Le Vrai Discours Actuel de Hermann Cebert

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LA Proclamation de l’Indépendance de HAYTI par Jean-Jacques Dessalines


independance Acte original

Document

No 34212 Vendredi 2 – Jeudi 8 avril 2010 pour l’histoire

Document pour l’histoire

L’original de l’acte

de l’Indépendance d’Haïti

enfin retrouvé !

Elle n’en finira pas de surprendre et d’émouvoir cette Haïti !

Au moment où le moral du patriote est au degré zéro face à la

déchéance nationale et à l’abdication monumentale des élites

au regard de leurs responsabilités historiques, il y a toujours

un événement qui survient pour lui donner de l’allant et du tonus.

La découverte par une étudiante canadienne de l’original imprimé

de la Déclaration d’Indépendance d’Haïti aux Archives

Nationales de la Grande Bretagne ne peut que redonner du

sens à notre histoire par ces temps de déconstruction des

symboles et de déréliction. Julia Gaffield fait des études de

doctorat en histoire à l’Université Duke en Caroline du Nord.

Elle s’intéresse à la naissance de l’Etat d’Haïti. Après Portau

Prince, ses recherches l’ont conduite à la Jamaïque puis à

Londres. C’est là qu’elle a pu déterrer, en février dernier, le

document tant recherché, sans y avoir été vraiment le chercher

spécifiquement, et que les historiens haïtiens croyaient

définitivement disparu.

L’acte retrouvé, l’unique copie originale à avoir jamais existé,

dit-on à l’envi, témoigne de l’attachement de nos pères

en la patrie aux idéaux de liberté et de dignité de peuple. Il

dit aussi l’échec troublant et le naufrage du projet national

haïtien tel que conçu par ces braves. Depuis le séisme du 12

Janvier, nous mesurons l’ampleur des dégâts liés à nos errements

dans notre cheminement en tant que « nation » indépendante

depuis le début du dix-neuvième siècle. Deux

siècles de gâchis managérial et de dilapidation de ce précieux

héritage que nous ont légué au prix de leur sang, les Dessalines,

Christophe, Pétion et autres. Aujourd’hui, Haïti est en

mille morceaux, schizophrénique, comme sortie d’un roman

de Lyonel Trouillot. Son drapeau, en berne ! Son peuple, endeuillé

et dans les limbes ! L’avenir est illisible.

Et notre passé glorieux renaît ! Au moment où l’on s’y attendait

le moins, avec son aréopage de brillants esprits et

d’hommes hors du commun dévoués à une cause qu’ils plaçaient

au-dessus de leurs personnes et qu’ils inscrivaient

dans l’intemporel. Comment l’Acte de l’indépendance a-telle

pu atterrir en Grande Bretagne ? Des historiens américains,

spécialistes d’Haïti à l’Université Duke, soutiennent

que c’est Dessalines lui-même qui aurait fait parvenir la seule

copie imprimée aux Anglais. Si c’est vrai, pourquoi une telle

décision ? Pour le protéger de toute mise à sac par les Français

des Archives officielles de la nouvelle République en cas

d’une nouvelle tentative de reconquête de leur ancienne colonie,

vu l’intérêt des Anglais dans la sauvegarde de l’indépendance

d’Haïti ? Les passionnés d’histoire et autres professionnels

du domaine ont de quoi agrémenter leurs discussions.

Dans tous les cas, le document a été bien au repos chez les

Anglais pendant deux cent six ans ! Loin des turbulences haïtiennes

et des politiques de terre brûlée qui ont emporté une

grande part de nos archives historiques !

La découverte de l’étudiant réalisée, il y a lieu quand même

de s’interroger sur les méthodes de recherche des historiens

haïtiens et étrangers intéressés à la geste héroïque de 1804.

L’historiographie haïtienne accuse un déficit de sources primaires

assez déroutant. Trop de marges laissées aux déductions,

aux interprétations ou aux extrapolations faites à partir

de sources secondaires. Les recherches ethnographiques exigent

la patience de l’archéologue. Du temps. Et des ressources

financières qui font souvent défaut aux chercheurs dans des

sociétés pauvres comme Haïti.

Après tout, c’est aussi ça l’histoire, l’effort de comprendre,

d’expliquer et de reconstituer le passé avec les moyens du

bord. Notre décision au Matin de publier les huit (8) pages

enfin retrouvées de notre Déclaration d’Indépendance, telles

qu’elles ont été rendues publiques par les Archives Nationales

de la Grande-Bretagne, participe de ce même effort de déchiffrement

et d’exposition du passé. Puissent ces pages inspirer

les patriotes haïtiens dans l’oeuvre de refondation de leur

Patrie défaite !

Eurêka !

par Daly Valet

A

Document pour l’histoire

Vendredi 2 – Jeudi 8 avril 2010 No 34212 B

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Les Chiffonniers de l’Éxil par le grand Poète et Disert Hayssien (Haiti) Anthony Phelps


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Témoignage

Par Anthony Phelps

À propos des Rencontres québécoises en Haïti

Document soumis à AlterPresse le 29 avril 2013

Des circonstances indépendantes de ma

Témoignage

Par Anthony Phelps

À propos des Rencontres québécoises en Haïti

Document soumis à AlterPresse le 29 avril 2013

Des circonstances indépendantes de ma volonté m’empêchent d’être présent aux Rencontres québécoises qui se dérouleront du 1 er au 8 mai 2013, en Haïti. Il me semble cependant important d’apporter mon témoignage sur le rôle que nous avons joué, Serge Legagneur, Gérard V. Étienne, Roland Morisseau et moi-même,  dans la naissance de la littérature haïtienne en exil, au Québec.

Des figures importantes de la littérature québécoise ont accompagné ma découverte du Québec.

En 1951, alors étudiant en chimie aux États- Unis, j’ai reçu de la poète Rina Lasnier, avec qui j’étais en correspondance, une invitation à visiter le Québec. Ce fut le coup de foudre pour la Belle Province. Un an plus tard, j’abandonne mes études de chimie, et retourne à Montréal  pour m’inscrire à l’École des Beaux Arts.

C’est à cette époque que je rencontre, pour la première fois, le romancier Yves Thériault, rencontre marquante pour le jeune écrivain que j’étais. Grâce à Thériault je m’initie à l’écriture radiophonique que je mettrai en pratique lorsque  je fonderai ma propre station Radio Cacique, en Haïti. Thériault me présente à plusieurs créateurs dont Guy Beaulnes, réalisateur à Radio Canada, qui mettra en ondes l’un de mes poèmes, Rachat. Je devais rencontrer également le poète et dramaturge  Pierre Perrault qui n’était pas encore cinéaste.  Il fera un bref séjour à Port au Prince dans les années 60.

Sous la dictature sanguinaire de Duvalier le groupe Haïti Littéraire est créé avec Davertige, Legagneur, Morisseau, Philoctète, Thénor et moi-même. En compagnie de jeunes peintres, et comédiens, nous animons la vie culturelle de Port au Prince. Expositions, pièces de théâtres, lectures de poèmes etc…

À Radio Cacique, avec des comédiens, dont Émile Ollivier, nous réalisons des émissions avec des textes d’écrivains haïtiens et d’écrivains du Québec : Anne Hébert, Alain Grandbois, Pierre Perrault, Yves Thériault.

Ma fréquentation de certains opposants au régime de Duvalier me vaut un séjour dans les prisons du dictateur. Mes deux premiers romans : Moins l’infini et Mémoire en colin-maillard, portent témoignage contre la brutalité inhumaine de la dictature du régime duvaliériste.

À ma libération, je suis contraint de m’exiler, laissant derrière moi : ma famille, mes amis, une vie déjà construite, un pays, source de ma poésie.

En mai 1964, après un bref séjour à Philadelphie, chez mon frère, je m’établis à Montréal à l’invitation de Yves et Michelle Thériault. Pour Thériault il était impensable qu’en tant qu’écrivain francophone, je vive aux États-Unis.

Je pratique la photo, tourne de courts métrages pour les Productions Ville Marie de Thériault. Mes amis écrivains me rejoignent au fur et à mesure : Serge Legagneur, Roland Morisseau , René Philoctète, Gérard Étienne, ainsi que Émile Ollivier et Jean-Richard Laforest. Davertige ayant choisi de vivre à Paris, nous rejoindra quelques années plus tard.

En 1965, installés au Carré Saint Louis, Legagneur, Morisseau et moi, subsistons grâce à de petits boulots. Je décris cette époque dans un autre roman : Les chiffonniers de l’exil, où les personnages raboutent des bribes de souvenirs auxquelles ils ajoutent leurs rêves et désirs et finissent par se fabriquer un pays patchwork qui n’a plus rien à voir avec leur lieu d’origine.

Ce premier groupe d’écrivains haïtiens exilés va créer les Lundis du Perchoir d’Haïti de Montréal. Ils jouent le rôle de passeurs, amorcent les premiers rapports entre les  écrivains canadiens français – qui allaient bientôt se nommer québécois – et leurs confrères d’Haïti.

Les poètes Gaston Miron, François Piazza, Nicole Brossard, Denise Boucher, Juan Garcia, Claude Péloquin, Gilbert Langevin, Raoul Duguay, Paul Chamberland, Michel Beaulieu, Yves Leclerc, Pierre Bertrand sont invités à se joindre à nous, pour des lectures de poèmes.  Miron donne à ce groupe informel le nom de Batèche-batouque.  En Haïti, nous avions l’habitude de faire des lectures publiques de nos poèmes, mais je crois que pour les Québécois ce fut une expérience nouvelle.

Mon poème : Présence, était fort populaire parmi les Haïtiens qui faisaient la cour aux québécoises, en leur murmurant des extraits du poème :

« Voici que je te tiens entre mes bras comme une amphore… »

Il y a eu certains incidents cocasses, entre autre le soir où un poète québécois ivre et prêt à se bagarrer,  nous a lancé : « Vous nous volez nos femmes !.. »

J’avoue que moi j’en ai volé une !

Après l’expérience du Perchoir, les « boîtes à chansons » sont devenues des lieux où lire nos poèmes.

Parallèlement à mon métier de journaliste à Radio Canada, je fais du théâtre, de la télévision et du théâtre radiophonique en compagnie d’Émile Ollivier.

En 1966, je monte ma maison de disques, et enregistre Mon Pays que voici. Suivront plusieurs autres disques, dont des extraits du magnifique poème : Terre Québec, de Paul Chamberland.

Durant ces premières années de notre exil, la littérature québécoise était en plein essor. Les poètes québécois rêvaient d’un Québec indépendant, de notre côté nous étions tournés vers Haïti qui devenait de plus en plus lointaine, nous prenions ancrage dans un milieu différent de notre terre natale.

Dans Points cardinaux, mon premier recueil publié au Québec, en 1966, chez Holt Reinhart Winston, je salue ma terre d’accueil : « Montréal fille de verre, fille d’acier… »

La même année, Michel Beaulieu, de regrettée mémoire, accueillera aux  Éditions Estérel : Textes interdits, de Serge Legagneur, ainsi que : Lettre à Montréal, de Gérard V. Étienne.

Ces trois publications marquent la naissance de la littérature haïtienne de l’exil, au Québec.

En 1971 nous aurons notre première maison d’édition haïtienne en terre québécoise : Nouvelle Optique.  J’y ai publié  deux recueils et un roman.

La revue Collectif Paroles, fondée en 1979 permettra à de nombreux intellectuels haïtiens de l’exil, entre autres : Émile Ollivier, Claude Moise, Cary Hector, de s’exprimer sur la problématique haïtienne.

Suivra la création du CIDIHCA, un centre de documentation haïtienne et caraïbéenne. Ce centre joue un rôle fondamental dans la diaspora haïtienne au Québec. En plus des livres, on y trouve des archives filmées et des documentaires réalisés par Frantz Voltaire, le fondateur du CIDIHCA. De nombreux écrivains haïtiens, tels que Jean Richard Laforest, Roland Paret, y ont travaillé, ainsi que des graphistes, des étudiants.  Le CIDHICA est aussi une maison d’édition qui  publie des auteurs haïtiens et des écrivains d’autres cultures.

Plusieurs éditeurs québécois nous ont accueillis, je ne peux pas les nommer tous, mais citons Le Noroît, où Paul Bélanger a édité Serge Legagneur dans sa prestigieuse collection Ovale. Et où j’ai moi-même publié deux recueils.

Émile Ollivier et moi-même avons été édités chez Leméac.

Par la suite des écrivains de la deuxième génération, ont été édités par Triptyque, Boréal,  Remue-Ménage, Mémoire d’encrier. Cette dernière maison d’édition a été fondée, il y a dix ans, par le poète haïtien Rodney Saint Éloy. En 2007, Mémoire d’encrier a réédité mon recueil : Mon Pays que voici.  En plus de publier des écrivains haïtiens, elle édite des écrivains québécois, et nous a fait découvrir la littérature amérindienne. À l’image du Québec elle s’est ouverte à d’autres cultures : arabe, africaine…

Depuis les soirées de poésie du Perchoir d’Haïti,  un long chemin a été parcouru. En 47 ans d’exil, d’autres voies ont été tracées, de belles amitiés nouées. Aujourd’hui, les écrivains haïtiens invités dans des festivals et colloques, représentent les deux communautés : l’haïtienne d’origine, et la québécoise d’élection. Sans nul doute que ces deux communautés ont encore beaucoup à partager.

Je souhaite de belles découvertes aux écrivains québécois, qui participent à cette rencontre dans mon pays natal.

Nous sommes les Nègres en allés clos de silence et oublieux nous sommes les Nègres transplantés assis à l’ombre des gratte-ciels où le pays d’hier est sans écho Caraïbéens de forte souche et de longue lignée nous parlons maintenant paroles de givre et mots de neige.

(La nuit des invertébrés, extrait de Motifs pour le temps saisonnier, 1976 )

©Anthony Phelps

 


La nécessité d’une approche réaliste à l’égard de la Corée du Nord


English: Klemens Wenzel von Metternich (1773-1...

English: Klemens Wenzel von Metternich (1773-1859), German-Austrian diplomat, politician and statesman. (Photo credit: Wikipedia)

English: This photo provided by the U.S. Depar...

English: This photo provided by the U.S. Department of Defense shows Kim Ok, the 42-year-old former secretary to North Korean leader Kim Jong Il, seated at the far end of a meeting table, center, as U.S. Secretary of Defense William Cohen, left, meets with Jo Myong Rok, second from right, first vice-chairman of North Korea’s National Defense Commission at the Pentagon in Washington in this photo taken Oct. 11, 2000. (U.S. Department of Defense) Category:Images of Korea (Photo credit: Wikipedia)

BERLIN – La tâche qui incombe au monde de répondre aux grondements des canons de la Corée du Nord est d’autant plus difficile que la communauté internationale se heurte à un État appauvri et d’ores et déjà vaincu. C’est en effet dans de telles circonstances qu’il est nécessaire d’agir avec le plus de mesure.

Tout le génie du prince Klemens von Metternich de l’empire des Habsbourg résida dans sa décision, en vue de l’instauration d’un nouvel ordre international à la suite des guerres napoléoniennes, de ne pas pousser une France vaincue dans ses derniers retranchements. Malgré son souhait d’empêcher toute possibilité de résurgence française, Metternich restaura en effet les frontières françaises d’avant-guerre.

Par opposition, comme l’a fait remarqué Henry Kissinger, il aurait été impossible aux vainqueurs de la Première guerre mondiale d’amener une Allemagne défaite à renoncer, ou de l’inciter à accepter le Traité de Versailles. C’est pourquoi, selon cet argument, il leur a fallu imposer au pays un certain nombre de dispositions sévères, dans l’espoir d’affaiblir définitivement l’Allemagne. Nous savons tous ce à quoi cette stratégie a abouti.

John F. Kennedy appartenait à la même veine que Metternich. Pendant la crise des missiles de Cuba, il se refusa à humilier l’Union soviétique ou à l’écraser par une victoire totale. Il choisit plutôt de comprendre le personnage Nikita Khrouchtchev, et accepta de retirer en secret les missiles américains de Turquie et d’Italie en échange d’un retrait équivalent des missiles soviétiques de Cuba. Le pragmatisme de Kennedy nous a sans doute évité une troisième guerre mondiale.

Malheureusement, la Corée du Nord ne fait pas l’objet de telles démarches clairvoyantes d’homme d’État. Face au jeu nucléaire dangereux auquel se risque le pays, on peut se demander ce que serait aujourd’hui la situation si, au cours des 20 dernières années, le problème nord-coréen avait été appréhendé avec la sagesse dont firent preuve Metternich et Kennedy.

Bien évidemment, la Corée du Nord n’est pas la France du début du XIXe siècle, ni l’URSS de 1962. Aux yeux des dirigeants politiques occidentaux (japonais inclus), ce pays n’a jamais représenté beaucoup plus qu’un petit État isolé, dont les échecs économiques n’ont d’égal qu’une propension à évoluer perpétuellement au bord de l’autodestruction. La plupart des dirigeants mondiaux ont toujours préféré ignorer le problème nord-coréen, ne réagissant que ponctuellement dès lors que le régime soulevait un problème de sécurité. Or, compte tenu aujourd’hui des derniers essais nucléaires nord-coréens et de l’amélioration des capacités du pays en matière de missiles balistiques, cette approche n’est désormais plus viable.

Peut-être la meilleure chance de régler le problème à un stade plus précoce se serait-elle jouée immédiatement à la suite de l’effondrement de l’Union soviétique en 1991. À l’époque, Kim Il-sung – père fondateur de la Corée du Nord – se heurta en effet à un effondrement économique, à un affaiblissement de ses forces armées conventionnelles, ainsi qu’à un isolement diplomatique. Dans des entrevues conduites par Asahi Shimbun et le Washington Times en mars et avril 1992, Kim affirma expressément souhaiter établir des relations diplomatiques avec les États-Unis. Mais les dirigeants américains et sud-coréens refusèrent de répondre à l’invitation de Kim. Leurs idées reçues à l’égard de la Corée du Nord les empêchèrent d’admettre une réalité politique en pleine mutation.

Une autre opportunité a été manquée au cours de la dernière décennie. Si la Corée du Nord avait répondu réciproquement, et dans les temps, à la visite à Pyongyang de l’émissaire américain William Perry en mai 1999, la politique d’engagement du président Bill Clinton auprès du Nord aurait peut-être évolué jusqu’à une volonté de normalisation des relations diplomatiques entre les deux pays. Au lieu de cela, le Nord choisit de tergiverser, n’envoyant son vice-maréchal Jo Myong-rok aux États-Unis qu’en octobre 2000, quasiment à la fin du mandat de Clinton. Quelques mois plus tard, le nouveau président George W. Bush entreprit une politique inverse à celle de Clinton à l’égard de la Corée du Nord.

Je me souviens encore, lorsque j’occupais la fonction de ministre sud-coréen des Affaires étrangères, combien il me fut difficile de convaincre les responsables de l’administration Bush de négocier avec la Corée du Nord au lieu de se contenter d’exercer des pressions dans l’attente d’une capitulation du pays. À l’époque, la Corée du Nord procédait au redémarrage de son installation nucléaire de Yongbyon ainsi que de sa production de plutonium, ce qui renforçait son poids vis-à-vis des États-Unis. Un temps précieux fut gaspillé avant le premier essai nucléaire nord-coréen de 2006. Et si Bush modifia quelques mois plus tard sa politique à l’égard de négociations bilatérales avec le Nord, le régime de Kim était devenu beaucoup plus obstiné.

Le comportement nord-coréen est depuis devenu encore plus imprévisible. Le torpillage nord-coréen de la corvette sud-coréenne Cheonan et le bombardement de l’île de Yeonpyeong en 2010 constituèrent des événements sans précédent, et soulevèrent des tensions intercoréennes inédites depuis des décennies. Aujourd’hui, à la suite du troisième essai nucléaire nord-coréen, il semble que nous soyons entrés dans la phase la plus précaire à ce jour, le régime ayant déclaré qu’il ne renoncerait jamais à son option nucléaire. Quelles démarches faut-il alors entreprendre ?

La première option consisterait à dissuader toute agression future au travers de la diplomatie. Mais la possibilité d’une dissuasion diplomatique dépendra de la coopération de la Chine, ce qui nécessite que les intérêts vitaux de la Chine en matière de sécurité nationale soient reconnus. La Chine craint non seulement les conséquences sociales et économiques d’une implosion de la Corée du Nord, mais également les conséquences stratégiques d’une réunification – et en particulier la possibilité de voir l’armée américaine, grâce à son alliance avec la Corée du Sud, obtenir un accès aux frontières de son territoire.

Les simples déclarations américaines selon lesquelles les États-Unis n’auraient aucune intention de jouer la carte d’un tel avantage militaire ne sauraient apaiser les craintes de la Chine. Les dirigeants chinois n’ont pas oublié la promesse formulée par les États-Unis auprès du président soviétique Mikhaïl Gorbatchev selon laquelle la réunification allemande et la transition démocratique en Europe de l’Est ne signifieraient pas pour autant une expansion de l’OTAN vers l’Est. C’est pourquoi un engagement plus concret en matière de sécurité est nécessaire, qui réponde aux inquiétudes profondes de la Corée du Sud. Ce n’est que lorsque sa propre sécurité sera garantie que la Chine sera disposée à s’extraire de la complicité risquée qu’elle entretient avec la Corée du Nord, et qu’elle sera en mesure de mieux contrôler le comportement du Nord.

Mais bien qu’elle soit nécessaire, la coopération de la Chine ne permettra pas à elle seule de résoudre le problème nord-coréen. Une approche globale est nécessaire, qui reconnaisse la rapidité du changement interne au pays, particulièrement dans l’esprit des nord-coréens ordinaires. Pour faire court, les Nord-coréens ne sont plus aussi isolés qu’ils l’étaient autrefois, et ont de plus en plus conscience de leur paupérisation, principalement en raison d’échanges commerciaux plus importants et de connexions plus étroites avec une Chine en plein essor.

Il est nécessaire que ce changement interne soit encouragé, dans la mesure où il s’avérera plus efficace que les pressions externes dans l’influence du comportement du régime. D’un autre côté, un tel encouragement ne doit pas s’effectuer d’une manière qui alimenterait la crainte de la Corée du Nord d’être détruite par des moyens indirects. La récente proposition du président sud-coréen Park Geun-hy de fournir une assistance humanitaire, en dépit de la récente montée des tensions, constitue un pas dans la bonne direction.

La vie des Nord-coréens ordinaires est aussi importante que la sécurité des voisins de la Corée du Nord. Une approche globale est nécessaire, qui soit autant axée sur la dimension humaine que sur la dimension sécuritaire. Reste à savoir si cette approche exigera davantage de clairvoyance et de courage que ce dont sont capables ensemble les dirigeants politiques actuels de Corée du Sud, d’Occident et de Chine.

Traduit de l’anglais par Martin Morel

Yoon Young-kwan, ancien ministre sud-coréen des Affaires étrangères, est actuellement universitaire intervenant à l’Université Libre de Berlin ainsi qu’au Stiftung Wissenschaft und Politik (Institut allemand des affaires internationales et de la sécurité).

Yoon Young-kwa


L’extraterrestre Ata était en fait… Un humain !


Les restes momifiés de ce qui pourrait être un extraterrestre grand d’une quinzaine de centimètres ont fait l’objet d’études approfondies, présenté à la diffusion du documentaire Sirius à Hollywood. melty.fr vous en dit plus…

ata extra terrestre sirius film hollywood recherche humain chili 10 ans

Découvert il y a 10 ans au Chili, l’alien surnommé Ata a alimenté les rumeurs les plus folles sur son origine. Le film Sirius, était annoncé comme le film qui ferait éclater toute la vérité sur l’histoire de la créature, mais les résultats obtenus prouveraient en fait que le spécimen serait… humain « Je peux dire avec une certitude absolue que ce n’est pas un singe. C’est un humain. C’est en tout cas plus proche de l’Homme que du chimpanzé. La créature est âgée de 6 à 8 ans. De toute évidence elle respirait, elle mangeait et son métabolisme fonctionnait. Ce qui nous amène à nous demander quelle était sa taille à la naissance », a annoncé Garry Nolan, directeur du département des cellules souches à l’école de médecine de l’Université de Stanford en Californie.Barack Obama a-t-il un garde du corps extraterrestre ? Retrouvez la réponse sur melty.fr.

« La séquence que nous avons obtenue grâce aux mitochondries nous dit avec quasi-certitude que la mère d’Ata était une indigène du Chili et qu’Ata était de sexe masculin. Si je devais faire une estimation, je dirais qu’il est mort il y a un siècle ». Le documentaire Sirius, qui se concentre principalement sur les restes d’Ata, se penche aussi sur les mouvements populaires actuels qui demandent au gouvernement américain de révéler ce dont il serait au courant en ce qui concerne les extra-terrestres et les technologies alternatives avancées qui pourrait bénéficier à toute la planète.


Rodolphe Jaar Arrêté comme présumé narcotrafiquant à Santo Domingo: Il faudra arrêter les autres conseillers du président Joseph michel Martelly et de Laurent Salvador Lamothe.


 

L’homme d’affaires haitien Rodolph Jaar, arreté le jeudi 25 avril à Santo Domingo, rejette les accusations de trafic de stupéfiants portées contre lui par la Drug enforcement administration (DEA), selon l’ avocat de l’interessé.

Les autorités américaines qui ont accusé M. Jaar, connu sous le nom de “Weskey”, de conspiration, indiquent l’homme d’affaires a facilité l’entrée et la distribution de 5 kilos de cocaïne aux Etats-Unis d’Amérique.

Soulignons que Rodolph Jaar a été présenté devant son juge à Miami le lundi 29 avril, dans le cadre de cette affaire. WPC/LM

Après les Brandt maintenant Rodolphe Jaar Arrêté comme présumé narcotrafiquant à Santo Domingo:

Il faudra arrêter les autres conseillers narcotrafiquants, kidnappeurs, zenglendou, bandits légal du président Joseph michel Martelly et de Laurent Salvador Lamothe.

Arrêté comme présumé narcotrafiquant à Santo Domingo, l’haïtien Rodolphe Jaar bénéficie d’une ordonnance de libération

Fils de l’une des familles les plus fortunées du pays, le suspect, sous la menace d’une extradition, fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la justice américaine pour trafic de cocaïne, selon les services narcotiques dominicains

Publié le vendredi 26 avril 2013

La neuvième chambre pénale du district de Santo Domingo a ordonné vendredi la libération de Rodolphe Jaar, un ressortissant haïtien issu d’une riche famille, arrêté la veille sous l’accusation d’implication dans le trafic de drogue à destination des Etats-Unis.

Répondant favorablement à une demande en habeas corpus du prévenu, la juge Rosanna Isabelle Vàsquez Febrillet a pris cette décision en demandant que soient administrées les preuves du statut de présumé narcotrafiquant de M. Jaar tout en admettant qu’il serait recherché par la justice américaine.

Pour la magistrate, l’émission d’un ordre d’arrestation ou d’extradition constituerait une violation de la constitution dominicaine.

La Direction nationale de contrôle des drogues (DNCD) avait procédé jeudi soir à Santo Domingo à l’arrestation du suspect résidant à Port-au-Prince, mais qui s’était établi momentanément dans la suite d’un luxueux hôtel sur le Malecòn, le grand boulevard de la capitale dominicaine.

« La justice des Etats-Unis accuse M. Jaar de conspiration pour avoir introduit dans ce pays de la cocaïne, selon le mandat d’arrêt 13-20259 délivré contre lui le 18 de ce mois », avait indiqué un communiqué de la DNCD qui coopère étroitement avec l’agence américaine antidrogue (DEA).

Le quotidien El Caribe, qui informe de l’intervention des autorités judiciaires dominicaines dans ce dossier, est resté muet sur la remise en liberté effective ou non de Rodolphe Jaar, issu de l’une des grosses fortunes de la classe d’affaires d’Haïti.

Menacé d’extradition vers les Etats-Unis au moment de son arrestation, l’homme s’était vu confisquer son passeport haïtien, une carte d’identification et une carte de résidence dominicaines ainsi que 60.000 pesos et quelques centaines de dollars.

Vendredi après-midi, il était encore détenu dans la prison préventive de la DNCD en attendant son départ du territoire voisin.

La République Dominicaine et Haïti apparaissent chaque année sur la « liste noire » du Département d’Etat comme pays de transit qui seraient responsables de l’arrivée de tonnes de cocaïne aux Etats-Unis, l’un des principaux pays consommateurs au monde. spp/Radio Kiskeya


les députés ont voté à l’unanimité la loi sur la création de l’académie du créole haïtien, le 23 avril 2013.


P-au-P, 25 avril 2013 [AlterPresse] — Après la décision positive et unanime du Senat le 10 décembre 2012, les députés ont voté à l’unanimité la loi sur la création de l’académie du créole haïtien, le 23 avril 2013.

Mais cette « bonne nouvelle », accueillie avec « enthousiasme » par le « comité d’initiative de l’établissement de l’académie du Créole haïtien » et d’autres acteurs n’est qu’un « premier pas » pour matérialiser ce vœu constitutionnel.

Dès 1987, la constitution haïtienne dans son article 213 [213, 214-1 dans la version amendée] a exigé la création d’une académie haïtienne avec pour mission « de fixer la langue créole et de permettre son développement scientifique et harmonieux ».

Un comité d’initiative a été formé. Il est composé de l’Université d’Etat d’Haïti (Ueh) ; du Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (Menfp) ; du Ministère de culture ; de la Secrétairerie d’Etat pour l’alphabétisation ; la Faculté de linguistique appliquée (Fla) de l’Ueh ; la Confédération nationale des vodouisants et vodouisantes haïtiens (Knva en créole) et la Société d’animation et de communication sociales (Saks, en créole).

Un grand pas

Fritz Deshommes, vice-recteur à la recherche de l’Université d’Etat d’Haïti (Ueh) et membre du comité d’initiative interprète ce vote unanime dans les deux chambres comme « l’expression d’une prise de conscience de la problématique de notre langue nationale par les parlementaires ».

Pour sa part le professeur Guy Gerald Menard, coordonnateur administratif de la faculté des sciences humaines (Fasch) se réjouit du « vote qui va permettre de mettre en place cet outil nécessaire tant pour le pays que pour sa langue ».

En campagne pour ce poste, Menard avait préconisé la rédaction, la publication des notes administratives et académiques en créole et en français et l’encouragement de publications scientifiques en créole dans l’espace facultaire.

Pour le moment, Lanbi AKP de l’Asosyasyon kominikatè ak kominikatèz popilè (AKP) est la seule des deux revues scientifiques de la Fasch à être produite complètement en créole.

Claude Pierre, linguiste et professeur à l’Ueh comme Evrard Jean Charles, communicateur social et militant de l’Akp, croient que c’est un « pas considérable qui vient d’être franchi mais il reste beaucoup à faire ».

Beaucoup de chemin à parcourir

D’abord, il faut attendre que le président de la république promulgue la loi dans le journal officiel, Le Moniteur. Aussi, certains semblent se croiser les doigts pour que l’exécutif n’ait pas d’objections.

Même si Deshommes ne voit « aucune raison valable pour que l’exécutif ait une quelconque objection » en se basant sur l’utilisation du créole dans les discours officiels et les conseils des ministres ou de gouvernement télévisés, il sait que « la promulgation n’est pas automatique ».

Claude Pierre pour sa part ne manque pas d’optimisme mais mesure déjà les tâches qui demeurent.

Il s’agit notamment de l’obtention des moyens de fonctionnement, l’inscription dans le budget de la république, la mise en place des organes prévus ainsi que la « conscientisation de la population sur l’importance de l’existence d’une telle institution », souligne t-il.

D’ailleurs seuls 9% d’Haïtiens et Haïtiennes savent écrire correctement leur langue maternelle, regrette Pierre.

Aussi exige-t-il la priorité au Créole dès les premières années de scolarisation de l’enfant haïtien en précisant que « les langues ne doivent pas se battre. Haïti étant situé à un carrefour des langues, tout Haïtien, toute Haïtienne doivent pouvoir parler Créole, français, anglais, espagnol et plus ».

La mission de l’académie

Comme institution « étatique, autonome, indépendante à couverture nationale », l’Académie du créole haïtien est à caractère administratif, culturel et scientifique.

L’académie doit entre autres « faire le nécessaire pour encourager la production dans la langue créole ; encourager les expériences populaires dans la découverte, la création, la production tant orale qu’écrite en créole ; travailler et veiller à des relations équilibrées dans l’utilisation des langues par les institutions dans la société ; travailler pour la publication des documents officiels en créole par les institutions étatiques »

Cette institution a la mission également de proposer des canevas d’utilisation de la langue créole en communication publique, d’encourager des travaux de développement d’outils linguistiques tels grammaires, dictionnaires, lexiques en créole dans tous les domaines.

En tout cas, si le vice-recteur Deshommes croit qu’avec la création de l’académie « L’administration publique, la justice, l’Etat en général et la science doivent parler créole », le collectif des étudiants haïtiens en linguistique appliquée (Cehla) met en garde contre « une académie qui va pratiquer une linguistique de cabinet ».

Paul Molès, coordonnateur du Cehla estime qu’historiquement une académie a sinon freiné surtout compliquer l’évolution de la langue.

« C’est une démarche normative et non linguistique », précise Molès.

Toutefois comme pour rassurer, Fritz Deshommes explique que l’académie du créole haïtien ne sera surtout pas un « copier/coller » de l’académie française. [efd kft gp apr 26/04/2013 00:30]

http://www.alterpresse.org/spip.php?article14452


les 50 ans du massacre du 26 avril 1963, orchestré par le régime du dictateur François Duvalier


La conférence a eu lieu à la Fondation Connaissance et Liberté (FOKAL), qui a également organisé une exposition de photos des victimes de cette grande opération répressive. (Voir ici le programme de la journée de commémoration)

Danièle Magloire, présidente du Comité contre l’Impunité, qui regroupe les victimes du régime, a également pris part à la conférence, en présence notamment de la Protectrice du Citoyen, Florence Élie, des parents et proches de victimes et de nombreux jeunes.

Retraçant le parcours sanglant du régime dictatorial de Duvalier, Soukar a catégoriquement réfuté la thèse de ceux qui évoquent « la prescription » pour tenter de soustraire Jean-Claude Duvalier, successeur de son père en tant que président à vie, de la justice.

Avis partagé par Danièle Magloire, qui en même temps part en guerre contre le négationnisme. « Par éthique, Duvalier à droit à une défense », reconnaît-elle. Mais « nier les crimes qui se sont produits est inacceptable », s’insurge la défenseure des droits humains.

Ainsi, ajoute-t-elle, si les avocats peuvent défendre leur client, ils ne sauraient en aucun cas « injurier les victimes (comme le font les défenseurs de Duvalier) et méconnaître les faits ».

Dans l’affaire Duvalier, poursuivi en justice pour crime contre l’humanité et détournement de fonds, les avocats ont eux-mêmes aussi un « devoir d’éthique ».

Le 26 avril 1963 rappelle le massacre de plusieurs familles notamment de militaires, soupçonnés d’implication dans une tentative d’enlèvement de Jean-Claude Duvalier.

Lors de ce vaste carnage, des maisons avaient été incendiées avec leurs occupants, des enfants enlevés, des familles entières arrêtées, torturées, tuées et disparues.

Duvalier se noie dans le crime

 A propos du contexte de l’époque, Soukar explique que 1963 est une « année qui s’annonçait très mouvementée », au cours de laquelle Duvalier tente d’établir définitivement son régime autoritaire.

Il se sert bien de problèmes avec Clément Barbot, un chef militaire emprisonné, remis en liberté, mis en résidence surveillée, qui s’est échappé et qui déclenche une guérilla urbaine.

En pleine guerre froide, alors que Duvalier reçoit des pressions d’une aile de l’establishment américain et est mal vu du voisin dominicain, le 26 avril « il fonce » et « tire sur tout ce qui bouge ».

À partir de ce moment, raconte l’historien, Duvalier se noie dans le crime au point de reconnaître lui-même « qu’il ne sortira du palais que pour aller au cimetière ».

Récidive en 1964 à Jérémie (Sud-ouest), où à nouveau, « il arrive (comme le 26 avril 1963) à assassiner des bébés ».

Parallèlement, une répression sauvage sévit en milieu paysan, particulièrement dans l’Artibonite (Nord), ou les terres des agriculteurs sont systématiquement confisquées. La répression syndicale bat aussi son plein. Les syndicats sont noyautés et des syndicalistes assassinés.

Le régime qui promeut le noirisme et prétend défendre les intérêts des classes moyennes, bénéficie en fait d’une « alliance avec la grande bourgeoisie contre les ouvriers et paysans », relève l’historien. « Cette grande bourgeoisie mettait ses contacts diplomatiques au service de Duvalier », précise-t-il, et la communauté internationale a joué la carte de la « complicité » en hissant et soutenant au pouvoir « un prédateur ».

Un régime issu de nulle part ?

« Duvalier et le duvalierisme ne sont pas tombés du ciel. Ils sont le produit de cette société » : telle est la thèse de Michel Soukar. Aussi loin qu’on remonte dans l’histoire d’Haïti, il y a eu des massacres… « Mais le pic est atteint avec Duvalier ».

C’est d’ailleurs « dans le sang » qu’il prend le pouvoir lors des premières élections au suffrage universel direct en 1957, dans un contexte de crise économique. Les élections truquées ont lieu suite à la répression sauvage par l’armée des partisans de Daniel Fignolé (rival de Duvalier) dans les faubourgs de Port-au-Prince, où, selon des témoignages, des victimes sont enterrées sans avoir été achevées (« Y al mouri anba »).

Dans le contexte de la guerre froide, de la croisade anti-communiste et de la violence organisée un peu partout en Amérique Latine, les Américains appuient Duvalier, « habité par la mégalomane, la paranoïa et la folie suicidaire ».

Il crée sa milice, les Volontaires de la Sécurité Nationale, appelés encore les « Tontons macoutes ». « Vous êtes sauvages, je vous aime sauvages », leur répète Duvalier, seul maître reconnu par ce corps qui « rivalise avec les services secrets et supplante l’armée ».

Après le massacre de 1963, « le macoutisme devient le banditisme officialisé » et s’installe alors « un système de répression permanente » en Haiti, jusqu’à la révolte populaire de 1986, qui a mis fin au régime sanguinaire de Duvalier père et fils.

Après la chute de la dictature, le 26 avril 1986, les Forces Armées d’Haïti (Fadh) massacreront des manifestants devant le Fort-Dimanche (une prison politique sous le régime), symbole de l’ère Duvalier, non loin du bord de mer de la capitale. [gp apr 26/04/2013 18:00]

Par Gotson Pierre

http://www.alterpresse.org/spip.php?article14458

P-au-P, 26 avril 2013 [AlterPresse] — Le Comité de commémoration du 26 avril appelle la population haïtienne à l’accompagner dans l’accomplissement du « devoir patriotique qu’est le devoir de mémoire » lié au massacre du 26 avril 1963, orchestré par le dictateur François Duvalier, père de Jean Claude.

Le 26 avril 1963 rappelle le massacre de plusieurs familles notamment de militaires, soupçonnés d’implication dans une tentative d’enlèvement de Jean-Claude Duvalier.

Lors de cette opération sanglante, des maisons avaient été incendiées avec leurs occupants, des enfants enlevés, des familles entières arrêtées, torturées, tuées, disparues.

« C’est avec une très grande émotion et aussi une profonde humilité que je m’adresse à vous pour honorer la mémoire de nos chers disparus : nos pères, nos mères, nos enfants, nos fils, nos filles, nos frères, nos sœurs et nos amis », exprime l’une des membres de ce comité, Marguerite Bouchereau Clérié, lors d’une conférence de presse à laquelle a pris part AlterPresse, le mercredi 24 avril 2013.

Elle précise que ce devoir de mémoire n’a rien à voir avec la revanche encore moins la vengeance. C’est une pratique de recherche historique pour la connaissance des faits dans leur moindre détail autour du massacre du 26 avril, explique t-elle.

Elle souligne que la pratique du devoir de mémoire vise à « comprendre ce qui s’est passé pour que cela ne se reproduise plus jamais, en d’autres mots comprendre ce qui s’est passé pour empêcher le retour des conditions politiques et sociales qui ont permis l’instauration de ces régimes autoritaires ».

« Il faut nommer les bourreaux et les juger si possible pour qu’ils sachent que la société leur reproche leurs crimes. Il faut aussi célébrer les anges gardiens, ces hommes et ces femmes qui au mépris de leur propres vies sont venus en aide à des victimes ou se sont interposés entre bourreaux et victimes ».

Pour Clérié, dont le père a disparu lors des évènements du 26 avril 1963, le devoir de mémoire est aussi une pratique de support aux survivants, une reconnaissance importante de leurs souffrances passées et présentes.

Quels mécanismes sociaux conduisent des êtres humains à sombrer dans la cruauté dans la barbarie, s’interroge t-elle, avec une pointe d’émotion.

« Il faut éduquer et éduquer en permanence. C’est une manière de forcer une société à voir et à reconnaitre ses pires horreurs. C’est une manière de maintenir présent à l’esprit de tous, les actes de cruauté dont se sont rendus coupables les dictateurs de tous bords et leurs multiples collaborateurs », encourage t-elle.

Pour sa part, la coordonnatrice du Collectif contre l’impunité, Danièle Magloire, rappelle le combat difficile mené en Haïti depuis le retour du dictateur Jean Claude Duvalier (janvier 2011) en vue de faire échec à l’impunité, refuser la banalisation de la dictature et la négation des crimes contre l’humanité perpétrée par les Duvalier.

Elle mentionne les témoignages des plaignants et plaignantes du Collectif depuis février 2013 devant la cour d’appel sur les violations subies et les innombrables exécutions et disparitions des citoyens et citoyennes durant le régime duvaliériste.

Dans cette affaire, le dictateur Jean Claude Duvalier est poursuivi pour crimes contre l’humanité et détournements de fonds.

Elle condamne le comportement des défenseurs, supporteurs et héritiers de Duvalier qui jettent le blâme sur les victimes et insultent la mémoire des milliers de personnes broyées par la machine duvaliériste.

« Si le peuple haïtien n’avait pas fait le 7 février 1986, nous aurions eu droit à un deuxième héritier assumant, comme le premier, le prix du sang, la politique d’anéantissement du pays », avance Magloire pour critiquer le petit-fils de François, fils du dictateur Jean Claude, en l’occurrence François Nicolas Duvalier.

Ce dernier a tenté, sans vergogne, de réhabiliter son grand-père à travers un texte publié dans le Nouvelliste à la veille de la commémoration de la date symbolique du 26 avril.

Soulignant la valeur symbolique de cet événement dans l’histoire d’Haïti, le Collectif appelle à refuser l’oubli, honorer la mémoire des victimes et la résistance et, surtout, exhorte à la « vigilance citoyenne ». [emb kft gp apr 26/04/2013 04:00]