Les défis de la prise du pouvoir par les oppositions haïtiennes: le spectre de la division au sein de ces oppositions


Après le départ de Jean-Claude Duvalier le 7 février 1986, date qui devait marquer la fin du règne des Duvalier et de la dictature en Haïti, les groupes de l’opposition n’étaient pas assez organisés ni unis pour prendre le contrôle du pouvoir et empêcher aux militaires de garder le pouvoir dans le pays.

Chacun défendait son petit territoire et personne ne voulait se mettre ensemble pour forcer les militaires comme le Général Henri Namphy, Prosper Avril, Williams Régala et Max Valles à rendre le pouvoir à un gouvernement civil. Certains se disaient communistes, d’autres des démocrates, des républicains, des socialistes, des socio-démocrates, des démocrates chrétiens, alors que dans l’ensemble, ils étaient tous des patrie-poches.

Comme conséquences de toutes ces divisions, les militaires ont maintenu le pouvoir à leur guise pendant plus de quatre ans voire toujours et jusqu’à aujourd’hui puisque Joseph Michel Martelly en tant que militariste et duvaliériste a toujours dirigé le pays avec les conseils des anciens militaires dont Joseph Michel François et Raoul Cédras.

Aujourd’hui, avec la fin du mandat de Joseph Michel Martelly, les groupes de l’opposition se retrouvent à nouveau dans la plus grande division de telle sorte qu’ils ne peuvent pas prendre le pouvoir et forcer de véritables changements dans le pays.

Chaque Parti Politique veut prendre pour lui-même et par lui-même seul tout le contrôle du pays et de tous les pouvoirs. Le comble dans tout cela c’est que malgré qu’ils aient forcé Martelly à céder le pouvoir à la fin de son mandat en date du 7 février 2016, ils sont encore incapables de renverser les dernières décisions de l’équipe de Martelly qui leur a laissé la cigare de François Duvalier allumée aux deux bouts.

Dans une perspective de la résolution de cette crise, une vraie opposition devait être en mesure de trouver la solution la plus simple possible c’est-à-dire, exiger une évaluation de l’ensemble des élections et des processus électoraux.

En ce sens, remettre en question tous les élus issus de ces élections frauduleuses incluant les sénateurs et les députés qui se disent détenir la souveraineté populaire, bref d’une légitimité et d’un support de l’ensemble des secteurs du pays. Or, nous savons tous que c’est faux. Ce, même si plusieurs Partis politiques ont leurs représentants au sein de cette assemblée nationale qui est fondamentalement de facto.

Cela étant, et si donc on voudrait bien mettre un terme le plus vite possible à cette situation de fait, conditions économiques, situations de crises sociales, éclatement de l’État voire guerre civile et occupation étrangère du sol national continuent de menacer le pays et l’existence même de notre nation et de notre pays, pourquoi ne pas choisir le moindre mal pour résoudre cette crise en accordant un mandat d’exception à l’actuel Premier Ministre Evans Paul qui pourrait rester Premier ministre pour organiser les élections du deuxième tour selon le même calendrier actuel vers la passation du pouvoir à un gouvernement et à un président nouvellement élu. Moins chères et plus économiques pour le pays.

Évidemment, la simplicité de cette solution n’est peut-être pas envisageable par les différents acteurs politiques et moins encore par les puissances étrangères qui contrôlent le pays et surtout, qui veulent le statu quo. Pourtant, il nous suffirait de penser à ce qui se fait à l’étranger pour nous rendre compte qu’il n’y a pas longtemps de cela, la Belgique a passé plus de deux ans et demie sans gouvernement et tout continuait à fonctionner normalement dans ce pays.

Nous devons reconnaitre qu’il y a une volonté de ne pas résoudre les problèmes du pays de façon consensuelle. Les élites du pays veulent diriger sans le peuple et contre le peuple. Alors, pourquoi ne pas opter pour l’autre solution du remplacement ou du moins de l’entrée en fonction à titre de président provisoire du président de la Cour de Cassation même si la situation actuelle n’est pas prévue par la constitution du pays.

En tant que situation exceptionnelle, il doit y avoir un peu d’intelligence et un peu de bon sens, pour choisir les mécanismes qui existent déjà. Non, nous voulons faire différemment et qui est seulement dans l’intérêt de la classe dominante du pays.

Rien n’aurait empêché à Evans Paul de poursuivre les élections en l’accompagnant d’un groupe de sages du pays pour finaliser les questions électorales.  Cette brèche qui reste grande ouverte peut donner n’importe quoi comme résultat et comme conséquence alors qu’en choisissant cette solution de compromis entre les divers acteurs nous aurions mis un terme à tout ce problème et de menace qui plane sur notre pays.

Enfin, pourquoi ne pas choisir Liliane Pierre-Paul comme la présidente provisoire du pays pour finaliser les questions électorales dans le pays, comme une bonne réponse  à Joseph Michel Martelly qui l’a humilié avec sa meringue carnavalesque. Cela  aurait été une vraie leçon aux politiciens haïtiens qui ne respectent les gens et surtout les femmes dans ce pays. Pourquoi pas une pétition pour réclamer ce choix et ainsi créer un consensus autour de cette grande Femme Haïtienne qui fait également notre grande fierté.

à suivre…

Hermann Cebert

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