Le régime Martelly-Lamothe va libérer Clifford Brandt après l’alliance engagée mar le mariage de Olivier martelly et de l’une des familles les plus riches d’haïti


Dossier Clifford Brandt : la justice dénoue son filet

 

L’ex-responsable de l’unité anti-embuscade du palais national Marc Arthur Phébé et Gérald Fontélus sont désormais libres de leurs mouvements. Ces derniers, inculpés avec l’homme d’affaires Clifford Brandt pour enlèvement, séquestration de personnes contre rançon, association de malfaiteurs, complicité de blanchiment des avoirs et détention illégale d’armes à feu, ont bénéficié d’une décision en habeas corpus après avoir été maintenus en prison en dépit d’un jugement rendu par la cour d’appel le 2 août 2013.

« J’ai entendu dans la presse que c’est une décision en habeas corpus mais ce n’est pas moi qui l’ai plaidé», a confié Me Carlos Hercule, avocat de Marc Arthur Phébé et bâtonnier de l’ordre des avocats du barreau de Port-au-Prince, en grève depuis jeudi en vue d’obtenir le départ du commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de la capitale, Me Francisco René.

« C’est une décision en habeas corpus. C’est le droit qui a triomphé. Je ne peux pas arrêter la justice », a commenté le ministre de la justice, Me Jean Renel Sanon.

« Nous respectons la décision de justice en habeas corpus, car ces gens étaient détenus illégalement en prison », a indiqué Pierre Espérance. Cependant, le militant des droits de l’homme, affirmant sa « conviction dans la culpabilité » de Marc Arthur Phébé eu égard au rôle de ce dernier auprès de Clifford Brandt, a pesté contre la décision du 2 août de la cour d’Appel. « C’était une décision motivée », a insisté Pierre Espérance. « Le procès de Brandt ne se tiendra jamais. En catimini, on libérera un à un les concernés », a pronostiqué Pierre Espérance.

Le 2 août 2013, les juges Gabriel R. Castor, Yvickel D. Dabrésil et Patrique Métélus de la cour d’appel avaient également ordonné la « mise en liberté immédiate s’ils ne sont pas retenus pour autre cause » de Fritz Aristide, agent 4, de Jacques Darly Michelais, agent 3, de Onès Gabelus, agent 3, et de Berthony Dumézil, ex-policier, responsable de la sécurité de la Compagnie haïtienne de moteurs.

L’ex-commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince Lucmane Dellille avait annoncé la couleur. « Je suis touché par la décision de la cour d’appel. Je ne signerai pas l’exequatur. On va aller en cassation », avait-t-il dit. Selon des sources judiciaires, aucun recours en cassation n’aurait été intenté dans ce dossier.

Le 22 octobre 2012, l’homme d’affaires Clifford Brandt a été arrêté par la police judiciaire, six jours après l’enlèvement de Nicolas et de Coralie Moscoso. Cuisiné par la police, Clifford Brandt avait finalement conduit les autorités à une maison à Pernier où étaient séquestrées les victimes. L’enquête policière avait donné lieu à une quinzaine d’arrestations et à la saisie d’armes, de munitions, de véhicules et d’autres équipements. Une descente des lieux de la PNH chez Edner Come, inspecteur de police en cavale et membre du gang de Clifford Brandt, a permis de tomber sur un véritable arsenal.

Le secrétaire d’État à la Sécurité publique, Réginald Delva, avait exprimé sa satisfaction suite au démantèlement du gang de Brandt, l’un des plus importants de la région, avait-il dit, sans préjuger à l’époque de l’évolution de ce dossier dans lequel la justice allait dénouer son filet au risque que Clifford Brandt se retrouve seul ou presque dans le box des accusés.

Le Nouvelliste

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