Une charde des valeurs québécoises: Racisme,Ségrégation,Opportunisme, Électoraliste du PQ


Québec — Vingt-quatre heures après le dévoilement de la Charte des valeurs québécoises, Philippe Couillard a accusé le gouvernement péquiste de renier l’héritage de René Lévesque.

 

« C’est la Charte de la chicane », a déclaré la chef libéral, qui était flanqué des députées Christine St-Pierre et Maryse Gaudreault. « Il est également clair que le Parti québécois, depuis hier [mardi], tourne le dos à l’héritage de René Lévesque, héritage d’ouverture, de démocratie qui a caractérisé ce grand Québécois. »

 

Philippe Couillard s’oppose catégoriquement à l’interdiction faite aux employés de l’État de porter des signes religieux dits ostentatoires, une atteinte aux libertés individuelles « qui n’a pas beaucoup de précédents » au Québec, selon lui. Aucun compromis n’est envisageable. Mais comme les autres éléments de la Charte trouvent grâce à ses yeux, il demande au gouvernement de scinder le projet de loi pour que puissent être adoptées, à l’unanimité, les dispositions sur la neutralité religieuse de l’État, les balises encadrant les accommodements raisonnables, la réception des services publics à visage découvert et la préservation du patrimoine religieux comme le crucifix à l’Assemblée nationale.

 

Ces éléments font consensus, croit-il et le gouvernement Marois doit « réaliser que les Québécois, partout, n’aiment pas la chicane, surtout la chicane entre Québécois ». Il estime que le gouvernement péquiste a « créé de toutes pièces une pseudocrise » avec un document qui « semble avoir été écrit par des organisateurs électoraux à l’affût des sondages et de l’endroit où il faut toucher le nerf sensible pour gagner des points ».

 

« Personne ne parle de ces questions, personne n’est inquiet de ces questions, a soutenu Philippe Couillard. Ça ne fonctionnera pas parce que j’ai la conviction que les Québécois ne sont pas là, ils ne sont pas de cette école revancharde, faible, apeurée. »

 

Le gouvernement se veut rassurant

 

Au lendemain du dévoilement du document de réflexion sur la Charte, la première ministre Pauline Marois a qualifié le projet de « parfaitement équilibré ». Elle a dit souhaiter que le « débat se fasse le plus sereinement possible ».

 

La ministre responsable de la Condition féminine, Agnès Maltais, s’est réjouie que « le combat de l’égalité hommes-femmes, maintenant, [soit] inscrit dans une charte ». Elle a indiqué qu’il y a « toutes sortes de mécanismes » qui permettront d’éviter que des fonctionnaires qui insistent pour porter le voile soient congédiées.

 

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, Pierre Duchesne s’est dit « tanné » qu’au Canada anglais, on parle d’extrémisme pour qualifier la Charte.

 

Enfin, le ministre de la Justice, Bertrand St-Arnaud, a soutenu que les juristes de son ministère sont « très confiants des assises juridiques qui sous-tendent le document » d’orientation. « Vous risquez d’entendre des opinions de tous les genres ; c’est souvent le cas dans le milieu juridique », a-t-il toutefois prévenu.

 https://news.google.ca/nwshp?hl=fr&tab=wn

29 août 2013 – 23H33  

 

Québec: la loi sur la laïcité comparée à la ségrégation raciale

La polémique enflait jeudi au Québec après des propos du chef de l'opposition libérale canadienne comparant un projet de loi sur la laïcité dans la province francophone à l'ancienne ségrégation raciale aux États-Unis.

La polémique enflait jeudi au Québec après des propos du chef de l’opposition libérale canadienne comparant un projet de loi sur la laïcité dans la province francophone à l’ancienne ségrégation raciale aux États-Unis.

AFP – La polémique enflait jeudi au Québec après des propos du chef de l’opposition libérale canadienne comparant un projet de loi sur la laïcité dans la province francophone à l’ancienne ségrégation raciale aux États-Unis.

Le Québec se passionne sur la « Charte des valeurs québécoises » à l’initiative des indépendantistes au pouvoir dans cette province. Cette charte entend définir l’identité culturelle et linguistique de la province, mais le projet de loi n’ait pas encore été dévoilé. Selon les premiers éléments distillés par la presse locale, il vise notamment à interdire tous signes religieux ostentatoires dans l’administration publique.

Rapidement, plusieurs dirigeants politiques québécois et canadiens ont fait connaître leur opposition à un projet jugé « radical ». Le dernier à se jeter dans la mêlée a été Justin Trudeau, chef du Parti libéral canadien, à l’occasion d’un discours tenu mercredi soir pour le 50e anniversaire du discours « I have a dream » de Martin Luther King.

« Quand on réfléchit au 50e anniversaire de ce discours magnifique du Dr King, qui refusait la ségrégation, qui refusait la discrimination, (…) on voit malheureusement que même aujourd’hui, quand on parle, par exemple, de cette idée de charte des valeurs québécoises, qu’il y en a encore qui croient qu’il faut choisir entre sa religion et son identité québécoise », a lancé M. Trudeau. Son père, Pierre-Elliott, ancien Premier ministre, est considéré comme l’architecte du multiculturalisme canadien.

La Première ministre québécoise Pauline Marois, dont le gouvernement indépendantiste a été élu il y a un an, a réagi jeudi en accusant M. Trudeau d’avoir tenu des propos « qui n’aident pas au calme et jettent de l’huile sur le feu ».

Appelant au « respect de toutes les opinions », Bernard Drainville, le ministre en charge de ce dossier a « invité » M. Trudeau « à contribuer au débat plutôt que de l’abaisser. »

Pour sa part, le Premier ministre conservateur du Canada Stephen Harper a assuré jeudi que son gouvernement s’assurerait « que les lois fondamentales du Canada seraient respectées », laissant entrevoir un futur bras de fer entre les indépendantistes québécois et le gouvernement fédéral.

Le texte du projet de loi doit être présenté le 9 septembre.

 http://www.france24.com/fr/20130829-quebec-loi-laicite-comparee-a-segregation-raciale

11 septembre 2013 – 14H47  

Laïcité au Québec: une charte des « valeurs » qui divise

Le gouvernement indépendantiste du Québec a lancé une "charte des valeurs" de la province pour promouvoir la laïcité, mais les critiques sont vives parmi les adeptes de pluralisme et de tolérance, valeurs chères aux Canadiens.

Le gouvernement indépendantiste du Québec a lancé une « charte des valeurs » de la province pour promouvoir la laïcité, mais les critiques sont vives parmi les adeptes de pluralisme et de tolérance, valeurs chères aux Canadiens.

AFP – Le gouvernement indépendantiste du Québec a lancé une « charte des valeurs » de la province pour promouvoir la laïcité, mais les critiques sont vives parmi les adeptes de pluralisme et de tolérance, valeurs chères aux Canadiens.

Cette charte se veut une réponse « à la crise des accommodements religieux » consentis à des membres de minorités ethniques « qui a secoué le Québec il y a plus de cinq ans et créé des tensions entre les Québécois de différentes origines et confessions », a déclaré le ministre québécois des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, lors d’une conférence de presse à Québec, la capitale de la province francophone.

Elle propose des « balises » pour encadrer ces accommodements en se basant sur des « valeurs communes » qui « unissent » les Québécois, notamment « l’égalité entre les femmes et les hommes » et « la neutralité religieuse de l’État », a-t-il ajouté.

« La meilleure façon de respecter tous les Québécois, la meilleure façon de respecter toutes les croyances et toutes les religions, c’est que l’État n’ait aucune religion. L’État québécois doit être neutre, laïc et le principe de la séparation entre la religion et l’État doit être inscrit et affirmé », a-t-il dit.

Paradoxalement, le gouvernement refuse de retirer le crucifix chrétien suspendu au-dessus du siège du président de l’Assemblée nationale à Québec, affirmant qu’il faisait partie du « patrimoine culturel » de la province.

Cette charte fera l’objet d’un projet de loi qui sera présenté cet automne au Parlement, où son adoption est cependant loin d’être acquise, le gouvernement étant minoritaire.

Le projet de loi établira « un devoir de réserve et de neutralité religieuse pour le personnel de l’Etat » et « encadrera le port des signes religieux ostentatoires (croix, hijab, kippa, etc) pour le personnel de l’État durant les heures de travail ». Certains signes sous forme de croix, bagues ou de boucles d’oreilles pourront toutefois être portés à condition qu’ils ne soient pas « très apparents, très démonstratifs », a dit M. Drainville.

Le gouvernement veut également « rendre obligatoire le visage découvert lorsque l’on donne ou reçoit un service de l’État », une mesure qui vise notamment la burqa, portée par seulement une poignée de femmes au Québec.

Le projet, éventé il y a trois semaines, provoque de vifs débats au Québec et au Canada, entre défenseurs du multiculturalisme à la canadienne et d’une laïcité « ouverte », d’une part, et tenants d’une laïcité stricte à la française, d’autre part.

« Le gouvernement séparatiste du Québec cherche noise au gouvernement fédéral tout le temps et sur toutes les questions », a réagi le ministre canadien de l’Emploi et du Multiculturalisme, Jason Kenney.

Il a fait part de sa « préoccupation » pour « toute proposition » qui « affecterait la pratique de la foi. Si cette charte vient à avoir force de loi au Québec, elle sera examinée par le ministère fédéral de la Justice pour déterminer si elle viole la liberté de religion, protégée par la constitution canadienne (non reconnue par le Québec), a-t-il dit. « Nous défendrons vigoureusement ces droits », a promis M. Kenney.

Quelque 200 intellectuels québécois ont déjà pris position contre les dispositions les plus controversées de cette charte.

D’autres ont accusé le gouvernement québécois de chercher à redorer son image au détriment de certains immigrants, notamment des femmes musulmanes, très présentes dans les secteurs publics de la santé et de l’éducation.

La « crise des accommodements religieux » avait déjà secoué le Québec en 2007-2008 à la suite d’une série de cas très médiatisés, portant sur le kirpan à l’école, la cohabitation avec les juifs hassidiques ou le hijab au football. Une Commission d’enquête publique avait été créée mais ses recommandations consensuelles n’avaient pas été suivies par le précédent gouvernement libéral.

 http://www.france24.com/fr/20130911-laicite-quebec-une-charte-valeurs-divise

À l’Hôtel de Ville de Montréal, le maire Laurent Blanchard est plus pondéré. Il a rappelé qu’en 2005, les élus montréalais avaient adopté à l’unanimité une Charte montréalaise des droits et responsabilités prônant des principes d’inclusion et de relations harmonieuses entre les individus de toutes origines.

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À l’unisson, les maires des 15 villes liées de l’île de Montréal ont dénoncé la proposition de Charte des valeurs québécoises du gouvernement Marois et entendent demander que leurs municipalités en soient exemptées. Un malaise est partagé par le maire de Montréal, Laurent Blanchard, et plusieurs institutions de la métropole.

 

Réunis mercredi pour leur rencontre mensuelle, les maires représentant les 15 villes défusionnées de l’île de Montréal ont convenu de rejeter avec vigueur la Charte, s’en prenant en particulier à l’interdiction des signes religieux ostentatoires que prévoit le projet pour les employés municipaux.

 

« Ce projet de charte témoigne d’une méconnaissance complète de la réalité multiculturelle de Montréal et mènera simplement à la division et l’exclusion, soutiennent les maires. Clairement, ce projet de charte menace les droits et libertés garantis par la Charte canadienne des droits et libertés et par la Charte des droits et libertés de la personne du Québec. »

 

Unique dans l’histoire

 

C’est le maire de la ville de Mont-Royal, Philippe Roy, qui a suggéré à ses collègues d’appuyer cette déclaration et il n’a eu aucune peine à les convaincre d’emboîter le pas. « Ce que ça envoie comme message – et c’est assez unique dans l’histoire récente de Montréal -, c’est que l’ensemble des élus de l’Île et les candidats à la mairie de Montréal tiennent le même discours et rejettent le projet de Charte, souligne Philippe Roy. C’est une façon de dire que le ministre doit refaire ses devoirs. »

 

À l’Hôtel de Ville de Montréal, le maire Laurent Blanchard est plus pondéré. Il a rappelé qu’en 2005, les élus montréalais avaient adopté à l’unanimité une Charte montréalaise des droits et responsabilités prônant des principes d’inclusion et de relations harmonieuses entre les individus de toutes origines. Plus récemment, le conseil municipal a approuvé une motion en faveur d’une « laïcité inclusive ». « Ce n’est pas exactement ce que nous avons entendu hier [mardi] de la part du ministre », a-t-il dit.

 

Le malaise montréalais est aussi palpable dans plusieurs institutions visées par la Charte des valeurs québécoises.

 

L’Hôpital général juif, dont plusieurs membres du personnel portent des symboles religieux, s’oppose catégoriquement au projet péquiste. « La liberté de choisir ou non de porter des signes religieux ostentatoires ne nuit pas à la capacité [des] employés de fournir au public des services appropriés et en temps opportun », a fait valoir l’établissement dans un communiqué mercredi. À son avis, les perceptions du public ne doivent pas l’emporter sur la liberté de religion et d’expression de ses employés.

 

Maux de tête

 

Du côté du collège anglophone Dawson, le plus important cégep du Québec, l’interdiction du port de symboles religieux poserait problème. « Pour nous, ça aurait un impact particulièrement important compte tenu de la nature de notre communauté, explique le directeur général Richard Filion. Ça nous obligerait à envisager le droit de retrait qui accompagnerait l’éventuel projet de Charte, sans aucun doute. »

 

La Charte causerait aussi des maux de tête aux responsables des garderies de la métropole, où travaillent de nombreuses éducatrices portant le hidjab (voile islamique). Le président du Regroupement des centres de la petite enfance de l’île de Montréal, André Marcotte, redoute que ces dernières quittent leur emploi, aggravant la pénurie de personnel. Cette situation aurait un impact sur la qualité des services aux familles, s’inquiète-t-il.

 
 
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