Les étudiants haïtiens et la chèreté de la vie en Haïti


Enfin un peu d’espoir dans la lutte pour le changement en Haïti, car en voyant les étudiants s’impliquer dans le mouvement de grève pour la baisse du prix de l’essence, tout semble indiquer que nous sommes en train d’assister au réveil de la conscience des jeunes universitaires haïtiens.

Bien entendu, toutes les actions et toutes les formes des organisations étudiantes ne sont pas parfaites, néanmoins, juste de s’impliquer et de commencer à formuler un discours différent de la classe politique actuelle du pays, c’est déjà un grand pas et un bon début.

En écoutant certains leaders du mouvement étudiant dans le cadre des journées de grèves et des manifestations contre l’absence de baisse du prix de l’essence, cela me rappelle mes implications et mes prises de positions publiques à la fois comme ancien étudiant de l’École Normale Supérieure en lettres qu’étudiant à la Faculté de Droit et des Sciences Économiques.

Toutefois, je ne peux m’empêcher de constater des problèmes chroniques qui rongent depuis toujours le mouvement étudiants haïtiens, les actions individuelles, l’absence d’unité de toutes les universités et de toutes les facultés du pays.

Également, je me rends compte que les étudiants ne s’impliquent pas aussi au sein des organisations populaires, véritables espaces de prise de conscience et de compréhension des enjeux et des problèmes auxquels font face les gens ordinaires comme vous et moi.

Le discours de ces quelques étudiants que j’ai entendu reste encore intellectuel bien que faible aussi du point de vue de contenus que de la méthodologie.

Cela semble s’expliquer par une carence de recherches et d’informations mais surtout du caractère disparate du mouvement et plus particulièrement de l’absence d’une organisation centrale de décision et de formulation des diverses revandications que le mouvement entend porter sur ses épaules contre l’irresponsabilité du régime en place et contre les politiques commerciales de la classe d’affaire.

Les étudiants doivent savoir qu’il ne s’agit pas seulement d’exiger la baisse du prix de l’essence, bien que l’élément déclencheur du mouvement, mais il faut qu’ils arrivent à faire ressortir les liens qui existent entre l’ensemble des hausses enregistrées sur tous les biens dans le pays.

Ils doivent mettre en évidence les marges de profits que font les commerçants plus particulièrement les grands distributeurs et la chèreté de la vie en général dans le pays.

Le coût de l’essence a très certainement un impact direct sur les coûts de tous les biens de consommation incluant les services mais les marges de profits réalisés et les raretés artificiels ont eux aussi des impacts extrêmement négatifs sur l’ensemble des citoyens du pays de ce fait, peuvent donner des portées plus général à l’ensemble des citoyens.

C’est donc un espace politique à considérer pour donner plus de crédibilité au mouvement afin de rendre l’ensemble de la population concerné par l’ensemble du mouvement.  Je m’attendais donc à voir les étudiants publier des rapports et des données statistiques sur les hausses et les baisses de l’essence sur une longue période tout en comparant les prix de Haïti avec ceux des autres pays plus particulièrement les pays du Sud comme Haïti.

Toutes ces informations sont disponibles sur internet et plusieurs organisations internationales et hémisphériques les publient régulièrement sans oublier que les groupes de consommateurs et d,acheteurs les publient également.

Le seul travail à faire avec ces données c’est de les analyser pour montrer en quoi et comment le régime martelly-KPlim participe au détournement de ces profits d’autant que le pétrole que le Vénézuela vend à haïti est 40% moins cher en tenant compte du programme de prêts-caribé.

Évidemment, tout le monde sait que le régime martelly-lamothe avait pillé les fonds du programme, et également même si tous les Partis politiques ne sont pas capables de monter des rapports, formuler des propositions et engager des études pour montrer les impacts et les conséquences de la chèreté du prix de l’essence dans le pays, de leurs côtés les étudiants ne peuvent pas intervenir de la même façon que ces derniers, ils doivent s’appuyer sur des données et des faits pour donner force et crédibilité à leurs discours. J’espère qu’ils changeront leurs manières de faire.

à suivre…

Hermann Cebert

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