moteur de leur développement, en Haïti nousavons tendance à laisser le nôtre se dégrader. Mon Gouvernement va mettre en œuvre des projetsinnovants pour valoriser le patrimoine des différentes régions du pays et créer un environnementfavorable au développement d’une véritable industrie culturelle nationale.Entre autres objectifs visés par mon gouvernement, notons la relocalisation d’institutions tels :- l’Institut de Sauvegarde du Patrimoine National (ISPAN),- l’Ecole Nationale des Arts (ENARTS),- la direction Nationale du Livre (DNL),- la Réhabilitation du Théâtre National d’Haïti,- la Réhabilitation du Ciné Triomphe et du Rex Théâtre, entre autres.Par ailleurs, mon gouvernement entend également :
 
1. Apporter un soutien aux livres, à la lecture et l’écriture en créant de nouvelles bibliothèques dans lesprovinces, lesquelles auront pour vocation d’être de véritables centres d’animation culturelle capablede cimenter le vivre ensemble communautaire ;2. Encourager la production artistique dans toute sa splendeur et sous toutes ses formes, notamment àtravers le théâtre, la danse, la musique et autres ;3. Créer des centres multimédia et autres infrastructures culturelles intégrant salles d’expositionpolyvalentes, bibliothèques, boutiques d’artisanat et cafés littéraires multifonctionnels ;4. Stimuler l’intérêt pour une participation encore plus grande des jeunes dans des foires de types foiresdu livre, musique en folie, artisanat en fête, art culinaire et autres ;5. Encourager les manifestations populaires traditionnelles comme les fêtes patronales, le rara et lecarnaval qui s’en trouveraient revalorisées et transformées en activités génératrices de revenus aubénéfice de la population immédiate.Parmi les projets urgents en cours, mentionnons la Loi Cadre à présenter au Parlement. En effet, vieuxdéjà d’une dizaine d’année, le Ministère de la Culture et de la Communication fonctionne sans un cadrelégal défini. C’est une lacune qu’il nous faut combler.

sANTé ET POPULATION
Honorables parlementaires,La place accordée aujourd’hui à la Santé par le Président Martelly est le reflet d’une prise de consciencede la forte corrélation qui existe entre Santé et Développement. En effet, sur les 8 objectifs du millénairepour le développement (OMD), 4 appellent à des améliorations précises dans le domaine de la santé.Actuellement, notre système de santé est structuré en trois niveaux :1. Le niveau 1 est constitué d’environ 600 centres, dont la plupart des dispensaires sans maternité,auxquels s’ajoutent 45 hôpitaux communautaires de référence (HCR).2. Le niveau 2 est formé de 10 hôpitaux départementaux dans un état vétuste et des opérations d’unegrande précarité.3. Le niveau 3 est composé d’un ensemble de 3 hôpitaux « universitaires », dont 2 à Port-au-Prince,incluant l’HUEH, en quasi dysfonctionnement, mais sur la voie de la reconstruction.Un constat s’impose. Ce système n’est pas en mesure de remplir convenablement sa fonction, c’est-à-dire d’assurer la sécurité sanitaire qui est un des facteurs fondamentaux du développement : 47 % de lapopulation n’a pas accès à des soins formels.
 
 
Il faut également noter un autre problème. Le manque d’articulation entre les secteurs public et privédans le processus de réponse aux besoins de la population.Honorables Parlementaires,L’objectif général du prochain gouvernement est double :1. Le renforcement du système de santé ;2. L’harmonisation des activités des opérateurs publics et privés.Ainsi, un ensemble d’actions sera mis en œuvre.1. Des mesures seront prises pour augmenter l’offre de santé. Dans ce cadre, un plan de réhabilitationdes anciens hôpitaux et de construction de nouveaux sera mis en œuvre. Parmi les nouveauxhôpitaux à construire, il faut noter celui de Jacmel et de Mirebalais.2. Les programmes de soins préventifs seront renforcés, incluant la surveillance des maladiestransmissibles (comme le VIH-Sida, etc.). Cette activité s’appuiera sur un système performantd’information stratégique, de surveillance de l’hygiène du milieu, y compris l’augmentation de l’accèsà l’eau potable.3. L’accent sera mis sur le système de soins curatifs. Il s’agira de permettre à tout citoyen malade de sefaire soigner à tous les échelons du système, en offrant un réseau de services de base notamment auxpopulations affectées par la pauvreté extrême.4. Le processus de distribution du médicament sera mieux régulé, assurant ainsi la disponibilité desmédicaments essentiels en région d’une part, du respect des règles encadrant leur vente et leurconsommation d’autre part.Toutes les dispositions seront prises pour améliorer la Bonne Gouvernance au sein des institutionspubliques et privées de santé.Les extrants obtenus des Etats Généraux de la Santé réalisés récemment serviront à l’élaborationdu cadre légal. En ce sens, une attention particulière, dans l’esprit d’une décentralisation réelle, seraaccordée à la gestion financière, à la gestion des Ressources Humaines responsables et performantes.Les résultats attendus devront se concrétiser au travers :1. Un accroissement de l’accès aux soins primaires à toute la population passant par le déploiementd’environ 8 à 10,000 agents de santé communautaires polyvalents.2. Une réduction de notre croissance démographique par l’utilisation d’une méthode moderne deplanification familiale chez 40% des femmes en âge reproductive.
 
 
FEmmE

LLa situation de la femme en Haïti sera une de mes grandes priorités. Elles trouveront au sein de monéquipe gouvernementale une place de choix. Les exceptionnelles femmes de notre pays méritent unplus grand respect de notre société car elles sont au centre de la vitalité familiale, sociale et économiqued’Haïti.Comment accepter que les femmes représentent 52% de la population et que moins de 5% d’entre ellesoccupent des postes de direction parmi les cadres supérieurs de l’administration publique. S’agissant dela participation politique des femmes, leur présence est très faible dans les sphères de décision politique.Au sein de la 49ème législature, il n’y a qu’une seule femme au Sénat sur 30 sénateurs et 5 femmes à laChambre Basse sur 99 députés.Les faiblesses en matière d’égalité des sexes sont préoccupantes. Aussi le Gouvernement Martelly-Lamothe fera de la situation de la femme et de la promotion du genre une de ses priorités. Sousnotre leadership, tous les départements ministériels et toutes les institutions de l’Etat seront fortementresponsabilisées et travailleront en étroite collaboration avec le Ministère de la Condition Féminine etaux Droits de la Femme à l’intégration des questions d’égalité Homme-Femme dans la mise en œuvredes politiques sectorielles.Sur le plan de la santé, nous entendons réduire le taux de mortalité lié au VIH/SIDA, particulièrementchez les femmes. Une campagne d’éducation sexuelle pour les jeunes et les adultes favorisant laresponsabilisation des partenaires sera lancée.Sur le plan juridique, des efforts doivent être consentis pour que les femmes soient admises commedes citoyennes à part entière. Bien qu’en 1981, Haïti ait ratifié la convention sur l’élimination desdiscriminations contre les femmes, et qu’en plus, la Constitution en vigueur proclame l’égalité deshommes et des femmes, les prescrits ne se traduisent pas encore dans les lois et dans les pratiques. Jusqu’à date il n’y de communauté que dans la légalité alors que 55 % des unions en Haïti sont plutôtconsensuels. L’insuffisance de cadre juridique sur la violence spécifique faite aux femmes ainsi que surleurs droits sexuels et reproductifs méritent d’être comblée par une harmonisation des textes juridiquesnationaux avec les Conventions Internationales sur les Droits des Femmes.Mon gouvernement s’engage d’emblée à matérialiser les objectifs de :1. La mise en place d’une politique d’égalité des sexes par l’adoption d’un ensemble de lois y relatif dont celle concernant la responsabilité des parents et des conjoints ;2. Le renforcement de la capacité du Ministère à la condition féminine et aux Droits de la Femme ;3. Le renforcement des capacités des organisations féminines et du leadership féminin ;4. La Promotion et défense des droits des femmes.
| | PARTIE 2 • Les 5 E
3. Une vaccination complète de 95% des enfants de moins d’un an et jusqu’à 9 ans d’âge. Cettevaccination complète sera encouragée par la scolarisation gratuite et par d’autres incitationsparentales.4. Un contrôle à 50% au moins de l’incidence du choléra contribuant à la stratégie déjà en cours pourune élimination de cette pathologie sur l’ile d’ici 10 ans.5. Une réduction à 1% de la prévalence du VIH-SIDA alors que 85% des jeunes sauront comment seprotéger de l’infection.6. Une guérison de 85% des patients atteints de Tuberculose.7. Une réduction du nombre de cas de malaria actuellement d’environ 500,000 à 50,000 avecla contribution du déploiement des nouveaux officiers sanitaires progressivement dans les 10départements.8. Une réduction de la Mortalité maternelle de 630 à 480 pour 100,000 et de la mortalité infantile à 75à 42 pour 1,000 respectant nos engagements pris dans les OMDs.9. L’existence d’au moins 1 hôpital de niveau tertiaire dans chaque département fournissant au moinsles 4 services de base spécialisés et une prise en charge adéquate pour toutes les urgences médico-chirurgicales.10. Un réseau national de soins d’urgences et d’ambulances, faisant suite au lancement du CentreAmbulancier National, sera progressivement établi considérant les 10 hôpitaux tertiaires de référenceet l’HUEH;11. Une attention particulière sera portée à la santé mentale en dotant le personnel de première lignede capacité de prise en charge de certains troubles mentaux, en renforçant les références auxpsychiatres et psychologues pour les cas plus sévères et en réhabilitant les centres de psychiatrie Mars& Kline et de Beudet.12. Un dernier point d’importance est celui de la Protection Sociale en Santé. Très bientôt, leGouvernement lancera une première initiative à titre pilote d’une carte santé pour l’accès à unpaquet de soins de base. Cette initiative sera le point de départ d’un grand modèle de protectionsociale en santé, aujourd’hui déjà en cours d’élaboration. Ce modèle laissera toutefois la libreentreprise aux employeurs et employés de contracter dans le privé des polices d’assurance maladie etinvalidité dans le cadre d’une nouvelle loi sur l’assurance santé qui se voudra être obligatoire.
 
 
 
 
 
 
 
 
Il conviendra aussi de redéfinir la carte diplomatique et consulaire du pays pour une meilleurerationalisation du fonctionnement de notre appareil diplomatique, tenant compte des contraintesbudgétaires. Dans ce contexte, certaines Missions ont été fermées ou fusionnées avec d’autres. En mêmetemps, il sera aussi nécessaire d’en ouvrir d’autres, tenant compte de l’apparition des groupes de paysémergeants sur la scène internationale et de leur poids dans les négociations internationales.Honorables députés et Sénateurs,Maintenant, tout ce que j’ai décrit plus haut en termes d’objectifs et de recherches de résultats entretientun lien direct avec la mise en œuvre de la DIPLOMATIE D’AFFAIRES, un concept auquel je donnecorps et substance depuis mon arrivée à la tête de la Chancellerie haïtienne. Ce nouveau paradigmediplomatique est appelé à se démarquer des pratiques traditionnelles de représentation, sans une clairedéfinition de l’intérêt national.
 
Voici, Honorables Parlementaires,Comment je définis la nouvelle vision stratégique qui se fonde sur la quête d’opportunités et dedébouchés en vue de la création d’emplois, de la création de richesses, du lancement de grands travauxd’infrastructures, de la modernisation des espaces urbains. Cette nouvelle vision stratégique fait de ladiplomatie une force productive engagée dans la stabilisation macroéconomique à travers l’incitation aucapital étranger invité à s’investir dans cette nature vierge qu’est le marché haïtien.Le Palais National, comme architecte de la diplomatie, et la Primature, comme gérant de la miseen œuvre, instruiront le Ministère des Affaires Etrangères à propos des grands objectifs de politiqueextérieure et des grands dossiers à traiter.Nous comptons développer des relations d’échanges d’information et de données avec le Parlement, àtravers leur Commission des Affaires Etrangères respective. Le Ministère des Affaires Étrangères, deson côté, en tant qu’organe privilégié des relations extérieures de l’Etat, se fera le devoir de développerd’abord des rapports d’échanges d’informations, de données avec tous les secteurs publics (Ministères,CFI, etc…) et privés (chambres de commerces, presse, partis politiques etc). Je profite de cette opportunité pour saluer la promptitude avec laquelle la Commission et ensuitel’assemblée plénière du Sénat ont assuré le suivi du dossier des Ambassadeurs et Consuls désignés.Cette inclinaison du Sénat préfigure l’excellence des relations que mon Gouvernement se fera fort dedévelopper avec le Parlement.
| | PARTIE 3 • Politique Etrangère
Honorables parlementaires,Les turbulences socio politiques qu’Haïti a connues ces dernières années ont considérablement ternil’image du pays au niveau international. Dans ce contexte, la diplomatie haïtienne aura un double rôle àremplir. D’abord celui de restaurer l’image d’Haïti à l’extérieur, ensuite celui d’attirer les investissementsétrangers, moteurs de la croissance économique, susceptible d’améliorer de manière significative lesconditions de vie du peuple.La politique étrangère définie de concert avec le Président de la République, Son Excellence MonsieurMichel Joseph MARTELLY, sera structurée autour des grands axes suivants : le Bilatéral et leMultilatéral.
Sur le Plan Bilatéral
1. Pour la Coopération Nord-Sud, il s’agira pour nous de renforcer nos relations avec des partenairesstratégiques traditionnels tels les Etats-Unis, la France, l’Espagne, le Canada, le Japon, pour ne citerque ceux-là. Il sera aussi question d’élargir les champs de nos relations en faisant appel à d’autrespartenaires. Cet axe de coopération est indispensable pour aider Haïti à atteindre les objectifs d’undéveloppement durable et harmonieux ;2. L’axe de coopération Sud-Sud, demeure plus que jamais indispensable pour Haïti, tant par sonoriginalité, les liens historiques centenaires que par sa capacité d’innovation. Dans ce domaine, lacoopération avec certains pays, comme Cuba, le Venezuela, le Brésil, l’Argentine, le Chili, a déjà faitses preuves. Il faut les maintenir et les renforcer. Il convient aussi de chercher de nouveaux horizons.
Sur le plan Multilatéral
1. Il s’agira pour mon Gouvernement de rendre plus dynamique l’action multilatérale de l’Etat, par uneplus grande affirmation dans les enceintes internationales qui passera par des prises de positions desdélégués haïtiens, lors des réunions internationales et par l’application d’une politique de candidaturedans les organisations et institutions internationales.2. La complexité des relations internationales, le phénomène de la mondialisation rendentindispensables les zones d’intégration économique qui demeurent de véritables marchés pourl’économie haïtienne et d’outils permettant de maximiser notre capacité de négociations dans lesnégociations économiques internationales. Notre intégration au sein de la CARICOM doit êtrerenforcée. Dans le même ordre d’idées, il conviendra de renforcer notre relation avec l’UnionEuropéenne, dans le cadre des ACP.La mise en œuvre de notre politique étrangère nécessite une réorganisation de notre appareildiplomatique qu’est le Ministère des Affaires Etrangères (MAE) et ses services externes. Dans cecontexte, une nouvelle loi réorganisant le MAE sous une base géographique sera déposée au Parlement.
 
 
2. Diversifier les sources de financement ;3. Relancer la croissance.Ainsi, le budget, à travers ses composantes (recettes et dépenses) sera utilisé à la fois comme :1. Instrument de politique conjoncturelle ;2. Moyen de redistribution des revenus et les dépenses ;3. Instrument de politique sociale ;4. Moteur de la croissance économique.A cinq mois de la fin de l’exercice fiscal 2011-2012, nous ne pouvons plus attendre le vote du budgetconsacré à cet exercice pour mettre en place les actions de mon gouvernement. Nous sommes donccontraints de faire le maximum avec les moyens disponibles du budget 2010-2011 reconduit.Nous disposerons donc, pour boucler cet exercice, d’une enveloppe globale de 28 Milliards de Gourdes,ce qui nous permettra de couvrir toutes les dépenses de salaires et de fonctionnement, de mettre en placeles principales réformes institutionnelles, notamment, celles relatives à la modernisation des entreprisespubliques et du cadre des affaires, de lancer les consultations pour la préparation d’un budget qui reflètenotre nouvelle vision de l’Etat, et de mettre en chantier d’importantes infrastructures, symbole de lareconstruction d’Haïti.Les principales réformes financières qui devront permettre une amélioration sensible des revenus del’Etat seront finalisées avant la fin de l’exercice, et leurs conclusions incorporées dans le budget duprochain exercice fiscal.Parler de voies et moyens pour que l’état haïtien puisse faire face à ses fonctions régaliennes, c’est parlerde l’efficacité de nos organes de perception fiscale. Comme vous le savez, honorables parlementaires,le système fiscal Haïtien date de plusieurs décennies, et bien qu’il ait subi de nombreux ajustements aufil des ans, sa structure et ses principes fondamentaux, sont et demeurent, les mêmes. A titre d’exemple,la fiscalité est caractérisée par une pression fiscale exceptionnellement faible et un déséquilibre marquépar la prédominance des impôts indirects sur les impôts directs intérieurs. Ces déficiences de la fiscalitéintérieure, en dépit des taux de taxation statutaires moyennement élevés, constituent des problèmesmajeurs au niveau de l’assiette fiscale et surtout en ce qui concerne l’impôt sur le revenu des personnesphysiques et morales.Cette constatation confirme les informations selon lesquelles le taux de pression fiscale nationale (10% à11%) est le plus faible de la région, dont la moyenne oscille aux alentours de 16 à 18%, dépendammentdes indicateurs considérés.
| | PARTIE 4 • Voies et Moyens
Honorables parlementaires,On ne peut pas développer un pays avec des slogans. « Faire d’Haïti un pays émergeant » en 2030 nesera donc pas un simple slogan. Le Président de la République et moi avons réuni une équipe motivée etcomplètement dédiée à la mise en chantier de notre pays pour que cet objectif soit atteint.Les «pays émergents» sont des pays qui connaissent une croissance économique rapide, et dont le niveaude vie ainsi que les structures économiques convergent vers ceux des pays développés.Cet objectif est très ambitieux et va nécessiter la mobilisation d’importantes ressources humaines maissurtout matérielles et financières. Si pa gen kob, pa gen moyen pou nou bati peyi a ! Pour trouver lesressources nécessaires, il nous faut convaincre, et pour convaincre, nous devons d’ores et déjà réaliser lesnombreuses réformes qui mettront en confiance, le peuple haïtien d’abord, la société civile et le secteurprivé des affaires, et, en dernier lieu les investisseurs et les bailleurs de fonds internationaux.En tout premier lieu, il nous faut faire les réformes institutionnelles qui doivent nous permettre de nousdoter d’institutions à la dimension de nos ambitions. Mon gouvernement va procéder à une réingénieriede l’État pour que cet état soit un État prestataire de services, décentralisé, capable de mobiliser sespartenaires de la société civile pour assurer le pilotage de la refondation institutionnelle.
LEs RéFORmEs FINANCIèREs
L’analyse des données relatives aux Opérations Financières de l’Etat pour l’exercice écoulé a encoremis en évidence le caractère étriqué de notre modèle de financement : 100% des revenus du trésorproviennent des recettes internes avec près de 60%, soit la TCA et les droits de douanes, liés directementà des activités de commerce international, notamment les importations, et les 40% restant indirectement,puisque une part très importante de l’impôt sur le revenu provient des entreprises à caractèrecommercial.Si à ces données, nous comparons celles provenant de l’analyse de la balance des paiements, montrantque seulement 5% de nos importations sont payées par des exportations, nous mesurons l’ampleurde la dépendance de notre économie vis-à-vis de l’étranger. Mon gouvernement a donc pour devoirde reconsidérer le rôle assigné à l’Etat au cours de ces 20 dernières années par tous les programmesd’ajustement structurels. En effet, nous ne pouvons plus nous cantonner à investir uniquement dans lesocial, malgré toute son importance, mais devons intervenir dans l’économique pour renverser cettedépendance vis-à-vis de l’étranger.Les réformes financières qu’envisage mon gouvernement vont couvrir tous les champs des financespubliques et devront aboutir à une utilisation optimale de tous les outils fiscaux et financiers pouratteindre les objectifs que nous nous sommes fixés :1. Augmenter et diversifier les revenus du Trésor ;
 
3. De la réforme des franchises
Selon une étude récente relative à la performance fiscale, les importations haïtiennes au cours del’exercice écoulé auraient rapporté 22 milliards de gourdes, toutefois seulement 16 milliards auraientété encaissés, l’Etat Haïtien ayant accepté de renoncer à 39% de ses revenus au profit d’importationsfranchisées.Vu le poids des importations franchisées, plus du tiers des importations de véhicules, et environ 23% desimportations de produits alimentaires, il est impératif de réviser complètement la gestion des franchisesfiscales et douanières pour les opérateurs industriels et non industriels. Cette révision devra permettre :
•Des’assurerquelesbiensfranchisésvontbienàladestinationpourlesquelslesfranchisesont
été accordées ;
•D’assouplirlesprocéduresadministratives,notammentlagestiondesfranchisesauniveau
de la douane;
•D’éliminerlafraude.
4. De la mise en place d’un système efficace de surveillance douanière.
L’Administration Générale des Douanes est responsable directement de la collecte de plus de 60% desimpôts et taxes haïtiennes. L’amélioration de la performance de cet organisme de perception passepar la mise en place de mécanismes de surveillance efficaces. Pour ce faire, la fonction de surveillancedouanière sera réanimée, dans le respect du principe de l’unité de commandement unique au niveaunational. Les services de surveillance seront dotés d’un nombre suffisant d’agents, parfaitemententrainés, de moyens opérationnels et logistiques nécessaires et d’infrastructures immobilières adaptées.Un comité technique sera également créé en vue de préparer et de mettre en œuvre un programme degestion intégrée des frontières.Les mesures de réforme ci-dessus mentionnées, pour autant efficaces qu’elles seront, resteront limitéesà l’amélioration de la qualité et du niveau de la perception des droits et taxes. L’augmentation réelle etsoutenue des revenus du Trésor implique une nouvelle stratégie financière. Celle-ci devrait permettrel’augmentation de la production nationale et générer d’autres sources de revenu pour le Trésor Public.La Stratégie de Financement pour 2013-2015 intègre plusieurs volets dont :1. Une recherche diversifiée de financement externe à travers une diplomatie dynamique et agressiveorientée vers les partenaires à forte potentialité d’épargne comme la Chine et certains pays arabes duGolfe.2. L’intégration de l’investissement direct étranger comme champ privilégié de mobilisation del’épargne externe et l’intensification de la promotion, et, la modernisation du cadre des affairescomme leviers d’actions à prioriser.3. La mise en place d’instruments financiers et d’accompagnement innovants destinés aux PME, auxnouvelles entreprises et aux ménages, notamment dans le secteur du logement.
| | PARTIE 4 • Voies et Moyens
L’Administration fiscale a entrepris depuis des années, un vaste programme de réforme et des avancéesconsidérables ont été constatées tant sur le plan légal, technique qu’Administratif.Mon gouvernement entend préconiser une politique fiscale basée sur des principes d’équité et de justice(Fòk tout moun peye), tout en mettant l’emphase sur la simplification des procédures, afin d’attirerdavantage les investissements directs étrangers. A ce titre, en attendant une réforme plus générale deslégislations fiscales et douanières, des instructions seront passées au titulaire du Ministère de l’Economieet des Finances en vue d’engager rapidement des réflexions portant sur toute une série d’actions àentreprendre dans le sens de l’amélioration de la performance fiscale, administrative et financière. Ils’agit, entre autres :
1. De la modernisation du cadre physique, légal et administratif des organismesde perception
Aujourd’hui l’Administration Générale des Douanes et la Direction Générale des Impôts fonctionnentdans des bâtiments de fortune, peu adaptés à leurs missions et à leurs fonctions. Les travaux deconstruction d’édifices adaptés, devant loger ces administrations, seront lancés dans les plus brefs délais.Dans le même temps, le processus d’informatisation des douanes haïtiennes sera finalisé et consolidé, unsystème de guichet unique installé. De même, l’informatisation de la DGI sera finalisée, et la connectivitéavec Sydonia assurée.
2. De la révision de certains droits, taxes et procédures
La législation fiscale haïtienne sera révisée en profondeur, et un nouveau Code Douanier adopté.Toutefois, pour améliorer immédiatement l’efficacité de certains impôts et taxes, les mesures suivantesseront adoptées:
•Laréformedesdroitsd’accises
Ces droits supposés faciles à collecter, et de haut rendement, ne représentent en fait qu’environ3% des recettes courantes du Trésor, en raison d’une législation et des taux d’impositioncomplètement dépassés et d’une gestion non approprié.Le Code des accises et les droits seront donc révisés, et sa gestion sera centralisée au sein d’uneentité unique qui peut être l’AGD ou la DGI, en lieu et place de la Direction de l’InspectionFiscale du Ministère de l’Economie et des Finances qui devra se concentrer sur sa fonctiond’inspection.
•Ladiversificationdesinstrumentsdepaiementsdesimpôtsettaxes
La législation haïtienne exige que le règlement des droits et taxes, à partir d’un certain montant,se fasse uniquement par chèque certifié, ou de banque, dans des guichets de la Banque de laRépublique d’Haïti, ou de la Banque Nationale de Crédit qui a reçu délégation à cet effet. Nousprofiterons du développement des supports de paiement au cours de ces dernières années, pourréviser la législation, et raccourcir les délais entre l’émission et l’encaissement des bordereauxpar l’utilisation de la plateforme SPIH (Système de Paiements Interbancaire Haïtien).
 
Laurent Salvador
Lamothe
DU PREmIER mINIsTRE
7677
Souverains ou d’entreprises internationales. La raison, une absence totale de confiance dans tout ce quiest haïtien. Mon gouvernement va lever ce défi : instaurer la confiance. Et, nous considèrerons ce défilevé lorsque l’agent économique haïtien, dans ses décisions d’investissement, portera son choix sur untitre national.
| | PARTIE 4 • Voies et Moyens
4. Le renforcement et l’actualisation du cadre de l’endettement public. Le marché de titres de la dettepublique sera progressivement structuré pour permettre l’émission régulière de bons du trésor pourfaire face aux besoins de trésorerie et pour financer les investissements publics.Dans le respect des lois, mon gouvernement est disposé à :1. Ouvrir à l’investissement privé, certains secteurs d’activités jusque là considérés comme desmonopoles d’état ;2. Participer, avec des apports d’actifs physiques immobiliers du domaine privé de l’Etat, ou interveniren portage avec des apports en numéraires, à la création de nouvelles entreprises, de production debiens ou de services dans des secteurs jugés très porteurs pour l’économie nationale.A cet effet, les moyens seront mis à la disposition du Conseil de Modernisation des Entreprises Publiques,pour que soit mené à terme le programme initié en 1998.En vue de planifier la participation de l’Etat à la création de nouvelles entreprises, nous procèderonsimmédiatement à un inventaire exhaustif des actifs physiques du domaine public de l’Etat. Toutes lesdispositions seront mises en œuvre pour que ceux, de ces accords ou lettres d’intention, qui portentsur des projets ayant un potentiel immédiat de création d’emplois et de génération de richesses, soientconcrétisés dans le plus bref délai.Nous sommes conscients que cette implication de l’Etat dans les activités économiques va exiger lamise en place d’importantes ressources financières que nous ne pourrons pas mobiliser à travers l’AidePublique au Développement. Le financement de nos projets sociaux restera encore pendant quelquesannées, dépendant de l’assistance internationale.Notre stratégie financière pendant tout le reste du quinquennat mettra également l’accent sur larecherche et l’utilisation de nouveaux produits financiers pour orienter l’épargne locale vers lefinancement de l’économie nationale et diversifier les sources de financements du Trésor Public, desentreprises publiques et des collectivités territoriales.Nous donnerons le ton en mettant en place les structures logistiques pour l’émission et la gestion de TCN(titres de créance négociable), à court, moyen et long terme pour le Trésor, les entreprises publiques etles collectivités territoriales disposant de revenus stables et réguliers garantissant leur remboursement àl’échéance. Nous inciterons également les organismes publics qui gèrent une épargne de prévoyance etde sécurité sociale, de tenir compte de ces nouveaux produits dans la composition de leur portefeuille.Vous vous souviendrez qu’en 2008, au plus fort de la crise financière internationale, les spéculationsallaient bon train pour évaluer les pertes des investisseurs haïtiens, notamment après la chute du géantfinancier Lheman Brothers, ou la faillite frauduleuse de Bernard Madoff. Au-delà des rumeurs, ce quenous devons retenir, c’est que l’économie haïtienne génère une épargne, et cette épargne est placéeailleurs, dans des fonds spéculatifs, dans l’immobilier étranger, dans des titres de créances d’Etats
 
 
 
 
| | Conclusion
En m’adressant du haut de cette tribune, il me vient à l’esprit ces propos du Président Dumarsais Estimé,prononcé en 1947 après l’échec de la mission de bonne volonté. Je prends un immense plaisir à le citeren conclusion de mon énoncé de politique générale :
« … si chacun de nous pour sa part, cédant à l’appel du patriotisme et au dévouement de la chose commune,sait oublier ses haines, ses colères, ses déceptions et ses rancunes ; si chacun de nous sait trouver, en face de latâche qui lui est assignée, le sens du devoir envers une patrie immortelle et si chacun de nous trouve dans ce ciel,et ces paysages, et ce sol jadis arrosé du sang des ancêtres, les sens de la mission dans le monde de cette terre dunègre libre, alors contemplant au bout de nos travaux l’œuvre de nos mains, nous dirons tous ensemble : Haïti pap peri ! »
– FIN –
Honorables Parlementaires, Je viens de déposer sur l’Hôtel de la Patrie dont vous êtes les gardiens, mon énoncé de politique générale.Plus que le plan que je m’engage à appliquer en faveur du peuple que je prends à témoin, c’est avant toutun cri du cœur que je lance. C’est l’expression de mon désir de me mettre au service de tous ceux, quide près ou de loin, sont convaincus que Haïti peut s’en sortir. J’en appelle à tous les secteurs. Je tends une main sincère à toutes les forces politiques, socialeset civiques du pays pour qu’elles se joignent à moi pour mettre en application leurs projets, leursprogrammes et toutes les belles idées pour lesquelles ils se sont tant battus. J’admire leur lutte et monGouvernement sera toujours réceptif à leurs propositions et remarques pertinentes.A cette tribune, je vis un moment exceptionnel. J’ai le sentiment d’être observé par ceux dont la voixretentit encore dans cette enceinte. Je crois reconnaître celle de Boyer BAZELAIS, Septimus RAMEAU,Dantes BELLEGARDE, Pauléus SANON, Rosalvo BOBO, Anténor FIRMIN, Dumarsais ESTIME,Louis DEJOIE, Constantin MAYARD, Hanibal PRICE, Emile SAINT LOT, Alexandre LEROUGE,Mirlande MANIGAT et de tous ceux qui en dépit des menaces, de l’arbitraire, des incompréhensions,des préjugés ont sonné le lambi de ce grand KONBIT au profit de ceux qui les ont élus. Dans unlangage sans doute différent, ils ont chacun, selon sa tendance politique, réclamé plus de justice, plusd’écoles, plus de santé, plus de sécurité, plus d’emplois…; une meilleure répartition des richesses ; En unmot, moins d’exclusion.Comme vous vous en êtes rendus compte, J’ai choisi de faire du social le fil de trame des actions demon gouvernement. Cette orientation vise à rapprocher les pouvoirs publics de tous les citoyens sansdistinction. Le forme du combat que nous devons mener sera différente de celle de Goman, d’Acaau,ou de Benoît Batraville, mais l’idéal sera le même : sortir le peuple des affres de la pauvreté extrême.Ceux qui sont mort pour la Liberté et pour une société plus juste en faveur de tous, trouveront dans monaction gouvernementale les idéaux pour lesquelles ils se sont battus.L’heure du ralliement a sonné. Il est temps d’oublier nos divergences ; Ce n’est plus une affaire deLaurent Lamothe, Michel Martelly et de leurs familles politiques. Je ne suis qu’un maillon de la longuechaîne qui nous unit. Soyons les artisans d’un autre pote boure qui doit changer l’image du pays.Le programme gouvernemental ne m’appartient pas. Mes ministres et moi ne pourrons l’exécuterefficacement sans la participation de tous.Les luttes qui ont conduit les pères fondateurs de la nation à nous léguer cette terre ont réussi parce quele tèt ansanm a toujours été à tous les rendez-vous. Les combattants de l’époque ont manqué de tout.Ils se sont battus les mains vides, sans nourriture, sans soins médicaux. Ils ont développé leur propretechnique de combat. Leur seule arme a été la détermination de sortir de l’assujettissement. Nouspouvons réussir ce nouveau pari en développant notre propre stratégie faite de discipline de bonnevolonté.
 
 
 
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