Pourquoi les bourgeois ont peur du changement en Haïti? : regard inversé du rôle de la peur sur le financement de la violence en Haïti


Je me suis déjà référé à Hegel en ce qui concerne ses recherches sur les effets négatifs de la peur sur l’aliénation des peuples et des individus dans d’autres articles cependant dans le cadre de cet articlel, je vais tenter de ressortir son effet sur le développement de Haïti et plus précisément sur le financement de la violence comme facteur de ce sous-développement.

En effet, au cours de notre vie, nous avions tous été à un moment de notre vie  confronté à des situations qui nous poussent à avoir peur de quelqu’un ou de quelque chose.

Généralement, cette peur nous envahit lorsque nous sommes seuls ou surtout lorsque nous nous sentons seuls; lorsque nous nous sentons faibles et impuissants; lorsque nous avons des doutes justifiés ou non et, que nous éprouvons un sentiment de danger pour nous mêmes ou pour nos proches, pour nos biens ou les biens de nos proches; lorsque nous nous nous nous sentons coupables ou éprouvons des sentiments de culpabilité pour des torts causés à autrui; lorsque nous manquons de confiance en nous et en nos moyens ou, que nous estimons que les autres sont supérieurs à nous ou, que nous les envions pour ce qu’ils ont et ce qu’ils sont.

Or très précisément, avoir peur doit traduire notre impuissance, notre faiblesse, notre incapacité à faire face aux dangers auxquels nous sommes quotidiennement exposés, des dangers qui sont produits par notre environnement immédiat ou éloigné et aussi que nous pouvons avoir engendrer suite à nos actions.

Lorsque nous avons peur, nous perdons le contrôle de notre raison, de nos émotions, nos distances par rapport à notre environnement, par rapport à notre réalité, aux êtres et aux choses mais surtout parce que la réalité du monde de la peur devient pour nous un inconnu, un monde étranger auxquels nous ne sommes pas vraiment habitués.

Évidemment, puisque le monde de la peur et la réalité de la peur s’entrechoquent à cause de ses effets de surprise, de ses étrangetés qui tienent à nous faire perdre notre contrôle, alors nos réactions deviennent brusques et brutales. Nous déployons toutes nos attentions, toutes nos forces, toutes nos énergies vers ce qui fait peur créant ainsi un vide mental et un vide psychologique qui nous mettent à la merci de nos peurs et de ce qui fait peur.

Très certainement, pour que nous ayons peur dans une situation donnée, il faut que nous soyons surpris ou du moins en apparence car nous pouvons également avoir peur sans l’effet de surprise.

De plus, il faut que nous soyons seuls ou du moins nous sentir seuls dans cette situation d’autant que cette solitude tend à augmenter nos angoisses puisque nous ne pouvons pas identifier nos repères et conséquemment nous nous sentons impuissants devant l’effet de danger que provoquent nos sentiments de peur.

Cependant force est de reconnaître que bien souvent comme le dit le dicton, la peur du mal dont on a peur fait plus de mal que le mal dont on a peur. Voilà donc ce qui nous permet d’aborder le sujet principal du texte, celui de comprendre pourquoi les bourgeois haïtiens continuent de financer la violence et le sous-développement en Haïti, disons plutôt quelques familles riches seulement. 

Voyons voir.

En effet, pour bien comprendre les causes fondamentales de la participation de quelques familles bourgeoises haïtiennes au sous-développement et des divers retards que connaissent le pays à travers leurs financements des coups d’État, des assassinats de personnalités politiques et économiques du pays, il faut se tourner vers les climats de peur qu’elles entretiennent et généralisent dans le pays.

Puisque les bourgeois haïtiens vivent isolés et en appartheid du reste de la population haïtienne dans leur ghetto-Pétion-ville hautement barricardé de clôtures avec des sécurités maximums, puisqu’ils ne partagent pas leurs richesses avec le reste de la population, puisque leurs richesses accumulées se font dans des conditions de l’illégalités complètes, puisqu’ils ont toujours besoin du monopole pour pouvoir s’enrichir, puisqu’ils ne payent pas de taxes et d’impôts, ils n’investissent pas dans la recherche et le développement, ils n’investissent pas dans le mécenat et dans les jeunes, ils ne transfèrent pas à la population leurs goûts du luxe et du beau, ils ne représentent pas des modèles de réussite pour le reste de la population bref, la liste est trop longue pour pouvoir tout rapporter ici dans un seul article.

Tout cet éloignement, toutes ces barricardes, toutes ces barrières, toutes ces clôtures entre la bourgeoisie haïtienne et le reste du pays et le reste de la population locale ne font que développer de la méfiance, de la crainte, de l’agressivité, de la violence parce que exigeant plus de moyens sécuritaires puisque en arrière de tout cela c’est la peur qui trouve son terreau fertil pour se développer. En suite, c’est un cycle infernal qui continue parce que plus on a peur c’est plus que le paranoïa se développe en créant des sentiments de danger permanents pour soi-même et pour les siens.

Par ailleurs, lorsque l’on considère les conditions dans lesquelles plusieurs bourgeois haïtiens sont devenus riches, l’illégalité, la corruption, les malversations, la drogue, les assassinats, dans l’injustice sauvage, dans l’exploitation des plus démunis, dans la trahison, dans le vol, dans le kidnapping, dans le blanchiment d’argents etc…, on peut comprendre qu’ils ne peuvent pas se sentir en sécurité quand bien même ils ne sont nullement menacés par le peuple haïtien qui est trop pacifique et pas assez exigeant envers eux compte tenu du nombre de torts qu’ils ont causé à ce peuple.

Cette bourgeoisie dite haïtienne mais que tout le monde sait qui n’a les pieds qu’à l’étranger fait tout pour révolter le peuple en le provocant avec ses luxes grotesques et méprisants.

Toutefois, c’est avec quelques éléments de la classe moyenne haïtienne qu’elle maintien le peuple dans la résignation et le laisser faire. Presque tous les médias font silence sur presque tout ce qui pourrait dérranger cette bougeoisie alors que c’est ce même médias dont les journalistes les plus connus et plus réconnus se réclament libres dans leurs messages dits ou souvents appelés engagés.

Hermann Cebert

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