Le Vrai Discours Actuel de Hermann Cebert

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Le peuple a droit à toute la Vérité sur les kidnappeurs et Associés Inc.

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L’incarcération de Brandt, une « victoire » pour l’Etat de droit, selon le CSPN

 

Publié le mardi 30 octobre 2012

 

Le Premier ministre Laurent Lamothe a assimilé mardi à une « victoire des forces du bien » l’arrestation pour son implication présumée dans le kidnapping du puissant homme d’affaires Clifford Brandt dont le gang était, selon les propres termes du secrétaire d’Etat à la sécurité publique, Réginald Delva, « le plus important réseau de crime organisé du pays, voire de toute la Caraïbe ».

Intervenant lors d’une conférence de presse en marge de la 20e réunion du Conseil supérieur de la Police nationale tenue depuis l’arrivée de l’administration actuelle, M. Lamothe, qui préside le CSPN, a promis une lutte sans merci contre le kidnapping et l’impunité après avoir mis du temps à citer, nommément M. Brandt, membre d’une des familles les plus aisées du pays. Il a aussi dénoncé, à plusieurs reprises, la volonté de certains de « créer des polarisations ou divisions dans la société » autour du cas de l’entrepreneur accusé d’avoir fait kidnapper deux jeunes de la famille Moscoso, bien ancrée, comme celle du présumé bourreau, dans le secteur privé traditionnel.

Le numéro un du CSPN en a profité pour réitérer la volonté du gouvernement d’appliquer la loi avec la dernière rigueur envers et contre tous, arguant qu’il faut en finir avec le banditisme qui risque de compromettre la politique d’investissement et de développement économique que prône le Président Michel Martelly.

Appelant la population à jouer pleinement sa partition dans l’offensive en cours, Laurent Lamothe a parallèlement mis en garde contre toute tentative de diabolisation de la famille Brandt tout en affirmant qu’aucun kidnappeur -peu importe son rang social ou sa fortune- ne pourra se soustraire à la justice et échapper à la peine maximale prévue par le décret anti-kidnapping de 2005.

« C’est le début de la fin d’un cycle de terreur », a, de son côté, lâché, dans un style persuasif, le Secrétaire d’Etat Delva qui précise que la traque ne se limitera pas au réseau que dirigeait Clifford Brandt, mais s’étendra à tous ceux qui, à un titre ou à un autre, sont impliqués dans le trafic de drogue, les assassinats et les vols de véhicules.

Dressant un bilan provisoire des opérations policières menées depuis mardi dernier (23 octobre), jour de l’arrestation de l’homme d’affaires, le directeur général de la PNH, Godson Orélus, a indiqué que neuf suspects ont été interpellés et quatre policiers placés en isolement. Parmi eux le responsable de l’unité spécialisée Cat Team, basée au Palais National.

Lors d’une descente effectuée samedi dernier à Delmas 75 (est de la capitale) chez l’ex-inspecteur de police Edner Comé, présenté comme un homme extrêmement dangereux, quatorze armes à feu, dont sept de guerre, ont été confisquées ainsi que trois véhicules, a poursuivi Orélus. L’un d’eux attire tout particulièrement l’attention, une jeep Land Cruiser « Zo Reken » que les malfaiteurs auraient régulièrement utilisée pour commettre des enlèvements en se jetant à bras raccourcis sur leurs cibles.

Le patron de la Police nationale, qui a fait remarquer que le mode opératoire des bandits consiste à se faire passer pour des policiers, a ainsi communiqué un luxe de détails sur les uniformes et matériels de la police judiciaire (DCPJ), de l’unité spécialisée Swat Team et de l’Agence antidrogue américaine (DEA) découverts en stock au cours des fouilles réalisées.

Enfin, le ministre de la justice et de la sécurité publique, Jean Renel Sanon, a annoncé avec fermeté la « tolérance zéro » contre toute forme de banditisme et invité tous les citoyens à se dissocier des activités louches sous peine de se retrouver, eux aussi, un jour derrière les barreaux. spp/Radio Kiskeya

Lucmane Delile, le nouveau locataire du parquet de Port-au-Prince déclare la guerre aux kidnappeurs

 

Publié le mardi 30 octobre 2012

 

Me Lucmane Delile a pris ses fonctions mardi comme le nouveau commissaire du gouvernement de Port-au-Prince en lançant la chasse aux kidnappeurs et autres individus ayant trempé dans des activités criminelles ou dans la délinquance.

Peu après avoir prêté serment devant le doyen du tribunal civil, Me Raymond Jean-François, l’ancien leader étudiant du mouvement GNB anti-Aristide de 2004 a annoncé les couleurs à travers un message direct adressé aux kidnappeurs, narcotrafiquants et faussaires. Avec la lutte contre la détention préventive prolongée et la dégradation des valeurs morales, ces derniers seront la priorité des priorités des nouvelles autorités judiciaires de la capitale.

« Ils doivent changer de profession et remettre leurs armes pour redevenir de bons citoyens. Sinon, ils n’auront qu’à se réfugier dans un trou », a déclaré, sentencieux, Lucmane Delile, lors d’une cérémonie présidée par le directeur général du ministère de la justice, Me Jean Roudy Aly.

Arrivant, avec apparemment beaucoup de détermination, dans un lieu au cœur de scandales et de manifestations en cascade de l’autoritarisme politique du pouvoir central, le nouveau responsable succède Me Gérald Norgaisse qui, en sa qualité de commissaire intérimaire, n’a passé que quelques semaines dans la « fournaise ardente » qu’est devenu le parquet du tribunal civil de Port-au-Prince, véritable thermomètre de l’instabilité institutionnelle à l’haïtienne. . spp/Radio Kiskeya

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Des armes Trouvées dans l’affaire Clifford Brandt: Le président Joseph Michel Martelly et la Police nationale devra répondre à la justice s’il laisse échapper les criminels impliqués

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Les opérations de la justice et de la police se sont poursuivies ces derniers jours dans le cadre de l’affaire-Brandt avec des fouilles et des recherches dans les bureaux et résidences appartenant à l’homme d’affaires détenu depuis vendredi dans une prison hautement sécurisée à Carrefour.

Clifford Brandt ainsi que 4 de ses complices ont été entendus brièvement vendredi au parquet du tribunal civil de Port-au-Prince avant d’être transférés à la prison Oméga de Carrefour. Le dossier a été confié à un juge d’instruction.

Entre temps, la justice à fait apposer des scellés sur une entreprise appartenant à Clifford Brandt dans le quartier de Delmas. Des appartements ont été perquisitionnées en relation avec cette affaire à Delmas 60.

A Delmas 75, d’importantes quantités d’armes lourdes et des matériels de la police ont été saisis lors d’une fouille dans une maison par des brigades de la police qui tente de démanteler le réseau.

Le Premier ministre Laurent Lamothe doit donner ce lundi un point de presse sur cette affaire qui défraie la chronique. Une liste de personnes soupçonnées et des opérations conduites par la police et la justice seront également présentées par le chef du gouvernement, a appris Haiti Press Network.

Des policiers sont placés en observation parmi eux, le chef de l’Unité CAT team, responsable de la sécurité présidentielle. Des rumeurs font croire que plusieurs hauts gradés de la PNH seraient impliqués dans ce vaste réseau.

Des personnes soupçonnées par la police ont tenté de quitter le pays en passant par la République dominicaine. Au moins deux individus ont été appréhendés avec des fortes sommes d’argent.

L’arrestation  lundi de l’homme d’affaires, Clifford Brant, présumé impliqué dans l’enlèvement de 2 enfants  le 16 octobre dernier, suscite déjà beaucoup de réactions  chez des Haïtiens sur  les réseaux sociaux, où les internautes souhaitent voir les si les images de l’arrestation de M. Brant sur les petit écran dans la rubrique « Allo la police » de la PNH, a constaté Haïti Press Network.

« Comme on a l’habitude de montrer les nègres au petit écran, on attend que l’institution policière fasse défiler ce petit Bourgeois à la télévision », écrit un internaute.
« La prochaine rubrique allo la police sera intéressante, messieurs ! », estime un homme sur facebook , «  j’attends  pour voir s’il y a une justice pour Ti pyè et une autre pour Gwo pyè dans ce pays », commente-t-il.
« ALLLLLLLLLLLLLO LA POLICE NOU RALE TI CHEZ BA NOU NAP TANN », a posté un autre internaute haïtien.
La police a arrêté mardi Cliffor Brandt qui serait impliqué dans l’enlèvement de deux enfants de la famille Moscoso. Selon le porte-parole de la PNH, M. Brandt serait la tête pensante d’un important réseau de kidnappeurs.

 

Le porte-parole de la police nationale Frantz Lerebours a annoncé jeudi que 3 policiers sont placés en observation dans la cadre de l’enquête ouverte suite à l’arrestation de l’entrepreneur Clifford Brandt présumé responsable d’un réseau criminel spécialisé dans le kidnapping.

 

 

Par ailleurs, deux personnes dont le chauffeur du véhicule qui avait participé à la prise en otage de deux enfants de la famille Moscoso ont été appréhendés à la frontière de Ouanaminthe alors qu’elles tentaient de s’enfuir en République dominicaine.

Concernant les policiers, selon le porte-parole de la PNH, le chef de l’unité de sécurité attaché à la présidence Marc Arthur Thébée (CAT team) et deux autres policiers qui entretenaient des relations avec la famille Brandt ont été placés en observation afin de déterminer leur degré d’implication dans ce réseau.

“Il s’agit d’une mesure conservatoire. Ils ne sont pas révoqués, mais ils sont pour l’instant interrogés par la Direction de la police judiciaire”, a indiqué à HPN le porte-parole de la police. Deux autres policiers, Jacques Darly (Brigade criminelle) et Frantz Aristil (Commissariat de Port-au-Prince) sont également placés en observation.

Clifford Brandt en détention à la DCPJ devrait être remis sous peu aux autorités judiciaires du Parquet de Port-au-Prince, a appris Haiti Press Network.

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Sandy Dévaste une bonne partie de Haïti:44 morts et plus

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Haïti-Ouragan

Ouragan Sandy en Haïti : 44 morts, selon un dernier bilan partiel

Levée de l’alerte rouge

Publié le samedi 27 octobre 2012

Le bilan du passage de l’ouragan Sandy en Haïti est passé samedi à quarante quatre (44) morts, douze (12) disparus et dix-neuf (19) blessés.

Vingt et un mille cent sept (21.107) personnes sont hébergées dans 158 abris provisoires.

L’alerte rouge est levée, mais les consignes de vigilance sont maintenues vu la probabilité de nouvelles averses sur certains départements. Le Service maritime national et de navigation d’Haïti (SEMANAH) n’avait pas encore levé, samedi matin, l’interdiction du cabotage à travers le pays. En certains endroits, comme à Cariès (Nord de Port-au-Prince), au moins un capitaine de navire a été appréhendé par la police pour avoir violé l’interdiction de navigation, la mer étant encore houleuse.

Aux Abricots (Grand’Anse, Sud-Ouest), comme dans de nombreuses autres communes, la recrudescence du choléra a déjà fait au moins trois (3) morts. Le sénateur des Nippes (Sud-Ouest), Jean William Jeanty, a exprimé la crainte que le choléra ne fasse davantage de victimes dans la commune de Barradères complètement inondée.

Les autorités devaient poursuivre samedi avec l’évaluation de la situation, entreprendre des interventions urgentes en certains endroits et procéder à la distribution de kits alimentaires aux populations sinistrées.

La situation demeure critique dans plusieurs camps de déplacés internes de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, ont constaté sur place des reporters de Radio Kiskeya. [jmd/RK]

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Mieux Comprendre la Bourgeoisie de haïti, ses vices et ses crimes: la famille brandt en haiti

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Haïti : L’effet Clifford Brandt junior

dimanche 28 octobre 2012

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Débat

Par Leslie Péan

Soumis à AlterPresse le 27 octobre 2012

La famille Brandt défraie la chronique en Haïti, non pas depuis l’incarcération de Clifford junior, mais depuis un siècle. La saga de cette famille commence à la Jamaïque avec la rencontre d’Oswald John Brandt, né dans cette île en 1890, avec une charmante Haïtienne, Thérèse Barthe, venue visiter son père en exil. Boyer Bazelais, Anténor Firmin, Edmond Paul, François Légitime sont tous passés par ce refuge, toujours prometteur. Les deux jeunes se marient en 1910 et, suivant le chemin tracé par son cœur, Oswald Brandt plie bagages et émigre en Haïti. Il a alors seulement 20 ans.

Une fois en Haïti. O.J. Brandt, dont l’épouse est la nièce du colonel Jules André, est partout un invité de marque, surtout chez les anciens exilés qu’il a connus et aidés à la Jamaïque. Parmi eux, l’influent Antoine Pierre-Paul et Septimus Marius, qui, nommé ministre des Finances par Antoine Simon, le place à la Banque Nationale d’Haïti en 1910 en dépit ou à cause de son statut d’étranger. Ainsi commence sa carrière de financier. En 1916, il passe à la succursale que la Banque Royale du Canada vient d’ouvrir à Port-au-Prince.

Le feuilleton se poursuit. O. J. Brandt gravit très vite les divers échelons de cette institution pour accéder au poste de directeur en 1925. On est en pleine occupation américaine et l’économie du pays est en train de s’ouvrir au capital étranger. C’est à ce moment que commence la légende du petit-gars-parti-de-rien-et-qui-s’est-élevé-à-la-force-de-son-poignet-par-le-travail-et-l’audace.

Le prestige de l’homme est d’autant plus grand qu’il est le seul homme d’affaires de toute l’histoire du pays à s’être forgé une réputation de philanthrope à l’américaine. Le seul à avoir contribué à la diffusion du savoir et à la formation de la jeunesse par un geste d’envergure : le don du seul laboratoire d’une école publique haïtienne, le Laboratoire O. J. Brandt du lycée Pétion (immeuble compris). Cette dépendance du Vieux Lycée, presque adossée à la Cathédrale, a été fréquentée par toutes les générations qui ont étudié à cet établissement après la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Cette semaine encore, le nom O. J. Brandt refait surface dans la mémoire des professionnels passés à cette école à partir des années 50. En particulier des médecins et des ingénieurs qui y ont manipulé, pour la première fois de leur vie, des éprouvettes avec Marcel Francoeur ou des électrodes et des aimants avec Parnell Marc. Des professeurs, avocats et fonctionnaires sortis de la section A et qui ont fait leurs classes terminales dans les belles salles du second étage de l’immeuble O. J. Brandt.

Cette histoire à succès comporte toutefois quelques épisodes peu reluisants et peu connus du public. Après l’entrée en guerre d’Haïti aux côtés des Alliés, sous Élie Lescot, Oswald Brandt est un des grands bénéficiaires de la nationalisation des biens des citoyens allemands établis au pays (Reinbold, Gerlach, Gaetjens, Jaeger, Ludecke, etc.), et la presse n’en fait aucune mention. C’est seulement à la faveur de l’éclaircie démocratique des premiers jours de 1946 que le journal La Ruche commence à l’épingler. Et sans ménagement. Il écrit : « En effet, ce mystérieux personnage d’Oswald John Brandt, après avoir, sans aucun doute, « corrompu » son associé Élie Lescot, Grand Fonctionnaire Public dans l’exercice de ses hautes fonctions – Délit prescrit par la Loi haïtienne – l’escroc Oswald John Brandt se fit passer les usines de Saint-Marc valant au minimum Deux cent mille dollars pour la scandaleuse somme de trente cinq mille dollars, se rendant de ce fait coupable au titre de receleur que la loi Haïtienne punit beaucoup plus sévèrement que l’auteur [1]. »

La charge est lourde contre le trio Lescot-Brandt-Brouez, ce dernier étant le commis encaisseur de Lescot. Difficile de condamner Oswald Brandt sans des preuves palpables de pots-de-vin. Difficile surtout à cause des complices invisibles qu’il a alors au sein du Comité Exécutif Militaire (CEM) qui vient de prendre le pouvoir. Paradoxalement, les jeunes militants de La Ruche demandent de soutenir la junte militaire [2]. Difficile enfin de déboulonner Oswald Brandt, un symbole qui fait rêver une classe politique avide de ses subsides. Les jeunes de La Ruche en sont conscients et écrivent : « Si le monopole de la Fabrique et vente de tissus de coton Lescot-Brandt-Brouez doit fonctionner sous quelque rubrique que ce soit, alors vous n’aurez plus rien à espérer de notre pays, suicidez-vous [3]. »

Une vue en plongée de la réalité

Personne ne s’est suicidé devant les complexités d’Haïti. Oswald Brandt a traversé tous les mauvais régimes jusqu’à ceux des dictateurs François et Jean-Claude Duvalier, jouant continuellement double jeu. En 1961, il est forcé de financer le bétonnage de la Grand-Rue [4] et même mis en prison par Papa Doc qui veut lui soutirer de l’argent. Il se vengera à sa façon. Le journaliste à la retraite Jean Florival nous apprend dans Duvalier : La face cachée de Papa Doc qu’Oswald Brandt — qui était son ami personnel et celui de Gérard Daumec, conseiller écouté de François Duvalier – alimentait régulièrement la radio Vonvon en renseignements embarrassants pour le pouvoir. Cette station clandestine, qui émettait à partir des États-Unis, fit les délices de l’opposition pendant la fin des années 1960 [5].

En plein cœur de la dictature féroce de François Duvalier, O.J. Brandt bénéficie d’un tel prestige au pays que, même lorsqu’il est pris la main dans le sac, le pouvoir noiriste et populiste lui réserve un traitement de faveur. Accusé, avec son fils Clifford, d’avoir financé l’invasion avortée de la Coalition Haïtienne en mai 1968 au Cap-Haïtien, il sera logé aux Casernes Dessalines avec droit de visite, tandis que Clémard Joseph Charles, le financier d’origine modeste, sera, selon ses propres dires, enfermé « pieds nus, en caleçon et chemisette à Fort Dimanche, puis au Pénitencier national ».

Oswald Brandt construit au fil des ans un véritable empire. Quittant la finance dès 1928, il décide de faire cavalier seul et d’acquérir l’usine à mantègue (USMAN). Il investit dans le textile, avec la filature Brandt (FITICOSA), et dans l’agriculture, particulièrement dans l’exportation du cacao et du café (où il devient un des principaux acteurs). Il est aussi importateur de produits pharmaceutiques, de véhicules et d’autres produits de consommation. On le retrouve ensuite dans l’huile de cuisine, les assurances, puis à la tête de l’usine de fabrication de pâte de tomates FACOLEF, dans le Sud, et de la PRINSA (élevage) dans la région de Thomazeau.

La PRINSA a fonctionné de 1981 à 1998 avant d’être victime de l’embargo des années 1991-1994. La politique ultralibérale du gouvernement de René Préval en a sonné le glas. En effet « l’élevage industriel a connu un véritable déclin vers 1991 à cause notamment de l’embargo économique et de l’importation massive de morceaux de poulet congelés. La production est passée de 6 500 000 à 300 000 têtes, puis à 45 000 têtes en 1998 pour les poulets de chair ; et de 112 000 à 30 000 pour les poules pondeuses [6]. »

En 1973, cinq ans après avoir été incarcéré avec son père O.J. Brandt aux Casernes Dessalines, Clifford Brandt relève le défi d’Alejandro Grullon qui veut implanter sa banque Banco Popular Dominicano en Haïti. Brandt prend les devants et crée, avec 420 actionnaires haïtiens, la Banque de l’Union Haïtienne (BUH) dotée d’un capital initial de 15 millions de gourdes répartis en 60,000 actions de 250 Gourdes. C’est la deuxième fois que le secteur privé haïtien crée une banque commerciale, la première ayant été la création en 1966 de la Banque Commerciale d’Haïti par le même Clémard Joseph Charles. Le premier conseil d’administration de la BUH est composé de Marcel Léger, Président, Marcel Ed. Dupuy, Vice-Président, Georges Baussan, Clifford H. Brandt, Jehan Dartigue, Raymond Flambert, Faidherbe Guillaume, Maurice Mompoint [7], Lucien Rousseau, Membres. Le patriarche Oswald meurt en 1976 et son fils Clifford prend la barre qu’il gardera jusqu’à son décès en 2001. Entretemps, l’empire Brandt essaime à la Jamaïque, aux Bermudes et aux Bahamas.

Le patriarche, son fils et ses petits-fils gardent une sérénité de distanciation leur permettant de fructifier leurs avoirs à une distance respectable des cercles mulâtristes dominants. On ne s’étonnera donc pas de ne pas retrouver le nom d’un seul Brandt dans la liste des 41 présidents qu’a eus le Cercle Bellevue de 1905 à 1985 [8]. Est-ce parce que le Cercle Bellevue a été dès son origine sous l’influence de la communauté allemande avec des présidents tels que Robert Gerlach, Frédéric Gaetjens, Carl Jaeger, Fred Ludecke, etc ? Pourtant O.J. Brandt aurait pu se prémunir de son ascendance allemande, car son grand-père Wihelm Brandt était allemand [9].

Quoiqu’il en soit, les Brandt ont une vue pratique sur la société haïtienne, son imaginaire et son anomie, une perspective qu’on ne saurait sous-estimer. La grande déception de la vie de Clifford Brandt aura été d’avoir été mis en quarantaine par le gouvernement américain en 1993, accusé d’avoir agi contre les intérêts américains en soutenant le coup d’État de 1991 contre le premier gouvernement de Jean-Bertrand Aristide. À la fin de sa vie, nonagénaire, il en sortit profondément troublé, ne pouvant comprendre, de sa hauteur, la vue en plongée que lui offrait la réalité. Les choses avaient bougé dans leur fixité.

Le kidnapping sème pour récolter sans attendre

Dans le même temps, la dégradation de la situation politique et économique affectait les consciences et les valeurs. Les capitaines d’entreprise sont de moins en moins considérés comme des valeurs à émuler. Les tontons macoutes et autres rentiers politiques devenus riches en un clin d’œil ont imposé d’autres mœurs. Qui représentent une aubaine pour les forces de la globalisation économique plus intéressées à mettre au pouvoir des receveurs d’ordres que des entrepreneurs indépendants. Tout en déplorant leurs agissements scandaleux, ces forces globalisantes préfèrent s’inspirer des voyous pour lesquels les valeurs intrinsèques n’existent pas. Les générations qui naissent au cours des années 1960-1970 n’ont de modèles que ceux de l’argent volé par des hommes de sac et de corde.

Le viol de la société haïtienne réalisé par l’occupation tonton macoute étale son désordre partout même dans les familles de l’élite. Sous les yeux des parents qui sont dépassés. L’ascenseur du trafic des stupéfiants accommode toutes les promiscuités. Les sociologues américains parleront de l’élite moralement répugnante (morally repugnant elite) pour rendre compte de la pourriture observée au sommet de la société haïtienne. Une société en ruines et qui, de surcroit, trouve des gens à dévaloriser l’intellectualité. Devant le vacarme des intérêts particuliers et autres relativités, la note intellectuelle mettant en valeur la vérité effraie les petits esprits se délectant dans les cancans.

L’affaire de Clifford Brandt junior, le kidnappeur, qui défraie la chronique depuis le lundi 22 octobre 2012 s’inscrit dans la décadence de la société haïtienne et fait pâlir l’histoire d’une famille qui a laissé sa marque dans la finance, l’agriculture et l’industrie. Dans un pays qui veut que seule la politique soit fertile et où les citoyens sont convaincus que c’est l’unique endroit à semer pour récolter sans attendre. La mentalité de l’argent facile s’est développée avec le narcotrafic et de son corollaire, le kidnapping contre rançon.

Clifford Brandt junior s’est laissé glisser sur cette pente dangereuse. Ce faisant, il a délaissé la civilisation en ne contrôlant pas ses pulsions d’agressivité. Elles se sont relâchées au point de le conduire au crime. C’est dans une atmosphère d’indignation et de réprobation générale que le kidnapping des deux jeunes Moscoso a été accueilli. Aucune humanité ne peut être construite avec des pratiques relevant de la mentalité des fauves. En attendant de comprendre cette économie affective, il s’est enfermé lui-même dans le cycle de la violence et de la terreur. On ne saurait innocenter les criminels individuels qui terrorisent les familles dans des kidnappings en série depuis près d’une décennie. Les enlèvements et séquestrations sont devenus monnaie courante depuis 2005.

Des hommes sans foi ni loi

La société haïtienne surfe sur le crime impuni depuis sa naissance. Un groupe de tueurs a organisé des massacres systématiques depuis ceux des Français en avril 1804, de Germain Pico en 1805 et de Dessalines en 1806. Un petit groupe a kidnappé le pays en exploitant la paysannerie systématiquement. On lui a pris la production de café, de sucre, de coton, etc. et on lui a donné en retour de la monnaie de singe. Dans ce kidnapping, il n’a pas eu accès à la santé, à l’éducation, au logement, à l’eau potable et à l’électricité. Comme le dit Vertus Saint-Louis « les habitations sont soumises aux commandants militaires, eux-mêmes placés sous les ordres des généraux comme Dessalines, nommés inspecteurs de culture. Les cultivateurs n’ont pas le droit de se déplacer sans permission, même pour se rendre au marché [10]. » Les paysans sont privés de la liberté de se déplacer d’une plantation à une autre. La nuit les bandes Zobop continuent l’ordre diurne en exigeant un laissez-passer. Sinon, c’est la mort !

L’étude de la société haïtienne depuis 1804 indique que les élites ont accepté de négocier leur position de « commandeur » en se vautrant dans la fange, entourées de sbires venus de la « meilleure » société sous Geffrard avec les Gibosiens et des bas-fonds sous Soulouque avec les Zinglins. Le kidnapping d’Haïti est consacré dès la dette de l’indépendance de 1825. La culture de la rente a développé une pourriture qui s’accumule. Dans les villes, des hommes sans foi ni loi ont imposé les mœurs vandales tandis que dans les campagnes leurs alliés ont promu la peur et la zombification. Registre d’une barbarie qui connaît des alternances dans le consensus du chen manje chen pour la destruction de l’Autre. Aversion et hostilité, affrontements et règlements de compte sont toujours au rendez-vous dans une culture de vendetta qui n’a rien à envier à celle des Siciliens ?

La pensée a été combattue. Le baccalauréat a été jusqu’à la fin des années 60 un lieu où les dissertations étaient écrites par les étudiants en trois heures sur une feuille double. L’élève était convoqué à penser sur un sujet qui lui était proposé. Mais la dégradation de l’enseignement a fini par convaincre les professeurs de ne plus donner une feuille double aux élèves. Dès la fin des années 1970, ces derniers recevaient une feuille simple pour consigner le fruit de leurs réflexions. Il a fallu trente ans pour éroder les valeurs éthiques du travail bien fait, de la rectitude et de l’honnêteté qui existaient dans la vie publique au profit de la débauche et l’hédonisme tèt kalé. Les certitudes ont dépéri et ce n’est plus avec de la poésie que l’on courtise une jeune fille. Le seul paramètre de la séduction et de la valeur, c’est l’argent, comme l’a souligné le président Martelly en comparant son fils Ollivier aux avocats Newton Saint Juste et André Michel. La messe est dite !

La baisse du niveau de l’instruction (le moyen) s’est répercutée sur celui de l’éducation (la finalité). La constante dialectique entre ces deux niveaux s’est transmise dans la famille, les comportements individuels, bref dans la civilisation haïtienne. Exit le contrôle de soi et l’autolimitation. On se permet d’écrire n’importe quoi et de dire n’importe quoi. Tout devient vulgarité jusqu’aux plus hautes sphères de la société et du pouvoir politique. Cette acceptation n’est-elle pas la forme que prend le rejet des institutions scolaires, des valeurs, des mœurs ?

Le chaos de la réalité haïtienne s’est amplifié et la connaissance est en retard sur ce chaos. Le crétinisme qui s’est imposé pour gouverner la société haïtienne a des racines profondes. On les trouve chez ces dictateurs à la Sténio Vincent et François Duvalier qui, se voulant providentiels, refusent le pluralisme. On les trouve également chez ceux qui rejettent les 10plomes, 20plomes et autres plomes, et qui utilisent leur gouvernement charismatique [11] pour lancer le pays sur les voies de garage des industries en cavale. Situation d’autant plus grave que, comme le dit Norbert Elias, « le commandement peut échoir à des personnes qui jusque-là n’avaient pas grand-chose à dire [12]. »

L’orthographe élémentaire

Les discussions vont bon train sur le sort que la justice haïtienne réservera à Clifford Brandt junior surtout depuis les déclarations de son avocat Me Calixte Delatour qui ont provoqué un véritable tollé. Selon son défenseur, « il ne s’agirait pas d’un kidnapping mais plutôt d’un problème personnel [13]. »

Au cœur de la stratégie de la défense, on redécouvre des faits qui remontent à 2007 et qui ont aussi à voir avec la disparition-exécution de Robert Marcello, directeur du Centre national de passation des marchés publics. On se rappelle encore que Fritz Brandt et son fils David Brandt avaient été mis en prison par le commissaire du gouvernement Claudy Gassant en juillet 2007 sous le gouvernement de René Préval. Selon le commissaire Gassant, ils avaient été pris la main dans le sac pour une affaire de factures de douane. Il circule toutefois une autre version des motifs de cette arrestation intempestive.

Selon cette version, il s’était plutôt agi de mettre au pas les Brandt qui avaient repoussé une collusion que leur proposait le pouvoir. Le gouvernement Préval avait appuyé les concurrents de Brandt qui lui avaient promis de plus substantielles ristournes sur un contrat d’achats de véhicules. Brandt se croyait dans son bon droit en gagnant un appel d’offres ouvert où le moins disant décrochait le contrat. Il s’est alors fait de dangereuses inimitiés politiques avec les gangsters de l’entourage de Préval qui ne lui ont pas pardonné le culot de se défendre pied à pied contre les vœux du président. Il avait haussé les épaules, se croyant à l’abri des poursuites des chacals. Il avait oublié que dans la culture politique haïtienne, mettez n’importe quel quidam président et la population tombera à ses genoux.

À ceux qui leur disaient d’être prudents, de ne pas chercher une plage de sable ensoleillé à la montagne ni de faire la morale au président Préval, les Brandt avaient répondu qu’ils étaient des commerçants et pas des curés. Ce serait là le début de la mobilisation anti-Brandt qui s’est soldée par la mise en prison du père et du frère de Clifford Brandt junior. La lutte anti-corruption étant devenue un habillage de luxe pour les gouvernements contre leurs opposants. Les Brandt père et fils sont restés en prison jusqu’à ce qu’ils cessent de rouspéter.

Dans de nombreuses villes

On ne saurait écarter du revers de la main ces hypothèses d’explication du comportement de Clifford Brandt junior. Mais il faut admettre que même dans le cas où elles seraient justes, la décision de kidnapper les deux jeunes Moscoso est un remède pire que le mal. La famille Brandt ne saurait s’affranchir ni s’émanciper du carcan corrupteur de l’État marron en prenant le chemin du kidnapping comme revanche. Cela va à l’encontre du besoin de sécurité incompressible de l’être humain. C’est un principe intemporel et une logique éternelle pour l’existence et la viabilité de toute société.

Le procès de Clifford Brandt junior devrait servir de cadre pour l’évaluation du délabrement de la société haïtienne, du vide existant dans les esprits et de la disparition des valeurs. Depuis celles de l’orthographe élémentaire qui porte des écrivassiers à se balader sur les réseaux sociaux de l’Internet en écrivant n’importe quoi sans le moindre respect pour la langue et la logique jusqu’aux déclarations farfelues de la « diplomatie des affaires » qui reflète la folie des grandeurs d’un gouvernement pourtant hué et condamné par des manifestants dans de nombreuses villes du pays. Il faut entreprendre des travaux de rénovation, mais il faut surtout du neuf.

Depuis le procès de la Consolidation, l’État haïtien a raté toutes les occasions de faire preuve d’une détermination et d’une capacité d’instaurer la règle de droit dans ce pays. Qu’il s’agisse d’un simple citoyen accusé de vols de bétail ou d’hommes d’affaires puissants, d’adversaires ou de partisans bien placés du gouvernement, les procès intentés en Haïti ont toujours été une mascarade. On a encore en mémoire les procès bâclés de Luc Désir à la chute de Duvalier, de Roger Lafontant sous le premier gouvernement de Jean-Bertrand Aristide, de Léon Jeune, Claude Raymond et Prosper Avril sous René Préval. Le gouvernement actuel aura-t-il la sagesse et le courage de garantir aux accusés et à la société haïtienne le procès juste que toute la population appelle de ses vœux ?

Le décollage d’Haïti se fera au prix d’une rupture avec la tradition. Le moment est venu de montrer la possibilité d’une justice égalitaire, loin des brumes et épaisseurs organisant trafics et influences qui bloquent ou minent la confiance dans l’État de droit. Puisse l’attention sérieuse portée à ce procès inciter à une illustration du bien commun en montrant le triomphe d’une révolution mentale inscrite dans le sens de la modernité. Sinon, le gouvernement va au-devant d’affrontements périlleux, car la société est maintenant au bout du rouleau.

…………………..

[1] Albert L. Rowe, « Prolétaires haïtiens », La Ruche, numéro 6, vendredi 1er février 1946, p. 2. Voir aussi Albert L. Rowe, « Un épisode dans les activités ténébreuses du criminel escroc Oswald John Brandt à la Banque royale du Canada », La Ruche, numéro 8, samedi 16 février 1946, p. 2. Lire enfin dans le même numéro du journal La Ruche l’article de Jean-Jacques Ambroise, Luttes de classes.

[2] « Peuple Haïtien soutenez le Comité Exécutif Militaire », La Ruche, numéro 5, samedi 26 janvier 1946.

[3] Albert L. Rowe, « Prolétaires haïtiens », La Ruche, numéro 6, vendredi 1er février 1946, p. 2.

[4] O.J. Brandt peut être vu en bras de chemise dans la photo de la cérémonie de signature du prêt pour le bétonnage de la Grand-Rue, entouré des officiels Gérard Philippeaux, Michel Lamartinière Honorat, Hervé Boyer, Antonio André et Augustin Viard. Voir Daniel Supplice, Dictionnaire biographique des personnalités politiques de la République d’Haïti (1804-2001), 2001, p. 46.

[5] Jean Florival, La face cachée de Papa Doc, Montréal, Mémoire d’Encrier, 2007, p. 162-174.

[6] Aviculture en Haïti – Sur la problématique des micros, petites et moyennes entreprises du
secteur Agro-industriel en Haïti, Karibe convention center, Haïti, Mai 2007.

[7] Représentant la Banque Nationale de la République d’Haïti (BNRH).

[8] Leslie Péan, « Notes sur l’idéologie haïtienne, (le mulâtrisme-la culture du silence) », Haiti-Observateur, New-York, 16-23 août 1985, p. 20 et 23-30 août 1985, p. 18.

[9] Ertha Pascal-Trouillot, Encyclopédie biographique d’Haïti, en collaboration avec E. Trouillot, Québec, Editions Semis, 2001, p. 156.

[10] Vertus Saint Louis, « Le surgissement du terme « africain » pendant la révolution de Saint-Domingue », Ethnologies, Volume 28, numéro 1, 2006, p. 147.

[11] Max Weber, Économie et Société [1922], Paris, Plon, 1971.

[12] Norbert Élias, La société de cour, Paris, Flammarion, 1985, p. 124.

[13] « Haiti Probes Businessman for Alleged Kidnapping » Associated Press, ABC, October 25, 2012.

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Au delà du Kidnapping des jeunes Moscoso par Clifford Brand et de l’arrestation de ce dernier

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Au-delà de l’implication des Brandt dans le Kidnapping des Jeunes Moscoso : Comment comprendre la naisance des dictatures féroces en Haïti

Il n’était un mystère pour personne que plusieurs éléments de la bourgeoisie commerciale et de mise en sac d’Haïti étaient férocement impliqués dans la violence systémique du pays. Les seules difficultés avaient toujours été de trouver le support des gouvernements américains dans la lutte pour combattre les bourgeois criminels responsables de cette violence permanente et qui empêche au pays de prendre son envol et du coup assurer son développement.

Pour bien comprendre l’arrestation de Clifford Brandt en lien avec le Kidnapping des jeunes Moscoso, il faut d’une part comprendre les buts visés par le kidnapping, élément fondamental dans une stratégie de peur globale et de violence globale, puis d’autre part comprendre l’interprétation par les américains du blocage systématique du développement du pays.

Les bourgeois comme Clifford Brand ont une vision monopolistique de l’économie et du développement d’Haïti c’est-à-dire, ils ne tolèrent aucune compétition économique dans le pays. Pour eux, seuls leurs monopoles dans toutes les sphères d’activité économique sont meilleurs par conséquent ils sont toujours prêts à créer des conditions de violence extrêmes pour créer la peur chez les investisseurs étrangers et des sommes astronomiques sont disposées pour financer cette terreur.

Selon certain, la gestion de la violence par la bourgeoisie est une entreprise super-structurée avec à la fois la représentation de toutes les familles riches du pays mais également avec la participation financière de celles-ci.

D’abord le contexte du kidnapping et de la violence généralisée. Étant toujours informé de l’arrivée et de la présence d’hommes d’affaires et d’investisseurs étrangers dans le pays, ce sont eux qui dirigent et contrôlent la chambre de commerce du pays et surtout, puisque tout homme et femme d’affaires raisonnables savent pour venir faire affaire au pays, ils doivent passer par les chambres de commerce car c’est de fait la première porte d’entrée pour eux.

Or, voilà qu’en Haïti c’est de cet endroit que siègent ceux qui refusent la présence d’investisseurs étrangers dans le pays et c’est là également que se trouvent les bandits légaux pour répéter le président de la république.

La bourgeoisie dominante du pays est violente et criminelle et, cette domination par la violence se structure par le féodalisme, les monopoles, la corruption, la cupidité et l’avarisme. Quant à la domination criminelle elle se structure par l’implication des groupes armés dont les anciens militaires, les policiers en fonction, les anciens policiers et des mercenaires recrutés dans les gangs de dealers de drogue colombiens, américains, français, canadiens, italiens et haïtiens.

De partout dans le monde, la bourgeoisie d’Haïti est toujours en recrutement de tueurs à gage pour commettre des actes de banditisme et d’assassinats dans le pays et ces criminels arrivent souvent comme des touristes au pays et repartent immédiatement après avoir commis leurs actes criminels sans laisser de traces.

C’est l’argument que semblent soutenir quelques écrits sur les assassinats de Durocher Bertin, Guy Malary, Antoine et Georges Izméry, Yves Volel, Jean Dominique pour ne citer que ceux-là

Un autre élément du contexte du kidnapping est également l’arrivée d’investisseurs et d’hommes et femmes d’affaires dans le pays. En effet, l’élément fondamental et explicatif du kidnapping est l’intérêt économique puis par ricochet financier et monétaire.

Cependant le caractère économique qu’il est véritablement question dans cette affaire est global et non spécifique comme le kidnapping peut vouloir l’exprimer ou le traduire.

Si l’on se base sur la rançon demandée par les présumés kidnappeurs, quoique un montant important, on risque de se tromper énormément car la rançon n’est pas représentative des buts visés et des intérêts enjeux. La rançon est plutôt une petite miette dans la balance des profits recherchés. Pour cause, 2.5 millions de dollars pour Clifford Brand est une simple dépense de soirée au Casino puisque ses richesses et celles de sa famille est un million fois de plus que ce petit montant.

Par contre lorsqu’on associe l’acte du kidnapping aux intérêts de classe du bourgeois haïtien dont les retombées économiques et financière on se rend compte que le kidnapping correspond à un projet plus vaste de la bourgeoisie dont les familles bourgeoises les plus riches du pays sont les principales bénéficiaires.

Le kidnapping dont Clifford Bandt semble être le cerveau, s’inscrit dans un vaste projet de terreur et de criminalité engagée par la classe possédante du pays et il s’étend sur une très grande période avec des objectifs systémiques, ceux du maintient des privilèges de cette classe de riches en Haïti.

Étant intéressé par les secteurs économique, social, politique et culturel du pays, j’ai constaté que la violence et les crimes odieux apparaissent dans le pays lorsque des projets d’affaires étaient en cours en Haïti. C’était le cas de l’arrivée de l’homme le plus riche du monde dans le pays. Avant tout au long de l’actualité de cette venue, des assassinats sont commis, des menaces étaient faites sur la personne du président selon certaines rumeurs à ce sujet, des policiers sont assassinés avec des liens de liaisons de non correspondance entre les accusés et les victimes termes que j’ai développés dans deux articles.

En ce sens, il est évident que le véritable contexte du kidnapping de Clifford Brandt sur les Moscoso ne visait pas seulement ou peut-être à extorquer cette famille mais plutôt à créer un précédent criminel dont les objectifs consistaient à faire peur les investisseurs du nouveau parc industriel de Caracol dans le but de permettre à la bourgeoisie d’être les propriétaires de ce site.

Le seul problème des opérateurs de la violence dans le pays, c’est que les membres de cette bourgeoisie ne soupçonnaient pas que le choix du site avait été une stratégie de l’administration américaine qui a décidé une fois pour toute que le pays doit se développer et ce avec ou sans la participation des tenants de la bourgeoisie d’Haïti telle qu’elle est présentement. La maison blanche et les Clinton connaissent très bien les manœuvres de cette bourgeoisie criminelle et féodale.

De plus, l’administration du président Américain Barak Obama sait très bien que pour aider véritablement Haïti, il faut tenir à l’écart un nombre important de bourgeois haïtiens qui ont été identifiés dans le rapport de Walter E Fontroy comme étant opposés systématiquement au développement et à la stabilité de Haïti.

En ce sens, Clifford Brandt et la grande majorité des financiers qui supportent l’instabilité et les monopoles dans le pays ignoraient que les services secrets américains sous ordres du président Barak Obama et suivant les demandes de l’ex-président américain Bill Clinton avaient à l’œil les agissements des bourgeois criminels dans le pays. Voilà pourquoi on est parvenu à l’arrestation de Clifford Brand.

Selon toute vraisemblance, c’est lors de la dernière rencontre entre Bill Clinton et le président accompagné de son premier ministre que le président Joseph Michel Martelly et le Premier Ministre Laurent Salvador lamothe avaient été informés de l’avancement du projet Radar sur la Bourgeoisie d’Haïti. Comme mesures prises par la présidence et le gouvernement, on peut penser au changement de commissaires de gouvernement, choix de nouveaux responsables au sein et, à la tête de la police nationale et nomination de nouveaux fonctionnaires au sein de l’appareil étatique.

En revanche, alors que tout se mettait en place pour attraper les bourgeois sous radar des services secrets américains, une vague de protestation a envahi le pays avec des politiciens véreux insouciants et corrompus qui ont toujours été supportés et protégés par la bourgeoisie mafieuse et criminelle afin de servir de véritables troubles fêtes dans le pays.

Une simple parenthèse dans la présence de ces politiciens sur la scène politique nationale consiste à comprendre pourquoi certain politiciens demeurent actifs depuis plusieurs décennies alors que d’autres sont souvent obligés de partir pour l’exil et de toujours prendre la fuite.

La réponse est simple, ils sont toujours protégés par les mercenaires travaillant pour la bourgeoisie de plus ils sont toujours financés par cette bourgeoisie. Cela étant, ils constituent l’arme politique réactionnaire au service de la bourgeoisie dont les intérêts de celle-ci.

Selon certain, parmi ces politiciens, il y a des anciens ministres, des anciens députés, des anciens maires, des anciens militaires, des anciens sénateurs, des membres d’organisations populaires etc. qui travaillent de façon magique et naturelle pour les mêmes intérêts ceux de la bourgeoisie. On les reconnait par leur pouvoir d’action et d’influence sur la chose politique du pays.

Certaines divisions politiques majeurs au sein de la classe politique du pays dans les années 80, 90 et 2000 permet d’identifier sans difficulté ces politiciens corrompus qui collaborent avec la bourgeoisie toute puissante d’haïti.
Première partie
Hermann Cebert

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Alòs TonTon SaM

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Alòs tonton Sam,

Timoun yo te konnen,

vwazinay t ap veye,

kase fèy kouvri sa

 

Dosou pa marasa

De dwèt long kwaze

Zandolit ak mabouya

Fil arenyen pou kwape mouch

 

Alòs Tonton Sam,

FBI, CIA, Bil kache dèyè

Vire pòch lanvè

Ganmèl al kay kiyè

 

Si w la, di m ou la

Filalang ou lasisin

de ran dlo de ran larim

dyòl blanch de bòkyè

 

Vant pa sèl, ou konn sa ti sama

vesèl biblo, sen jòj sen jòj

dwategòch pran plim woulibè

anpil pikliz sou akra a

 

Bandi legal se pwen gangan te bay

Vyann nan kankannen tèt dlo

Zo devan zo dèyè mis bouda

manman n sou do lopital

 

Alòs tonton Sam

Se vre ou se pa vre

m manti oubyen ou pa manti

Fòk ou vanse, pa gen fè bak.

 

Boutilye ansapit, fisi fèmat, bwamonkèt

galil, fizi wouzi, fon vèrèt, fonparizyen

madangano, montaynwa vivimitchèl

Alòs tonton Sam, kote w vle rive

 

Vizite peristil, fouye twou

Ti rene se gate manje,

kou sou kou bare koukou

Alòs Rès la se pou nou.

 

Hermann Cebert

 

 

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L’opinion Nationale et Internationale Doivent Surveiller Président martelly dans le dossier des Brandt: Qui veut libérer Brandt et pourquoi veut-on qu’il meurt sans procès?

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S’il arrive quoique ce soit à Clifford Brandt et ses complices avant son jugement, le Président Joseph Michel Martelly sera tenu responsable.

 

L’affaire Clifford Brandt au cabinet d’instruction, l’intéressé conduit à la prison Oméga

 

Publié le jeudi 25 octobre 2012

Le parquet de Port-au-Prince a transféré au cabinet d’instruction le dossier de l’homme d’affaires Clifford Brandt, accusé d’implication dans un double kidnapping, a annoncé jeudi soir le commissaire du gouvernement a.i, Me Gérald Norgaisse, qui a également invoqué des « raisons de sécurité » pour ordonner que l’intéressé soit placé en détention à la prison civile de Carrefour (banlieue sud de la capitale).

S’exprimant à l’issue d’une audition d’environ deux heures au cours de laquelle ont été également interrogés quatre autres prévenus, le chef du parquet a indiqué qu’il s’agissait d’une « affaire très sensible » qui sera confiée à un juge instructeur pour les suites légales nécessaires.

Me Norgaisse, qui n’était pas disposé à répondre à certaines questions des journalistes, a aussi précisé que M. Brandt quittait la garde à vue de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) où il se trouvait depuis son arrestation lundi pour le centre de détention de Carrefour communément appelé Oméga. La même mesure concerne également les quatre autres suspects qui comparaissaient pour la première fois en justice en compagnie de la secrétaire de l’entrepreneur, Sawadienne Jean, du mari de celle-ci, Franck Saintérine, et de Ricot Pierreval et Carlo Saint-Fort. Ces deux derniers ont été interceptés mercredi à la frontière avec la République Dominicaine en tentant de prendre la fuite.

Clifford Brandt a été apparemment victime d’un malaise dans l’après-midi peu après son arrivée au parquet où il était escorté d’agents de la BRI, une unité spécialisée de la PNH, et de la police administrative.

Le visage fatigué, menotté, l’homme d’affaires issu d’une des plus grandes fortunes d’Haïti, était tombé à la renverse avant de regagner sa place dans la salle d’audition, au bout d’un moment.

Avec l’aide des policiers, le prévenu avait pu se rasseoir dans l’attente de son interrogatoire que devait conduire le commissaire Gérald Norgaisse. spp/Radio Kiskeya

Haïti – Justice : Affaire Clifford Brandt-Morosco, les précisions de la PNH
25/10/2012 09:46:53

Haïti - Justice : Affaire Clifford Brandt-Morosco, les précisions de la PNH

Mercredi, suite à l’arrestation de Clifford Brandt dans l’affaire de l’enlèvement de Coralie et Nicolas Moscoso, Frantz Lerebours, le Porte-parole de la Police Nationale d’Haïti a tenu à préciser certains aspects de cette affaire et démentir certaines fausses rumeurs qui circulent « […] nous n’avons pas démantelé un gang, nous avons arrêté une personne, que nous présumons être le cerveau d’un gang. Il est important pour nous, à partir de toutes les informations que nous avons recueilli, de faire cette précision, cela n’écarte pas la possibilité, que nous soyons en face d’un réseau de malfaiteurs.

Pour le moment, nous ne pouvons pas être aussi affirmatif, nous avons arrêté effectivement, Clifford Brandt, je parle de la police, plus spécialement la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) à travers la cellule contre enlèvement, comme tout le monde le sait, pour l’enlèvement de Coralie [23 ans] et Nicolas Moscoso [24 ans] […]

Ces deux personnes ont été enlevée le 16 octobre à 8h30 sur la route de Bourdon et toutes les démarches de l’enquête ont abouti à M. Brandt et c’est ce qui fait que la police l’a arrêté avant-hier [lundi] à son entreprise [MAZDA] à Delmas 2 […] il a parlé d’enlèvement. Kidnapping c’est un mot américain, qui voulait dire à ses débuts enlèvement d’enfant. Un kidnapping [aujourd’hui] c’est n’importe qui qu’on enlève, dans le langage courant […] il y a un enlèvement de deux personnes, qui ont été libérées à partir de l’arrestation de M. Brandt, c’est ce qu’il faut retenir, c’est lui-même qui a coopéré avec la police et qui a permis la libération de Coralie et Nicolas Moscoso. Comme je l’ai dit, tout le fil de l’enquête a mené à lui et la police l’a arrêté, c’est aussi simple que ça […]

la question de 265 policiers [impliqués] et l’information qui circule sur Internet, qu’il y a des familles qui sont ciblées, je peux vous dire que ça relève de la pure intoxication, il n’y a rien de vrai dans ça. […]

Si une personne qui est de ce niveau, pratique des enlèvements, il est fort probable qu’il y ait des policiers avec lui, des personnes qui connaissent les rouages, qui lui permette de contourner la police assez facilement, c’est dans le domaine du possible, mais pour l’instant, dans la dimension que l’enquête évolue je ne suis pas autorisé à donner des noms […] pour sauver l’enquête [préserver l’intégrité], il faut que nous gardions une certaine discrétion sur certaines informations […] il est probable qu’il y ait des policiers qui soient arrêtés dans le cadre de cette affaire. S’il est avéré qu’il y a des policiers impliqués, on ne fera pas de quartier.

[…] aujourd’hui on est sur de la grosse criminalité organisée, là, on est sur du dur, des personnes que l’on ne peut pas traiter de la même façon qu’on traite les petits voleurs de rue, et de la façon qu’elle est organisée, elle peut faire beaucoup plus de mal à la société, qu’un petit vagabond dans la ville qui vole des bourses… »

Par ailleurs, suite à cette arrestation, Hervé Denis, le Président de la Chambre de Commerce et d’industrie d’Haïti (CCIH), a souligné que l’arrestation de Clifford Brandt [qui n’était pas membre de la CCIH] « est un acte individuel qui n’a aucun impact sur la CCIH et souhaité que la police et la justice agissent avec célérité dans cette affaire, tout en rappelant que « tout individu est innocent jusqu’à ce que la justice le condamne pour une infraction ». Le Président de la CCIH, déplore que de fausses informations sur internet laisse croire, que ce type d’actes, est une pratique courante en Haïti, dans le monde des affaires.

De son côté Pierre Espérance, le Directeur Exécutif du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) se montre « très pessimiste quand à l’aboutissement du dossier de Clifford Brandt » compte tenu de l’impunité et de la corruption du système judiciaire en Haïti.

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-6982-haiti-justice-clifford-brandt-implique-dans-une-affaire-d-enlevement.html

Haïti – Justice : Clifford Brandt impliqué dans une affaire d’enlèvement
24/10/2012 12:22:38

Haïti - Justice : Clifford Brandt impliqué dans une affaire d’enlèvement

Suite à l’enquête ouverte par la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ), dans le cadre de l’enlèvement, le 16 octobre dernier de deux jeunes Coralie [23 ans] et Nicolas Moscoso [24 ans] sur la route de Bourdon [membre d’une famille d’un entrepreneur haïtien], une vaste opération policière impliquant a cellule contre l’enlèvement et la brigade criminelle a été déclenchée et permis l’arrestation, lundi après-midi, dans les bureaux de l’entreprise Mazda [Delmas 2], de Clifford Brandt, membre d’une riche famille bourgeoise très connue en Haïti. Suite à son interrogatoire, Clifford Brandt est passé aux aveux et conduit les force de l’ordre, mardi vers de 3 heures du matin, sur les lieux [Pernier] où était séquestré Coralie et Nicolas, qui ont été libéré, a confirmé François Henri Dossou, le Responsable de la cellule anti-enlèvement de la police

Une femme qui était en compagnie de Clifford Brandt, au moment de l’interpellation, et dont l’identité n’a pas été communiquée, a été arrêtée. 4 autres individus présumément liés à ces enlèvements ont également été arrêté au cours de cette opération débutée dimanche. De plus, Réginald Delva, le Secrétaire d’Etat à la sécurité publique a fait savoir que « Des hauts gradés de la police et d’anciens policiers, dont l’ex-inspecteur Edner Comé étaient activement recherché » soupçonné de faire partie d’un réseau de malfaiteurs qui opérait sur tout le territoire national.

Accusé d’implication dans l’enlèvement et la séquestration de Coralie et Nicolas Moscoso, Clifford Brandt, devrait être transféré sous peu au parquet de Port-au-Prince.

Mardi, Réginald Delva, a déclaré « […] l’opération a été lancé véritablement depuis deux jour, n’oubliez pas qu’il y a un enlèvement qui a été fait le 16 octobre dernier, et toute une série d’enlèvements qui ont été fait dans la capitale […] l’opération a commencé vraiment a donner des résultats à partir d’hier [lundi] après-midi […] le plus haut niveau de l’État a été informé de l’opération minute par minute, ce qui a dans un premier temps mené aux arrestations de Monsieur Clifford Brandt et d’un employé suite à des données très claire, qui ont montré l’implication qu’ils ont eu dans ces enlèvement. Ce qui a permis, fort heureusement, à la libération de jeunes qui avaient été enlevé sur la route de Bourdon […]

L’opération est encore en cours, il y a un ancien inspecteur de la police M. Edner Comé, qui est actuellement recherché, je me permet de donner son nom, parce que c’est un individu extrêmement dangereux […] toute les instructions ont été déjà passées pour qu’au niveau de la frontière ils surveille de près les activités […] Je viens de parler avec le Chef de la police, qui a déjà mobiliser ses équipes, car il faut que nous mettions un frein à cette vague d’enlèvements et à ce un réseau, qui a plusieurs années d’activité […] nous avons retrouvé des documents importants, il y avait une liste de personnes, que ce réseau planifiait d’enlever et pas des moindres […] le travail qui est commencé ne va pas s’arrêter, cela va aller jusqu’au bout, jusqu’à ce que nous trouvions la racine de ce réseau… »

De son côté, Frantz Lerebours, le Porte-parole de la Police Nationale d’Haïti a précisé « […] hier la cellule contre l’enlèvement et la brigade criminelle se sont rendus dans l’entreprise de Clifford Brandt, il l’ont arrêté, parce qu’ils ont trouvé sa trace dans l’enlèvement […] cela a permis que les personnes enlevées, soient libéré rapidement, parce qu’il a collaboré […] tout est une question de renseignements, de filatures, de surveillances etc.. ça ne se passe pas toujours comme ça, mais c’est la meilleure méthode […] nous fournirons d’autres informations à la presse, dans la mesure du possible, vu que c’est une enquête criminelle […] »

Maître Calixte Delatour, l’avocat de Clifford Brandt, s’est indigné de l’absence de notification des motifs de l’incarcération, rappelant qu’en droit, en Haïti un enlèvement n’est pas un kidnapping [dans ce dernier il y a demande de rançon]. Me Delatour a rejeté toutes les allégations, qui font état d’une quelconque demande de rançon de la part de son client. Tout en reconnaissant que son client avait agit de mauvaise manière dans cette affaire, il affirme que Clifford Brandt, n’est pas impliqué dans un kidnapping, mais dans un enlèvement qui serait lié a un règlement de compte [entre entrepreneurs].

Affaire Clifford Brandt-Morosco, les précisions de la PNH
http://www.haitilibre.com/article-6989-haiti-justice-affaire-clifford-brandt-morosco-les-precisions-de-la-pnh.html

HL/ HaïtiLibre

http://www.haitilibre.com/article-6989-haiti-justice-affaire-clifford-brandt-morosco-les-precisions-de-la-pnh.html

Un autre article à lire pour bien saisir l’actualité des bourgeois en haiti

« …Members of the elite are now contemplating a sort of ‘final solution’ that amounts to little less than a strategy of open warfare – the use of foreign and domestic troops to kill off the poorest of the poor, pure and simple »

« The poverty in places like Citè Soleil is a direct result of the neo-liberal reconfiguration of the Haitian economy that began in the late 1970s – the result of what many Haitians call the « death plan ». The US and the Haitian elite believe that they can manage the consequences of this plan by sending foreign troops to police the neighbourhoods populated by those that suffer the worst of its effects. They think they can control rising levels of poverty by shooting at the poor. The US and the Haitian elite believe that they can manage the consequences of this plan by sending foreign troops to police the neighbourhoods populated by those that suffer the worst of its effects. They think they can control rising levels of poverty by shooting at the poor. In Haiti as in various other parts of the world ( Darfur , Sierra Leone , Somalia …) they use the UN to put out the fire, without considering who started it. They do everything possible to avoid the obvious conclusion – that this poverty, and the violence that accompanies it, is a direct consequence of the neo-liberal plan itself. The only way to reverse it is to put a stop to the plan and undo its effects.

« In places like Haiti and much of Africa, the great imperial powers use the UN as humanitarian fire-fighters, but they never identify, let alone prosecute, the neo-liberal arsonists. They never ask why social divisions have become so intense, why the levels of poverty are now so extreme, why people are so desperate that they prefer to fight, rather than starve. »… » (Excerpted from Interview with Ben Dupuy by Peter Hallward, Feb. 16, 2007)

*
***

« …These poor people are being punished because they have the audacity to hold a huge MIRROR to the face of hypocrites who come to lecture them about democracy with machine guns in their hands….It is a KNOWN FACT that the POLICE IS A CORNESTONE OF THE KIDNAPPING INDUSTRY. » Jean (Jafrikayiti) St. Vil speaking out on the December 22nd Massacre in Site Soley, Dec. 30, 2006

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« ….Comme industriel ils se contentent de se lancer dans la sous-traitance. Ils prennent des contrats ou des sous-contrats des multinationales. Ils font crever nos ouvriers pour un salaire tuberculeux qui est 4 à 5 fois inférieur au salaire prévu dans le compte d’exploitation… » (Une bourgeoisie déracinée! par Jean Erich René, Feb. 20, 2008 )

 
DOSSIER CRITIQUE # 2

La Bourgeoisie Haitienne: Une Bourgeoisie Mediocre, par Placius Jean Alexis, November 14, 2007| Source: e-mail
(Photos)

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<< HaitiCritiques >> dans le cadre de ses analyses et ses critiques sur tout ce qui se passe et se fait dans la société haïtienne, vous fait part de ses réflexions sur la bourgeoisie haïtienne. Souvent, on se demande quelle image vient à l’esprit lorsque l’on parle de la bourgeoisie haïtienne ? Pour beaucoup, c’est irrévocablement celle d’une bourgeoisie entièrement passive et médiocre qui surgit.
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Dans bien de pays, la notion d’élite économique est souvent employée d’une manière pratique, déterminant la Bourgeoisie comme étant l’une des principales bases sur laquelle repose la structure économique. Elle contribue à l’action historique par son poids dans l’ensemble du processus de prise de décisions et dans les actions économiques à l’intérieur de leur société.

Mais en Haïti, l’image de la modernité bourgeoise que reflètent les pays développés est quelque peu illusoire. La bourgeoisie telle qu’elle s’est développée dans ces pays a pu, tout en renforçant sa propre puissance, élaborer une idéologie. Contrairement à la notre, c’est une bourgeoise dynamique, instruite qui a réussi pleinement son entreprise d’accumulation de capital et a donné à leur nation un minimum de prospérité.

Sur ce point, il est normal de dire qu’en Haïti il n’existe pas de véritable bourgeoisie, mais plutôt une sorte de petite caste aux dents longues, avide et vorace, dominée par l’esprit unique de profit venant de leur petit commerce. Le jour où un gouvernement s’arroge le droit d’exiger d’elle de payer des taxes – le jour où leurs intérêts mesquins sont menacés, ne soyez pas étonné si vous voyez ces bourgeois dans les rues de Port au Prince, au milieu de quelques manifestants naïfs, brandissant énergiquement leurs pancartes avec des slogans on ne peut plus nationalistes pour demander le départ de ce dit gouvernement. Ils seront prêts à vous proposer des réformes de tout genre, et même un contrat dit Social dans le but de feindre de faire quelque chose de bien ou de sérieux.

En fait, où est donc passé le fameux «Groupe 184» avec son contrat social décrivant ses prétentions de vouloir : refonder la société, bâtir un nouvel état, combattre la discrimination et l’exclusion, développer le pays, lutter contre la misère, sauvegarder l’environnement, définir d’autres repères pour Haïti, démocratiser le savoir et combattre l’ignorance?

Toutes ces idées se sont volatilisées, une fois que les technocrates ont pris le pouvoir après le départ de Jean Bertrand Aristide et leur ont donné tout ce qu’ils désiraient; une fois la course au pouvoir terminée, André Apaid Junior et ses acolytes (Charles H. Baker, André J. Lafontant, Yannick Lahence ect.) enlèvent tous leurs pions sur l’échiquier politique et social du pays.

De là, on peut se demander : A quoi sert cette bourgeoisie? La phase bourgeoise dans l’histoire d’Haïti n’est-elle pas une phase inutile? Avec elle, Depuis plus d’un demi-siècle il n’y a jamais eu une vraie croissance économique durable, à chaque fois il faut tout reprendre et repartir à zéro.

L’économie nationale est aujourd’hui, littéralement dirigée; le budget est alimenté à plus de 60% par des prêts et des dons provenant de la coopération externe. Cette bourgeoisie n’arrive même pas à arracher de l’occident ses concessions spéculatives : investissements intéressants pour l’économie, mise en place de certaines industries.

De plus parce qu’elle est crispée dans ses intérêts immédiats, parce qu’elle ne voit pas plus loin que le bout de ses ongles, elle se révèle incapable d’édifier la nation sur des bases économiques solides et fécondes. Cette Bourgeoisie est tout à fait médiocre dans ses réalisations aussi bien que dans sa pensée et tente de masquer cette médiocrité par des constructions prestigieuses à l’échelon individuel à Pétion Ville, Belle Vil, Vivi Michel et autres ainsi que par des voitures flambants neuves valant plus de 60 mille dollars usd, par des vacances en Europe et des week ends aux bords des plages.

Il n’y a rien de plus écœurant que de les voir, tôt le matin, (descendre) dans leurs entreprises situés autour des orgies de boue, de détritus et, retourner chez eux, dans l’après-midi, dans leur univers de confort et de luxe. Nous admettons qu’à l’intérieur de leurs voitures climatisées ils ne peuvent pas prendre l’odeur infecte de certaines zones de la capitale, mais nous nous demandons : qu’est ce qui peut bien les empêcher de voir la fresque dépravante et laide de la capitale?

Le fait qu’elle soit bornée dans ses idéologies, et parce qu’elle est fermée sur elle-même, coupée du peuple, minée par son INCAPACITÉ CONGÉNITALE à penser à l’ensemble des problèmes en fonction de la totalité de la nation, la bourgeoisie Haïtienne reste passive et continue à assumer son petit rôle de négociants et de gérants d’entreprises et d’industries familiales dans lesquelles elle exige des ouvriers, pour 85 gdes/jrs, un travail énorme au nom bien sur de l’effort national.

Les bénéfices énormes qu’elle empoche, compte tenu du revenu national, ne sont pas réinvestis, tandis que de leur coté le prolétariat des villes, la masse des chômeurs, les petits artisans continuent à mourir de faim, le peuple stagne lamentablement dans une misère insupportable.

Elle s’en fout complètement et continue par tous les moyens, corruption comprise, à annexer à son profit la totalité des richesses du pays, enrichissement scandaleux, rapide et impitoyable.

On a une bourgeoisie en esprit, caractérisée par leur petit nombre, leur concentration dans la capitale et leurs ACTIVITÉS DE PETIT NÉGOCE, on ne trouve pas en son sein ni d’industriels, à proprement parler, ni de financiers.

Elle n’est pas orientée vers la production, l’invention, la construction et le travail, elle est entièrement canalisée vers des activités intermédiaires. Etre dans la combine, telle semble être sa vocation profonde.

Certaines familles bourgeoises haïtienne, en exemple, la famille Brandt avec Fritz et David (incarcérés depuis plus de deux mois pour fraude douanière), ne trouvent pas suffisants les bénéfices démesurés qu’elles ont soutirés de l’exploitation du peuple haïtien, se plongent à fond dans la corruption pour augmenter plus grandiosement le capital familial.

Peut-on imaginer le nombre de temps qu’elles ont à patauger dans ce circuit ? Peut-on compter le nombre de famille bourgeoise haïtienne qui fonctionne dans ce circuit de contre bande et de corruption pour amasser facilement l’argent de l’état en l’occurrence celui de peuple haïtien ? On n’en saura jamais ! Par son comportement, la Bourgeoisie haïtienne rappelle les MEMBRES D’UN GANG qui, après chaque Hold Up, partagent le butin avec ses coéquipiers et leurs familles en préparant sagement la retraite.

Vilfredo Pareto dans « le traité de la sociologie Générale » a fait une distinction entre l’élite gouvernementale et l’élite non gouvernementale mais ce qu’il a appelé l’élite non gouvernementale n’en est pas moins que l’autre une élite de pouvoir.

Notre bourgeoisie ne détient pas, certes, d’autorité politique, mais elle exerce un pouvoir sur d’autres secteurs, notamment dans le domaine économique ; elle exerce aussi une influence considérable sur les décisions que prennent nos dirigeants, sans toutefois, détenir de postes d’autorité et sans avoir de pouvoir reconnu, décrivant son attitude, depuis plus d’un siècle, à pratiquer une politique de doublure.

C’est à la fois la misère du peuple et l’enrichissement désordonné de la caste bourgeoise, son mépris étalé pour le reste de la nation qui durcisse nos réflexions et nos attitudes.

Aujourd’hui, par craintes ou pour bénéficier de leurs faveurs certains ont tendance à cautionner l’entreprise de cette caste et ferment les yeux sur leur insolence, leur incapacité, leur ignorance, leur médiocrité et leur immoralité foncière. Tandis que dans le pays la plus grande misère continue à côtoyer la plus grande richesse.

Cette dernière qui consiste pour cette BOURGEOISIE RAPACE une sorte de carapace qui l’empêche de voir le calvaire et la souffrance qui l’entoure. Mais, par-dessus tout ON GARDE L’ESPOIR; l’espoir que cette dite bourgeoisie se justifie, l’espoir qu’un jour, elle contribue par sa puissance économique à édifier une nation au lendemain meilleur, à créer des conditions de développement d’un prolétariat important, à industrialiser l’agriculture, à réaliser des investissements importants pour une croissance continue, un développement durable, et rendre possible enfin, une authentique culture nationale.

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