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Êtes-vous en mesure de reconnaître ma détresse et mon cheminement vers le suicide?


Je suis sûr que c’est la question la plus difficile à laquelle vous êtes obligé de répondre aujourd’hui en tant qu’ami, collègue, frère, sœur, voisin ou de la parenté quelconque car, peut-être qu’il y a quelqu’un en ce moment qui est en train de vous lancer des appels au secours et de détresse mais que vous n’êtes pas capable de comprendre ni de reconnaître et cela, dans votre propre entourage.

Évidemment, plus tard sera toujours trop triste et trop tard puisqu’une fois j’aurai fait l’innommable geste qui aura mis fin à mes peines, à mes souffrances, c’est ce que les personnes suicidaires croient toujours, vous irez toujours pleurer sur ma tombe de Facebook en disant que vous l’aviez remarqué dans mes textes depuis un certain temps déjà. De même vous inventerez des circonstances dans lesquelles je vous aurais particulièrement glissé quelques mots, quelques signes et quelques gestes montrant ma dépression, mon isolement, ma tristesse et mon désespoir.

Évidemment, en ce qui me concerne, ça prend un peu plus pour que quelqu’un découvre mes propres problèmes personnels car j’aime parler de la mort et de naissance car pour moi nous naissons à tous les jours, toutes les heures, et c’est à chaque fois que je commence quelque chose fois je reviens à la vie et à chaque fois que je change d,avis sur quelque chose que je passe de la vie à la mort. C’est donc un cycle qui ne cesse de se fermer et de s’ouvrir dans ma vie. En fait je développe plusieurs choses en même temps et au cours d’une seule journée je peux faire de la peinture, de l’écriture, sur la grammaire du créole ou une pièce de théâtre de telle sorte mes journées sont infinies. Cela ne veut pas dire que je n,ai pas des problèmes personnels mais je n’ai pas assez de temps pour mourir maintenant même cette mort peut passer en tout temps. Par ailleurs la mort et moi ne nous entendons pas trop bien depuis un certain temps.

Mais très sincèrement, répondez-moi sincèrement, êtes-vous capable de reconnaître une personne suicidaire dans votre entourage? Peu importe votre réponse, je vous invite maintenant à regarder autour de vous, à prêter une attention toute particulière à vos proches, à vos amis, à vos voisins, à vos collègues de travail, à vos camarades d’écoles ou d’universités et noter quelque part dans votre esprit et dans votre mémoire les signes qui dénotent certaines tendances au suicide. Et s’il s’avère nécessaire, offrez votre écoute, offrez les différents services qui sont mieux outillés que vous pour aider cette personne ou ces personnes car c’est ainsi que vous pourrez sauver une vie.

Il n’y a pas longtemps de cela j’avais écrit et publié un texte sur le lègue de mes œuvres artistiques à des organismes advenant ma mort dans un futur très rapproché. Malgré que j’avais parlé de la mort dans ce très court texte et plus particulièrement de la mort assistée, seulement une personne m’avait écrite pour me demander comment j’allais.

Pourtant, comme vous et comme la grande majorité des gens sur les réseaux sociaux j’en ai plus de deux cents cinquante amis et amies sur Facebook et sur Twitter. Comment se fait-il que ce soit une seule personne qui ait vu qu’il y aurait quelque chose qui n’est pas si clair dans un message rendu public et disponible à tous mes amis ( disons des amis entre parenthèse) car, de vrais amis devraient être en mesure de me faire un petit coucou pour me demander comment ça va.

Et, depuis ce jour-là, j’avais l’intention de vous lancer en plein visage ce texte car quelqu’un d’autre pourrait en avoir besoin de votre aide mais que vous n’auriez rien fait non plus. De plus, je demande à tous ceux qui prétendent être mes amis et mes amies mais qui ne sont pas capables de voir chez moi ou chez leurs amis des signes de détresses de me retirer sur leurs listes d’amis.

Nous ne pouvons pas être seulement des manipulés des plateformes des réseaux sociaux sans pouvoir porter assistance aux autres. La loi sur les bons samaritains nous obligent à venir en aide aux autres. Mais nous restons tellement collés à nos petites vidéos sur les chiens, les chats, la bouffe et les accidents tandis que nos amis, nos proches se suicident en face de nous même lorsqu’ils nous l’écrivent publiquement juste avant poser leurs gestes. Nous devons être plus vigilants que d’ordinaire nous ne le sommes pas.

Je ne dis pas ça pour vous culpabiliser ni pour montrer votre insensibilité à mon endroit, loin de là, d’ailleurs je n’étais pas suicidaire même si je suis déjà passé par là. Ce que je tiens à vous faire constater c’est que à force de nous soucier que de ce qui nous concerne, de ce qui nous console, de ce qui nous préoccupe et, seulement nous-même.

En fait, nous sélectionnons ce qui doit défiler sur nos pages de réseaux sociaux, nous bloquons nos propres amis pourtant, nous nous vantons d’avoir plus d’amis que tous les autres et nous subissons même les pressions des grandes plateformes de ces réseaux sociaux pour gaspiller notre argent en vue de faire la promotion de ces pages. Et ces grands rapaces comme Facebook, Twitter, Instagram, Yahoo, Linked, et tous les autres savourent nos quêtes de popularité pour nous manipuler en nous imposant ceux qu’ils veulent que nous voyons. Parfois ils cachent même les publications de nos amis tant que nous ne regardons pas leurs publicités.

Si les plateformes des réseaux sociaux ne se donnent pas une certaine responsabilité par rapport au suicide, c’est à chacun de nous qu’il revient de nous protéger. Et ce avant que nos amis, nos proches et nos collègues se jettent dans le vide. Leurs images en train de plonger dans le vide mortel nous restera toujours gravées dans les mémoires.

Hermann Cebert

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