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Les cinq règles de la rhétorique conspirationniste


Par Emmanuel Taïeb

 

 

"The Gunpowder Plot Conspirators", de Crispin de Passe l'Ancien (1605)
 
Le discours conspirationniste ne se désigne pas nécessairement comme «conspirationniste», même s’il développe un argument du complot, parce que le conspirationnisme est socialement et médiatiquement délégitimé (1). Il résiste donc à cette labellisation exogène jugée infamante, se présentant plutôt comme l’analyse politique d’une situation donnée, le plus souvent sous la forme d’une dénonciation véhémente d’une «conspiration», et comme l’auxiliaire d’un peuple auquel il révèle ce qui lui est caché. Le décalage sémantique entre la catégorie analytique et la catégorie pratique est ici extrême, puisque le conspirationnisme se présente en fait comme un anticonspirationnisme.

 

 
Le conspirationnisme ne se donne pas non plus comme un discours prélogique ou irrationnel. Au contraire, il a importé et adapté le discours de la raison et de la science, essayant de produire une contre-expertise sur des enjeux publics, ou tâchant de susciter des controverses sur ses sujets de prédilection. Donc, le conspirationnisme se veut un discours qui entend démontrer et convaincre. Il repose en apparence sur des observations du réel, sur des hypothèses, et sur des résultats. Comme le note Émile Poulat, «l’imaginaire peut déraisonner, mais il raisonne toujours abondamment, avec un souci inlassable de preuves, de citations et d’arguments» (2). Dès lors, où sont les failles de ce discours, comment l’identifier, et pourquoi qualifier un tel discours de conspirationniste ? La réponse à ces questions se fera à la fois d’un point de vue général, et en s’appuyant sur un document ayant circulé sur Internet concomitamment à la campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1) et dénonçant la volonté de puissance de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : une série anonyme de trente-deux diapositives intitulée « Le vaccin de la conspiration », et qui déploie une rhétorique conspirationniste archétypale (3).

1 – Nier la complexité du réel

Premièrement, le conspirationnisme nie la complexité du réel, dont il va proposer une explication univoque et monocausale. Il ne s’embarrasse pas de contre-exemples, et donne à une même cause — l’action d’un groupe d’individus — des effets variés et une puissance capable d’aller contre la volonté des acteurs du monde social. Philippe Corcuff, analysant la tendance au complotisme des travaux sur la propagande de Chomsky, évoque à ce propos « un certain recul théorique des discours critiques », qui substituent l’intentionnalisme d’élites économiques et médiatiques à une perspective sociologique accordant toute leur place aux rapports de force entre et au sein des champs sociaux (4). Dans le cas du diaporama « Le vaccin de la conspiration », c’est l’Organisation mondiale de la santé qui tient le rôle du conspirateur principal — le mot «mondiale» pesant ici de tout son poids —, alliée aux laboratoires pharmaceutiques, car, affirme le texte, « l’OMS dispose de l’autorité d’obliger tout le monde dans les 194 pays à se faire vacciner de force en automne, d’imposer des quarantaines et de limiter les voyages ». Alors même qu’en 2004, autour de la possible pandémie de grippe aviaire, c’était l’OMS qui alertait les gouvernements, sous la forme d’une « prophétie de malheur officielle » caractéristique (5), c’est elle désormais qui est dénoncée comme actrice d’un autre malheur, et fait l’objet d’une prophétie de destruction mondiale de l’humanité de type conspirationniste.

 

 
Le discours conspirationniste s’apparente-t-il pour autant à de la manipulation ? La réponse à cette interrogation ne peut qu’être nuancée, au sens où les conspirationnistes croient réellement à l’existence du complot qu’ils dénoncent. Ce n’est pas qu’ils tirent des conclusions fausses, mais ils font reposer les éléments factuels retenus sur des prémisses erronées. Ce mélange du «vrai» et du «faux» est en soi une forme de manipulation du réel. Mais il s’agit moins ici de manipuler pour tromper que de manipuler pour convaincre. Car leur certitude, que les citoyens sont toujours-déjà manipulés, conduit les conspirationnistes à afficher leur répugnance pour toute utilisation de techniques manipulatoires. Pour autant, comme le rappelle Philippe Breton, il y a manipulation quand « la raison qui est donnée pour adhérer au message n’a rien à voir avec le contenu du message lui-même » (6). Si le faible écart entre le fond du message diffusé et l’ambition première de ses diffuseurs peut laisser penser que toute manipulation est absente du discours complotiste, parce que l’adhésion au principe du complot structure le propos même du message, il serait hasardeux de s’en tenir à la «raison» d’adhésion la plus manifeste. Car le discours conspirationniste n’est qu’un élément d’une idéologie politique plus vaste, et ne s’y réduit pas. C’est cette idéologie politique plus globale qui est la «raison» première du discours, comme vecteur et comme médium au-delà de son message propre. La manipulation apparaît quand la raison donnée à l’utilisation du médium s’écarte du contenu du message en circulation. L’ambition du conspirationnisme demeure tout de même que le récepteur du message y adhère en vertu du seul contenu du message et de la révélation qu’il propose. C’est-à-dire qu’il s’arrête au message sans questionner le médium. Par cette toute-puissance du message, le conspirationnisme ne vise pas à désinformer, mais à faire adhérer.

2 – Etablir des corrélations factices

Deuxièmement, le conspirationnisme fonctionne par la corrélation factice de faits ou de discours autonomes. Le conspirationnisme peut ainsi s’appuyer sur des propos divergents qui démontrent que la réalité est camouflée par les comploteurs. Ça a été le cas le 11-Septembre avec l’avion qui s’est écrasé sur le Pentagone, où des témoignages ont divergé sur la taille ou le bruit fait par l’avion, générant immédiatement des théories qui concluaient que la «version officielle» était fausse et qu’«on» voulait nous cacher quelque chose.

Parfois même, un seul fait prétendu ou un seul discours suffit pour accréditer le complot. En 1922, le ministre allemand des Affaires étrangères, Walter Rathenau, est assassiné par des nationalistes d’extrême droite qui considéraient qu’il était l’un des «sages de Sion», car il paraissait en connaître le nombre. En effet, dans l’une de ses déclarations, Rathenau avait parlé métaphoriquement de «300 personnes» guidant les destinées de l’Europe (7).

 

"The Committee of 300", de l'auteur conspirationniste John Coleman
À l’inverse, et le plus souvent, on peut relier entre eux une série de faits dont la convergence jusque-là inaperçue dévoile le complot. Faits réels, invérifiables, ou faux, mis en récit accusatoire, et qui font preuve. Le texte du « vaccin de la conspiration » prétend ainsi que « l’OMS a fourni le virus de la grippe aviaire vivant à la filiale de Baxter en Autriche », qu’ensuite « ce virus a été utilisé par Baxter pour fabriquer 72 kilos de matériel vaccinal en février », et qu’enfin « Baxter a ensuite envoyé ce matériel à 16 laboratoires dans quatre pays sous un faux étiquetage, désignant les produits contaminés comme du matériel vaccinal, déclenchant presque de cette façon une pandémie mondiale ». À elle seule, cette simple incrimination d’un laboratoire —d’autant plus facile à faire que le texte étant sans auteur, il ne saurait y avoir de poursuite judiciaire contre sa source —, entre dans le cadre des controverses scientifiques ou économiques propres au régime pluraliste. Mais le saut qualitatif qu’opère le discours conspirationniste est visible dans l’alliance — financière et surtout criminelle — qu’il prétend dévoiler entre l’OMS et ce laboratoire pharmaceutique. Plus explicite, la dénonciation poursuit : « L’OMS, une agence des Nations Unies, semble jouer un rôle clé dans la coordination des activités des laboratoires, des compagnies pharmaceutiques et des gouvernements, dans l’accomplissement de l’objectif de réduction de la population et la prise de contrôle politique et économique de l’Amérique du Nord et de l’Europe. » En effet, « dans de (sic) cadre des plans pandémiques spéciaux décrétés dans le monde entier, en particulier aux États-Unis en 2005, en cas d’urgence pandémique, les gouvernements nationaux doivent être dissous et remplacés par des comités de crise ». Cette fois, tout est dit, l’ambition de contrôle mondial, et de substitution des gouvernements légitimes par l’OMS est dévoilée. Si dans la suite du tract électronique sont également incriminées l’ONU et l’UE, c’est sur l’OMS et sa présidente, Margaret Chan, dont une photo peu avantageuse est d’ailleurs présentée, que se focalise le propos. Et au sein même de l’OMS sur un petit groupe agissant baptisé groupe «d’élite», qui la financerait et contrôlerait également les principaux médias. Nulle critique des «dominants» ici, sinon imaginaires, et la thèse d’un complot qu’on pourrait qualifier de «médico-industriel» suit le schéma classique de la révélation du groupe de conjurés ou d’initiés qui, en dernière instance, pèse sur les destinées humaines.

De même, il est possible de relier entre elles des déclarations convergentes pour indiquer que les locuteurs participent d’un même complot, et se trahissent en tenant un discours commun. Ce type de corrélations est visible dans certains travaux sur la propagande. À rebours d’une démarche sociologique qui attribuerait la tenue de propos identiques à l’appartenance des énonciateurs à un même groupe social ou politique, à une socialisation identique, ou à une conviction identique, ces travaux considèrent que l’émergence d’un positionnement médiatique jugé dominant est la marque d’une main invisible, ou d’une connivence entre politiques et journalistes, qui imposerait une vision conforme à des intérêts supérieurs, au détriment d’une information fiable. La contagion des idées irait donc ici du gouvernement vers des journalistes formellement libres, dont la fidélité au positionnement du pouvoir n’a pu être implantée dans leur esprit que par une action extérieure concertée (8). La présomption d’un pouvoir occulte capable de contrôler la production politique et médiatique d’une société fournit une analyse intentionnaliste, mécaniciste et complotiste, qui repose sur la vision d’une société homogène qui ne serait traversée ni par des contradictions internes, ni par des résistances à la réception des messages médiatiques ou politiques.

Le conspirationnisme projette donc un monde social fantasmatique où les groupes humains ne sont pas autonomes dans leur pensée, mais manipulés et régis par des puissances extérieures. Il apparaît ici comme une mode de reconduction sécularisée de l’idéologie de la dépossession des actions humaines par une instance supérieure, semblable à celle qu’ont véhiculée historiquement les Églises (9).

3 – Eliminer des vérités irréductibles à la théorie

 

 
Troisièmement, le conspirationnisme fonctionne à l’élimination de vérités irréductibles à la théorie. C’est-à-dire que le conspirationnisme est imperméable à la contre-démonstration, et ne retient que ce qui va dans le sens de la présence du complot. De ce point de vue, le complotisme est virtuellement inarrêtable. Par exemple, l’administration de la preuve philologique que Les Protocoles des sages de Sion sont apocryphes n’atteint pas leurs zélateurs. L’argument de ceux qui résistent étant que ce sont peut-être des faux matériellement, mais qu’ils sont authentiques selon l’esprit (10) ; ou bien que l’on peut éliminer les Protocoles comme texte, mais qu’il y a bien un complot juif mondial visible à l’oeuvre quotidiennement ; ou bien encore que si les Protocoles ne décrivent pas l’actualité, ils sont une prophétie (11). Ce qui compte, c’est la «Théorie», peu importent les quelques points marginaux qui ne la rejoignent pas tout à fait. Sourd à la réfutabilité comme à la falsifiabilité — à propos des rumeurs, Jean-Noël Kapferer se demandait d’ailleurs comment il serait possible de soumettre à un test empirique des récits impliquant le diable (12) —, le discours complotiste entend se prémunir contre tout démontage, au nom de l’importance de la cause qu’il défend, ou de la mise en garde qu’il opère. À la limite, l’absence de faits tangibles, comme la mise à l’épreuve du corpus sur lequel se fonde la théorie du complot, ne parvient pas à empêcher la diffusion du message complotiste ; car c’est bien lui, et l’idéologie qu’il promeut, qui sont premiers (13).

4 – Etablir une structure mythique de l’histoire

 

"La foire aux Illuminés", de Pierre-André Taguieff (Mille et une nuits, 2005)
 
Quatrièmement, le conspirationnisme s’appuie sur l’établissement d’une structure mythique de l’histoire. Les théories du complot reposent en effet sur une vision du déroulement historique selon laquelle le complot est le moteur de l’histoire, et les actions humaines n’y sont jamais accidentelles. Tout ce qui arrive est perçu comme l’effet d’actions intentionnelles. Tout est prévu, tout a été prévu par des agents, et tout obéit à un immense plan caché. Et si tout obéit à un destin programmé, il ne sert à rien d’agir car on ne peut aller contre ce plan. On retrouve là encore la dépossession des actions humaines au profit d’une transcendance ou d’un groupe dominant. Selon Taguieff, en effaçant l’imprévisibilité de l’histoire, le dogme du complot « fournit à bon compte le sentiment de pouvoir maîtriser le présent, prévoir l’avenir et déjouer les pièges du futur, sur la base d’une connaissance supposée des causes profondes de la marche du monde » (14). À cet égard, le conspirationnisme est un historicisme au sens de Popper, puisqu’il accorde à une nouvelle Providence sécularisée la capacité de peser sur les destinées du monde. Selon Popper, la thèse du complot repose sur l’idée que pour expliquer un phénomène social, il faut découvrir ceux qui ont intérêt à ce qu’il se produise. Partir de la fin, en quelque sorte, pour découvrir mécaniquement une intention à l’action qui a produit l’effet observé, même si l’acteur à l’origine de l’action a agi sans intention particulière. S’il tire des bénéfices de l’effet, alors c’est qu’il en est bien à l’origine ; même si une pluralité d’acteurs ont pu agir au même moment que lui. Dans le cas de la pensée de Marx, par exemple, non seulement son matérialisme historique est un historicisme, mais surtout l’idée que le monde social a pris la forme que la classe dominante a voulu lui donner, fait abstraction de l’indétermination du social, et le réduit à une épreuve de force entre groupes opposés. Popper indique que le conspirationnisme est une forme de superstition ou de croyance religieuse sécularisée, dont l’historicisme n’est qu’une modalité (15).

Ce faisant, le complot est un « réenchantement désenchantant » du monde, qui produit deux effets contradictoires. D’un côté, il réenchante sur le mode de la révélation. Malgré la publicité des actions politiques en démocratie, ou à cause d’elle, voire l’impératif de transparence, le besoin reste fort d’accéder à une supposée réalité cachée. La mécanique narrative complotiste repose sur le renversement de l’ordre des choses pour lui substituer un ordre plus conforme aux soupçons que peut nourrir le groupe. Le recours au complot affirme que le monde n’est pas tel qu’il se donne visiblement, même si cette affirmation peut être inquiétante. Les esprits s’apaisent à la révélation du complot (« tout devient clair »), mais ils peuvent aussi s’exalter, car ils croient pouvoir mettre fin au complot par l’action. D’un autre côté, ce réenchantement est en même temps désenchantement : même si on peut découvrir le plan, la puissance de l’ennemi rend fataliste et pessimiste quant à toute capacité d’action humaine ; la dépossession et la réification des acteurs apparaissant totales et irrémédiables.

5 – Identifier les signes du complot

Enfin, le conspirationnisme repose sur une surinterprétation de faits perçus comme autant de signes. Pour les théoriciens du complot, tous les faits sont des signes qui peuvent dévoiler le complot, si l’on parvient à les décrypter correctement et à ne pas s’arrêter à leur apparence. Dès lors, tout est réinterprété dans le sens du complot : une déclaration politique, un geste, un symbole (triangles maçons, étoiles, etc.), ou bien simplement des faits, comme le nombre de doses de vaccin H1N1 commandées par les autorités sanitaires françaises (plus de 90 millions) qui paraît suspect parce que trop massif, ou leur insistance à ce que toute la population soit vaccinée. Dans « Le vaccin de la conspiration », et à défaut de preuves, quelques «signes» anecdotiques sont distillés savamment pour accroître l’étrangeté de la situation. Sans craindre de se contredire d’ailleurs, puisque le texte affirme une première fois que le choix de rebaptiser «grippe A» la grippe d’abord dénommée «porcine» a été opéré par l’OMS « dans une tactique de reconnaissance de son origine artificielle » (l’organisation se trahissant, donc), puis une seconde fois (dans une partie visiblement ajoutée pour un public français) que ce choix a été fait « afin de ne pas froisser les producteurs de porcs ».

Dans tous les cas, la matérialité observable des signes prouve la matérialité inobservable du complot. Si le complot n’est pas visible directement, sa puissance et son échelle font qu’il ne peut rester absolument secret, et qu’il se manifeste sous des formes qu’il faut repérer. L’observation des signes, la transformation de détails en révélateurs deviennent alors le moyen non seulement de voir le complot, mais aussi de devenir initié. Il faut «savoir» trouver puis décoder des signes qui n’apparaîtront pas aux yeux des profanes. Et cette capacité permet de diffuser des informations inédites et donc de bénéficier d’une plus-value journalistique sur le marché de l’information (16). Le groupe des initiés vient alors se superposer au groupe des comploteurs, conduisant à un conflit permanent entre ceux qui veulent éventer le complot et ceux qui veulent le cacher. Ici, le mythe conspirationniste radicalisé constitue une machine à fabriquer des ennemis absolus, voués à être détruits, afin que l’histoire puisse reprendre son cours normal. C’est là que l’imaginaire du complot prend toute sa dimension politique, car, en désignant un ennemi, il procède à l’intégration du groupe des initiés, durcit une opposition eux/nous, et surtout incite à la mobilisation contre le groupe ennemi. Comme le note encore Taguieff, le mythe conspirationniste « fonctionne comme une incitation efficace à la mobilisation et un puissant mode de légitimation ou de rationalisation de l’action, aussi criminelle soit-elle » (17). C’est aussi là que se révèle sa nature apocalyptique, car la lutte entre les conjurés, qui en tendent asservir l’humanité, et les initiés, ne peut être qu’une lutte à mort ; et l’on notera au passage qu’Alfred Rosenberg et Hitler avaient lu littéralement Les Protocoles des sages de Sion, y trouvant matière à leur lutte absolue contre une domination juive mondiale fantasmée (18). Et une lutte pour se prémunir également de la destruction programmée par les comploteurs car, comme l’écrit Paul Zawadzki, « Les Protocoles des Sages de Sion représentent l’un des exemples les plus extrêmes du processus d’auto-victimisation antisémite, qui par la logique d’autodéfense contre une conspiration mondiale légitime d’avance le passage à l’acte meurtrier » (19).

 

 
C’est pour cette raison que le conspirationnisme doit être pris au sérieux, non pas tant dans son fond, que dans sa dimension idéologique et mystique. Car s’il est réenchantement du monde, c’est parce qu’il promet aux initiés d’accéder au monde invisible, pas celui de Dieu dans un univers sécularisé, mais celui de ses vrais maîtres. Et cette révélation est d’ailleurs désormais librement accessible à tous par le biais notamment d’Internet, qui autorise le rayonnement d’informations qui seraient restées confidentielles dans un autre état des structures de la sphère publique. Comme l’écrit Corcuff : « le “complot” s’est démocratisé » (20). Son analyse partage d’ailleurs avec celle des rumeurs d’avoir été saisie concomitamment par plusieurs disciplines scientifiques (21). À la fois parce qu’il s’agit d’un objet en apparence plastique, persistant dans le temps, et capable de nourrir aussi bien des analyses fonctionnalistes que d’autres le considérant comme une tentative d’institutionnalisation d’une idéologie singulière au cœur du jeu politique.

Notes :
(1) Véronique Campion-Vincent, La société parano. Théories du complot, menaces et incertitudes, Paris, Payot, 2005, p. 13.
(2) Emile Poulat, « L’esprit du complot », Politica Hermetica, « Le complot », n°6, 1992.
(3) Le 24 septembre 2013, on trouvait ce document sur : http://www.slideshare.net/blogaujourlejour/le-vaccin-de-la-conspiration-1948411 (posté le 3 septembre 2009). Vraisemblablement traduit de l’anglais, il concerne essentiellement le cas américain, mais au moins une diapositive, sans doute ajoutée pour le lectorat français, et d’ailleurs rédigée dans une police de caractère différente, s’arrête sur la situation française. Sur ce mode « rumoral » et électronique de circulation de chaînes d’alertes, cf. Emmanuel Taïeb, « Persistance de la rumeur. Sociologie des rumeurs électroniques », Réseaux, 106, 2001, p. 231-271.
(4) Philippe Corcuff, « Chomsky et le “complot médiatique”. Des simplifications actuelles de la critique sociale », Calle Luna, septembre 2006.
(5) Francis Chateauraynaud, « Annoncer le pire à l’échelle mondiale. La pandémie de grippe aviaire entre gestion des risques et prophétie de malheur (1997-2007) », Document de travail du GSPR, EHESS, Paris, février 2008, p. 2.
(6) Philippe Breton, La parole manipulée, Paris, La Découverte, 2002.
(7) Pierre-André Taguieff, La foire aux Illuminés. Ésotérisme, théorie du complot, extrémisme, Paris, Mille et une nuits, 2005, p. 185.
(8) On retrouve ce travers dans les écrits d’Anne Morelli, à propos des intellectuels et journalistes soutenant les frappes de l’OTAN sur la Serbie en 1999, qu’elle accuse d’être « engagés aux ordres de l’OTAN », ou de se blottir « sous l’aile protectrice de l’oncle Sam ». Au moins ici, les comploteurs sont identifiés (A. Morelli, Principes élémentaires de propagande de guerre. Utilisables en cas de guerre froide, chaude ou tiède…, Bruxelles, Labor, 2001, p. 71 ; A. Morelli, « Les principes de Ponsonby et la propagande de la République », in D. Rolland, D. Georgakakis, Y. Déloye (dir.), Les Républiques en propagande. Pluralisme politique et propagande : entre déni et institutionnalisation, Paris, L’Harmattan, 2006). Chez Chomsky, le vecteur du complotisme est un plus vague « système » médiatico-économique. Contre cette perspective, cf. Philippe Corcuff, « “Le complot” ou les mésaventures tragi-comiques de “la critique” », Calle Luna, avril 2005.
(9) Marcel Gauchet rappelle ainsi que les sociétés religieuses ont attribué à Dieu le déroulement du temps historique, ont dépossédé les individus de ce qui aurait pu leur revenir, et ont reconduit l’idée d’hétéronomie sans passer à l’autonomie de la volonté humaine (M. Gauchet, Le désenchantement du monde. Une histoire politique de la religion, Paris, Gallimard, 2005, p. 43).
(10) P.- A. Taguieff, op. cit., pp. 62-63.
(11) C’est ce que pense le Times quand il présente les Protocoles le 8 mai 1920. Il les dénoncera comme faux par la suite (Léon Poliakov, La causalité diabolique, tome 2, Paris, Calmann-Lévy/Mémorial de la Shoah, 2006 [1985], p. 339).
(12) Jean-Noël Kapferer, Rumeurs. Le plus vieux média du monde, Paris, Seuil, 1995 [1987], p. 290.
(13) Les études de propagation des rumeurs ont montré que l’importance de la cause à défendre l’emportait sur la véracité du message en circulation. C’est visible dans le cas des « décalcomanies au LSD », rumeur diffusée notamment par la profession médicale, au nom de la lutte contre la drogue (V. Campion-Vincent & J.-B. Renard, Légendes urbaines. Rumeurs d’aujourd’hui, Paris, Payot, 1998, pp. 195-205).
(14) P.-A. Taguieff, op. cit., p. 84.
(15) Karl Popper, La société ouverte et ses ennemis, tome 2, Paris, Seuil, 1979 [1962-1966], pp. 67-68.
(16) C’est typiquement ce que font Thierry Meyssan et le Réseau Voltaire en « vendant » des informations inédites révélant la « vraie » nature des phénomènes observés.
(17) P.- A. Taguieff, L’imaginaire du complot mondial. Aspects d’un mythe moderne, Paris, Mille et une nuits, 2006, p. 9.
(18) Cf. P.- A. Taguieff, Prêcheurs de haine. Traversée de la judéophobie planétaire, Paris, Mille et une nuits, 2004, p. 674 ; Philippe Burrin, Ressentiment et apocalypse. Essai sur l’antisémitisme nazi, Paris, Seuil, 2004.
(19) Paul Zawadzki, « Théorie du complot », in E. DeWaresquiel (dir.), Le siècle rebelle. Dictionnaire de la contestation au xxe siècle, Paris, Larousse, 2004, p. 902.
(20) Ph. Corcuff, « “Le complot” ou les mésaventures tragi-comiques de “la critique” », art. cit.
(21) Philippe Aldrin, « Penser la rumeur. Une question discutée des sciences sociales », Genèses, 2003/1, n°50.

L’auteur :
Professeur des Universités à l’Université Lyon 2 et à Sciences Po Grenoble, Emmanuel Taïeb a consacré plusieurs articles à l’analyse du conspirationnisme et des rumeurs. Il est l’auteur de La guillotine au secret. Les exécutions publiques en France, 1870-1939, Paris, Belin, coll. « Socio-histoires », 2011.

Ce texte a été adapté de l’article «Logiques politiques du conspirationnisme» paru originellement dans la revue Sociologie et sociétés (Presses de l’Université de Montréal), vol. 42, n° 2, 2010, p. 265-289. Il est disponible en intégralité sur Erudit.org. Merci à Emmanuel Taïeb, à la rédaction de Sociologie et sociétés et aux Presses de l’Université de Montréal de nous avoir autorisé à en reproduire cet extrait ici.

 

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Steven Jones, le  »pétrole haïtien » et les époux Mathurin


En bon théoricien du complot, Steven Jones suggère que le tremblement de terre à Haïti de janvier dernier a été provoqué artificiellement. Washington chercherait à contrôler les « énormes réserves de pétrole » qui auraient été découvertes à Haïti par un couple de « scientifiques » il y a deux ans. Une découverte largement sujette à caution…

Figure incontournable des conspirationnistes du 11-Septembre, Steven Jones doit une grande partie de sa notoriété à la publication d’un texte, co-signé par le chimiste danois Niels Harrit, tentant de démontrer que des traces d’explosifs auraient été retrouvées dans les débris du World Trade Center . Dans les années 1980, le professeur Jones, physicien de formation, s’était improvisé archéologue pour essayer de prouver que Jésus-Christ a visité en personne le continent américain il y a 2000 ans. Proche du journaliste d’extrême droite Christopher Bollyn, Jones a par ailleurs fait part, l’année dernière, de son intérêt pour les chemtrails , autre grand mythe conspirationniste contemporain. Steven Jones vient de récidiver.

 

 

Lors d’une conférence de presse organisée à San Francisco le 19 février 2010 par l’association Architects and Engineers for 9/11 Truth (fondée par Richard Gage ), il a mis en garde son auditoire contre les Kissinger et autres Rahm Emanuel. A l’en croire, les agents du « Nouvel Ordre Mondial » auraient un agenda caché dans lequel seraient inscrits toutes les grandes crises des dernières années, du réchauffement climatique à l’effondrement du dollar en passant par le séisme à Haïti :

« Une autre [crise] à laquelle vous n’avez peut-être jamais songé et que je vais aborder maintenant est Haïti. Maintenant, vous ne pensez pas à Haïti comme à une « crise générée ». Mais saviez-vous que d’énormes réserves de pétrole ont été découvertes dans la baie, précisément dans la zone de Port-au-Prince ? D’énormes réserves de pétrole signalées en 2008 et considérées comme étant encore plus importante que les réserves pétrolières du Venezuela, qui est l’un des plus grands producteurs de pétrole dans le monde. Là encore, s’agit-il d’une crise « naturelle », d’une crise « réelle » ? Ou s’agit-il d’une de ces « crises générées » à la Biden [l’actuel vice-président des Etats-Unis – NDLR] ? C’est ce que je vais aborder pendant l’heure qui vient. Je n’ai pas encore de réponse sûre pour le moment » (voir la vidéo ci-dessous à 8 min. 50 sec.).

Les mots de Steven Jones font clairement écho aux thèses développées sur le web conspirationniste et récemment reprises par des médias officiels vénézuéliens selon lesquelles les Etats-Unis seraient en possession d’une arme secrète permettant de déclencher des catastrophes naturelles telles que des tempêtes ou des séismes.

Jones fait aussi référence à l’expression « generated crisis » (« crise générée »), utilisée par le colistier de Barack Obama, Joe Biden, lors d’un discours public prononcé à Seattle à deux semaines de la fin de la campagne présidentielle de 2008. La phrase de Biden, sortie de son contexte, avait été montée en épingle par une partie de la presse conservatrice américaine, de Fox News à The American Thinker, qui l’avait interprété comme l’annonce d’une manipulation future, allant jusqu’à prophétiser l’avènement d’une dictature communiste aux Etats-Unis (voir ici ).

Quant aux fameuses « réserves pétrolières haïtiennes », Steven Jones s’appuie sur les propos loufoques de deux conférenciers haïtiens, Daniel Mathurin et son épouse Ginette Pérodin Mathurin, rapportés en janvier 2008 par le site MetropoleHaiti.com. Selon eux, Haïti regorgerait d’hydrocarbures : « Une piscine olympique comparée à un verre d’eau, voilà la comparaison pour montrer l’importance des gisements de pétrole haïtien comparés à ceux du Venezuela » ! Las, ces fabuleux gisements de pétrole auraient été secrètement préemptés par les Etats-Unis, qui les auraient déclaré « réserves stratégiques », motif pour lequel ils ne seraient pas exploités…

Depuis plusieurs années, des partisans du président haïtien déchu Jean-Bertrand Aristide, que les Etats-Unis avaient poussé à quitter le pouvoir en 2004, développent le thème d’une conspiration de multinationales américaines qui consisterait à dissimuler délibérément aux Haïtiens l’existence de leurs ressources pétrolières, les maintenant ainsi de force dans la misère et le dénuement. On comprend, dès lors, la raison pour laquelle le nom de Daniel Mathurin a fait le tour du web. Seul problème : rien n’indique que le docteur Mathurin ou son épouse soient qualifiés pour estimer la richesse en or noir du sous-sol haïtien.

Un article du journal haïtien Le Nouvelliste, daté du 17 mars 2008, dresse le compte-rendu d’une conférence à laquelle sont intervenus les époux Mathurin. Il indique que Daniel Mathurin est « médecin interniste » et qu’il se serait « rendu au Canada pour se perfectionner dans le domaine de la fusion nucléaire » (!). Selon la même source, son épouse « a étudié le génie civil à l’Université d’Etat d’Haïti ». L’article ne signale aucune compétence universitaire en géologie ou en sismologie. De la même manière, aucune trace ne peut être trouvée de la moindre publication dans une revue scientifique signée Daniel ou Ginette Mathurin, pourtant fréquemment présentés comme des spécialistes en géologie ou en sismologie. Le Nouvelliste précise simplement que les époux sont les auteurs d’un livre publié en 1994 et intitulé : Le rêve d’Albert Einstein et la super symétrie. A priori, peu de choses à voir avec la prospection pétrolière. Toujours est-il que Daniel Mathurin semble nourrir une véritable passion pour le fantastique, tendance éclectique. Le Nouvelliste écrit :

« Si les considérations du docteur Mathurin laissent de l’espace à de plus larges considérations linguistiques sur l’origine judaïque des langues de la région qui n’auraient aucun rapport à voir avec le continent africain, ses approches au sujet de Christophe Colomb qui connaissait d’où il venait, l’île de Bensalem, dans sa quête de la pierre philosophale ont trouvé l’approbation enthousiaste de l’assistance. (…) A la suite des données avancées par le docteur Mathurin sur la vraie signification de la pierre philosophale, une pile atomique très résistante à des impacts d’astéroïdes qui détruiraient la planète, des précisions ont été articulées sur les sites géologiques haïtiens contenant les richesses du sol qui peuvent produire un appareil supraconducteur pouvant protéger la planète des dangereuses collisions annoncées. A une question au sujet de savoir si l’homme peut réunir aussi le potentiel atomique d’un supraconducteur physique, le docteur Mathurin a avancé des données anatomiques et culturelles pour prouver que le corps humain détient aussi, dans des conditions idéales, les possibilités de télécommunication, de transportation et de défense atomique ».

Reste une question : en définitive, y a-t-il du pétrole à Haïti ? A la page 35 d’un document rédigé par les géologues du Bureau des Mines et de l’Energie de la République d’Haïti en août 2005, on lit : « en dépit de plusieurs campagnes de forages conduites entre 1945 et 1980 dans la plaine du Cul-de-Sac, la plaine de l’Artibonite, le Plateau Central et l’île de la Gonâve, aucun gisement de pétrole n’a été identifié. Cependant, des structures favorables existent. La plus importante est probablement le banc de Rochelois, haut fond du canal sud de la Gonâve qui se trouve en face de Miragoâne ».

 

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Ce que les politiciens et les journalistes de l’extrême droite ne disent pas au Québécois


Depuis les années 1970 le Québec s’est ouvert sur le monde en accueillant des hommes et des femmes de toutes les cultures et de toutes les religions du monde. Ces gens d’ailleurs ont effectivement contribué à l’enrichissement et au progrès du Québec et de tous les québécois en général.

En s’ouvrant au monde par l’accueil des immigrants,  ce qui paraissait choquant d’il y a une cinquantaine d’années comme par exemple des couples mixtes est devenus normal et fait moins d’objet de cuiriosité pour un grand nombre de québécois d’autant que les québécois voyagent beaucoup plus à l’étranger et choisissent souvent de rester vivre dans plusieurs de ces pays visités.

Ainsi à la fois dans les grandes villes et dans les régions éloignées on croise facilement des couples mixtes et des enfants issus de ce mixage faisant en sorte que la grande majorité des familles québécoises en zones urbaines et en zones rurales connaissent au moins quelqu’un dont le fils ou la fille ou encore le père ou la mère qui a une relation familiale incluant un immigrant.

Cette situation bien que réelle et bien que constituant la réalité quotidienne d’un nombre de plus en plus élevé des familles québécoises pourtant elle est eclipsée dans les médias par les politiciens et par les journalistes de l’extrême droite du québec. Certains politiciens et certains journalistes qui prônent l’antimulticulturalisme ou plutôt le repli du peuple québécois sur lui-même refusent d’expliquer au québécois moyen l’apport des immigrants à l’enrichissement du Québec.

En effet ces propagandistes du Québec ethnique qui disent par exemple : Madame, votre foulard, votre voile, cinq minutes… choisissent délibérément de ne pas dire aux québécois que l’immigrant qui travaille comme chauffeur de taxi, comme ouvrier dans les manufactures, comme infirmière, comme agent de sécurité, comme fonctionnaire de la fonction publique, comme ingénieur cadre etc a grandi dans un pays étranger, a été éduqué par un autre pays et le québec n’a pas dépensé un sous dans son éducation et qu’il a passé toute une batterie de tets médicaux pour arriver au Québec en très bonne santé.

Les politiciens et les journalistes qui veulent un québec pure-laine savent pourtant que le Québec dépense en moyenne plus de huit cents milles dollars pour grandir un jeune québécois de zéro à dix huit ans et malgré tout rien ne dit que ce jeune québécois pure-laine terminera vraiment ses études ou ne deviendra pas un délinquant pour la société.

En revanche, la grande majorité des immigrants qui arrivent au Québec arrivent avec un diplôme universitaire et surtout, ils sont immédiatement prêts à commencer à travailler pour supporter financièrement les fonds de retraite dont ils ne sont même pas sûrs de profiter.

Cependant malgré leur préparation académique et leur capacité physique, ils sont discriminés et ils ne sont pas reconnus de façon systématique. Par ailleurs si par hasard ils décident de retourner aux études, là encore ils risquent de faire face à d’autres formes de racisme structurel qui risquent de les pénaliser davantage ce à cause de leur origine, à cause de leur nom.

Évidemment le comble dans tout ça est que personne ni journaliste ni politicien n’est prêt à révéler ce genre de vérité car dire de telles choses est choquant pour l’arrière pays de Québec. C’est dont toujours plus facile de descendre dans les rues pour exiger de la Russie d’éliminer les mesures contre la propagande de l’hommosexualité que de reconnaître ici même au Québec le droit des immigrants à bénéficier de leur complète liberté religieuse.

Interdire aujourd’hui les signes religieux dits ostentatoires mais n’oubliéz surtout pas que demain ce sont vos enfants qui porteront aussi ces mêmes signes religieux.

Hermann Cebert

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Charte des valeurs québécoises Québec présente ses propositions en matière de neutralité religieuse de l’État et d’encadrement des accommodements religieux Québec, le 10 septembre 2013.


Gouvernement du Québec

 

875, Grande Allée Est

 

 

Québec (Québec) G1R 5R8

 

Téléphone : 418 643-5926

 

Télécopieur : 418 643-7824

 

 

Communiqué de presse

 

POUR DIFFUSION IMMÉDIATE

 

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Charte des valeurs québécoises Québec présente ses propositions en matière de neutralité religieuse de l’État et d’encadrement des accommodements religieux Québec, le 10 septembre 2013.

 

 

– Le ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, Bernard Drainville, a présenté, aujourd’hui, les propositions gouvernementales en matière de neutralité religieuse de l’État et d’encadrement des accommodements religieux. « Il y a bientôt un an, la première ministre m’a confié le mandat de présenter aux Québécoises et aux Québécois des solutions pour baliser les demandes accommodements religieux et assurer la neutralité religieuse de l’État. C’est ce que nous faisons, aujourd’hui, en rendant publiques nos propositions. Il s’agit de propositions mesurées et équilibrées. Elles sont porteuses de relations harmonieuses et de cohésion sociale, dans un Québec de plus en plus multiethnique, «multireligieux»; un Québec pluriel », a affirmé Bernard Drainville.

 

Ces cinq propositions s’appuient sur les grandes valeurs québécoises dont, notamment, l’égalité entre les hommes et les femmes ainsi que la neutralité religieuse des institutions de l’État québécois. Elles se définissent comme suit :

 

1. Baliser les demandes d’accommodement dans la Charte québécoise des droits et libertés de la personne. Y inscrire, également, la séparation des religions et de l’État, la neutralité religieuse de l’État et le caractère laïque de ses institutions, en tenant compte de notre patrimoine historique commun;

 

2. Établir, dans la loi, un devoir de réserve et de neutralité religieuse pour le personnel de l’État dans l’exercice de ses fonctions;

 

3. Encadrer le port des signes religieux ostentatoires pour le personnel de l’État durant les heures de travail (cette proposition est assortie d’un droit de retrait d’une durée d’au plus cinq ans, renouvelable pour certains secteurs);

 

4. Rendre obligatoire le visage découvert lorsqu’on donne ou reçoit un service de l’État;

 

5. Établir une politique de mise en oeuvre de la neutralité religieuse de l’État et de l’encadrement des accommodements religieux pour les organismes de l’État.  « Le temps est venu de nous rassembler autour de règles claires et de valeurs communes qui mettront un terme aux tensions et aux malentendus. Nos propositions seront source d’une meilleure entente, d’harmonie et de cohésion pour toutes les Québécoises et tous les Québécois, peu importe leur religion ou leur origine », a expliqué Bernard Drainville.

Les Québécoises et les Québécois auront l’occasion de faire connaître leur avis sur les propositions présentées aujourd’hui par l’entremise d’un site Internet et d’une ligne téléphonique dédiée. Le ministre déposera, plus tard cet automne, un projet de loi à l’Assemblée nationale, qui reflétera les propositions présentées à la population tout en tenant compte des commentaires reçus. « Tout au long de son histoire, le Québec a toujours su trouver un point d’équilibre entre le respect des droits de chaque personne et le respect de nos valeurs communes. Ces propositions s’inscrivent dans cette tradition profondément démocratique », a conclu Bernard Drainville. Les propositions gouvernementales sont accessibles sur le site : www.nosvaleurs.gouv.qc.ca. – 30 – Source :

Manuel Dionne

Directeur des communications Cabinet du ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne Tél. : 418 646-8542

Bryan Gélinas

Attaché de presse Cabinet du ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne Tél. : 418 563-8131

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L’argument des 5 % du référendum 1995 de Jacques Parizeau pour supporter l’approche d’exclusion des communautés culturelles dans la charte des valeurs québécoises de Bernard Drainville


Sur le plancher des vaches

Katia Gagnon La Presse

Juillet 2013. Bernard Drainville est assis à la table familiale, chez ses parents, à l’île Dupas. Il est avec son fils Mathis, 9 ans, dernier de ses trois enfants. « Moi, je ne suis pas un vrai Québécois, lui dit Mathis. Je suis un Coréen. »

Quelques semaines avant que n’éclate au Québec un débat déchirant sur l’identité, Bernard Drainville a dû faire face à la propre crise d’identité de son fils adopté en Corée. « Je l’ai vu en train d’expliquer à Mathis qu’il était un Québécois d’origine coréenne. Qu’on était tous égaux. Sur les problèmes identitaires, on n’avait pas besoin d’aller bien loin… », raconte sa sœur Hélène.

La famille Drainville, de 6 enfants, compte 16 petits-enfants, dont 5 ont été adoptés à l’étranger. La chose en dit long sur la fratrie, où l’entraide a toujours primé tout, dit Hélène Drainville. « Sur une ferme, on apprend à travailler. Et on apprend la solidarité », souligne Bernard, qui est l’aîné de la famille.

Son enfance rurale à l’île Dupas a profondément marqué Drainville. Un petit village de 400 personnes, relié au continent par un pont à partir de 1945. Une communauté « chrétienne », tient-il à préciser. « Tout tournait autour de l’église. » Les rejetons de la famille Drainville élargie formaient au bas mot la moitié de la chorale de l’église.

« On était soit fils de cultivateur, soit fils d’ouvrier. Il n’y avait pas de notables », raconte Drainville.

Le débat a toujours fait partie de la famille : trois des six enfants ont participé à des concours oratoires. « On a été élevés avec Bernard Derome, La semaine verte et le hockey, dit sa sœur. On a toujours discuté. On a toujours débattu. C’est généralement Bernard qui lançait les discussions sur ce que le curé n’avait pas dit à la messe. »

Chaque année, la famille se retrouve encore à la cabane à sucre familiale pour aider le patriarche à entailler les érables. Et à chaque Noël, Victor Drainville aménage dans sa grange « le Centre Bell de l’île Dupas », où on convie tout le voisinage à jouer au hockey.

Cette enfance à l’eau d’érable a-t-elle jeté les bases des « valeurs québécoises » du futur ministre ? En tout cas, les Québécois de souche semblent s’y retrouver : même si l’intelligentsia montréalaise l’a vertement décrié, les deux tiers des francophones appuient, pour l’instant, son projet de charte.

Avant de lancer son projet de loi, Drainville a longuement consulté un réseau de contacts de tous horizons, bâti au fil des ans. Un réseau qui peut devenir la base d’une belle organisation politique, observe Lisette Lapointe. Bernard Drainville, futur chef du PQ ? Louisette Pagé a son conseil, tout prêt. « C’est du bon bois pour en faire. Mais pas tout de suite. Il faut qu’il apprenne à prendre son temps. »

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Lorsque le Parti Québécois le PQ ne tient pas compte de l’histoire: Mauvais sondages et échec de l’ADQ


Le débat actuel sur La Charte des Valeurs Québécoises peut être d’une importance Capitale pour l’affirmation du Peuple si et seulement si le Parti Québécois et les souverainistes-indépendantistes sont capables de transformer l’oppositon des communaués culturelles du Québec à la charte ainsi que les partisans de la cherte telle quelle est formulée en un véritable et vaste mouvement de nationalisme civique c ‘est-à dire construire l’unité civique québécoise autour d’une même volonté de vivre ensemble à la manière du rêve américain qui possède la caractéristique de fondre et d’absorber toutes les appartenances culturelles en une volonté de reussite personnelle et collectives.

En fait, ce que j’entend par-là c’est de se rendre compte qu’il y a chez les immigrants vivant au Québec un besoin d’épanouissement sans opposition au besoin d’affirmation et d’indépendance du Québec. Autrement dit, et la manifestation du samedi 14 septembre en témoigne, jusqu’ici aucun groupe ni non plus de personnalité publique et individuel s’opposant à la charte exprime leur opposition ouverte et vicérale au projet de pays du Québec tel que véhiculé mpar les indépendantiste et de fait, laisse encore au Parti Québécois la possibilité d’opérer cette tranformation des antagonismes en une substance fortifiante et essentielle au projet de pays des québécois.

Évidemment, il est à constater une grande passivité du Parti Libéral qui favorise cette possibilité de trasformer l’essence de la dialectique du débat actuel en une force opérationnelle et constructive pour le projet de la création du Pays Québec. Néanmoins ce vide créé par la passivité du PLQ ne saurait durer trop longtemps et devra à très court-terme interpeller les militants de ce Parti à exiger de leur chef une présence plus soutenue dans le débat non avec des arguments économique et financiers qui sont déjà avalés par la portée affirmative et civique dont le débat s’est lui-même appropriée durant ces quelques jours.

De façon pratique, pour que le PQ comprenne ce besoin et voire cette nécessité de transformer le débat sur la charte des valeurs québécoises, il faut d’un côté comprenne le rôle et le sens de l’histoire récente de la crise et des débats de 2007 sur les accommodements raisonnables en extrayant les forces et les faiblesses de cette réalités du passé à savoir ce qui était arrivé à l’ADQ, un véritable rade marée d’appuis des partisans du nationalisme ethnique, mais de véritables feux de paille quant au maintien de cet électorat en liens directs avec les intérêts économiques du Québec.

De l’autre le PQ devrait également être en mesure de se rappeler de l’échiquier politique des années 2007 galvanisé par ce détournement idéologique de l’ADQ de la problématique des accommodements en ce sens que le PQ occuperait actuellement la position non envieuse de l’ADQ d’alors et, le PLQ quant à lui occupe actuellement la Position du PQ à cette époque de telle sorte que l’on pourrait anticiper les résultats des prochaines élections avec une vague émotionnelle d’appui au PQ contre la Coalition Avenir Québec la CAQ et le PLQ réduits au rang de simples spectateurs à l’assemble nationale avec bien sûr un certaine montée assez fulgurante du Québec Solidaire QS.

Avec un tel scénario, les extrémistes du PQ remporteraient une grande victoire, cependant comme ce fut le cas pour l’ADQ, cette victoire du PQ serait de courte durée selon une vision à long-terme de la problématique de l’indépendance du Québec. Très certainement, tout comme d’autre régime politique qui s’est dans le passé nourri et construit sur la base de ce nationalisme ethnique n’a pu résister à l’épreuve du temps, de même, la vague et mouvance engendrées par l’ADQ n’a été en mesure de négocier la transformation la segmentation socio-politique en une véritable base électorale d’où ma conclusion, le PQ ne pourra pas maintenir à long-terme cette pression dans le seul but de provoquer d’appuis constants qui puissent être à la fois électoraliste et nationaliste car les réalité économiques et politiques viendront tôt ou tard rééquilibrer l’échiquier politique québécois à moins bien sûr, qu’il soit capable suivre une logique d’équilibre de progression permanente afin de ne pas avoir à devoir revenir en arrière et malheureusement on aboutirait à un régime totalitaire improbable dans le cadre de la géopoliticoéconomique actuelle.

À mon avis, jusqu’à preuve de contraire, les tenants et les idéologues en arrière de l’énoncé actuel et de la rhétorique actuelle du texte de la charte des vakleurs québécoise, se sont mal informés et les arguments sur lesquels ils se sont basés pour procéder à une telle élaboration ont été falsifiés à plus d’un titre et en particulier les critères des sondages en ce sens: les personnes sondées, habitués ou nouveaux, répartision géographique des sondés bref, je serais d’avis de mettre en doute la modèle et la méthode statistique employés pour informer le PQ et le Ministre Bernard Drinville en particulier qui de part sa naïveté et son idéalisme farouche me présente des caractéristiques de quelqu’un de convaincu plus ou moins ouvert mais de plus en plus manipulateur et intransigent par ses croyances religieuses des statistiques et des impacts de son coup. Lorsqu’un avocat de la charte comme le ministre est si convaincu et si farouche, la fin du monde est dangéreusement proche. Pour cela, le leadership du PQ devait pouvoir dégager un nouvel raisonnement stratégique en plaçant à l’avant-scène une nouvelle figure capable de montrer une organisation en arrière des intérêts inavoués du PQ afin de pouvoir faire les compromis nécessaires vu les faiblesses dans l’énoncé actuel comme par exemple un François Lisé, jusqu’ici confortablement silencieux qui viendrait exprimer une haute morale nationaliste, idéologique et intellectuelle de ce que sera le Québec Indépendant au lendemain de la victoire référendaire: UN PAYS OUVERT SUR LE MONDE CRÉÉ PAR DES INTELLIGENCES VENUES DE PARTOUT LE MONDE OÙ LES POSSIBILITÉS DE SE RÉALISER SONT À LA PORTÉE DE TOUS.

Hermann Cebert

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Les limites des sondages au Québec: Mêmes méthodes, mêmes clientèles et de mauvais résultats


Les firmes de sondages font de grandes fortunes en périodes électorales et surtout en périodes d’instabilité politique. Ces périodes de grandes mannes financières sont souvent alimentées par ces mêmes firmes de sondage et de marketing car les policiciens ou plus précisément les politicailleux ne vont plus voir les citoyens dans leurs réalités et dan leurs préoccupations . De ce fait, en tant que politicien permanent et à vie, ils se laissent alimenter par les rumeurs et les intentions de vote des citoyens qui dans bien souvent des cas n’ont rien de concret et ne se basant surtout pas des faits réels de l’électorat réel.

Au Québec dans les années 2004-2007, il y avait une vague de sondages par des groupes médiatiques, des firmes de sondages et plus particulièrement, des commandes de sondages par les partis politique sur l’opinion publique québécoise en terme de tendance électorale des citoyens conséquemment, il s’est produite une vérible course opportuniste aux élections.

D’un côté on avait le Parti Libéral du Québec qui se concentrait sur les problèmes économiques d’un autre le Parti Québécois qui traversait de véritables crises de leadership et d’usure et à l’extrémité le Parti de l’action Démocratique qui avait le voile dans le vent ou plutôt les Accommodements dans son point de mkire. Mais c’est surtout l’ADQ avec le support de certains journalistes et de médias puissants qui poussaient plus à fond la machine des accommodements en vue d,aller chercher les québécois dans ce qu’ils ont de plus profond comme seuil de tolérance en matière d’accommodements plus ou moins raisonnables.

D’ailleurs, de nos jours encore avec la problématique de la proposition de la charte des valeurs soit-disant québécoises, le porte parole de ce projet soit le ministre lui-même semble s’appuyer plus fortement sur ce côté ontologique des québécois en rappelant à maintes reprises les personnes agées et les québécois pures-laines ce qu’ils avaient contesté hier à l’époque de Duplessis. On peut comprendre qu’il s’agit des véritables fondements électoralistes de la démarche de la proposition de charte des valeurs québécoises que l’extrême droite du PQ est en train d’exploiter présentement.

Malheureusement cette faiblesse du peuple québécois qui avait donné de grandes percées politiques à l’ADQ avait été également la base de son échec et de sa disparition sur la scène politique provinciale québécoise. En fait ce que les tenants de la droite du PQ semble véritablement ignorer est principalement selon une vielle théorie de léon trotski :« quand s’use une arme s’use également ceux qui le portent sur leurs épaules»

http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9on_Trotski

à suivre

Hermann Cebert

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