Textes et poèmes de Jacques Boyer: FUIR, J’AI REVU, POUR TOI, Pouki? TAMBOUR


 
Photo de Jack Boyer.Photo de Jacques JJ Boyer

POUR TOI
Pour toi, pour essayer de t oublier
Je me suis jeté a corps perdu
Dans une aventure insensée
En quête de mes illusions perdues
A la recherche de toi en une autre
Je voulais oublier ton sourire
De l amour digne apôtre
Fuir sans te maudire

Boyer J J JACK

 

FUIR
Fuir pour aller ou ?
Fuir pour un ailleurs mythique
Fuir, oui fuir cette misère chronique
Ce non- sens qu est ma vie
Je veux fuir ce monde sordide
Ce pays de merde ou le miasme
Vous colle a la peau
Je veux fuir , aller vers la Guinėe lointaine
Terre de mes ancetres
Fuir vers le son de l assotor
Me replonger dans les limbes
Et renaitre , renaitre loin de l odeur de charogne
La pestilence de nos dirigeants
Je veux m en aller
Vers un Eldorado utopique
Ou je n aurai plus faim
Mon pays Haiti , pays des lions
Non , excuse moi , pays de millions
Oui riche en millions pour les banques suisses
Ou autres paradis fiscaux
Haiti ou tout est permis
Pays gouvernė par des voleurs
Presente ton doctorat en idiotie
Et tu es roi en Haiti
Montre la noirceur de ton ame
Et tu es encensė
Sois voleur , et tu deviens prince
Corruption est institutionnalisėė
Le vol , l extorsion sont ėtatisės
Haiti mon pays de merde
Laisse moi fuir , laisse moi m en aller
Vers cet au dela que recherche mon ame
Aux confins de la terre
Peut etre existe t il une autre vie?
Peut etre qu ailleurs on vit
Pas comme Haiti ou on de contente d exister
Pas dans ce pays de tarės ou manger est un luxe
C est un crime de crier sa faim
Dans le bordel haitien
Vous etes rėduit a lutter
Comme un animal
N avoir qu un dėsir
Assouvir sa faim
Ne lutter que pour un pain
Ne lutter que pour satisfaire une faim chronique
Haïti mon pays , quand seras tu dirigė ?


Boyer J J JACK

J’AI REVU
En fouillant dans mes souvenirs, j ai revu
J ai revu une feuille de papier
Une feuille de papier usėe et jaunie
Salie et froisėe par des attouchements rėpėtės
J y ai lu avec ėmotion ma premiere dėclaration d amour
Sur cette feuille de papier d ecolier
D une main mzlhabile et hėsitante
J y ai ėcrit un angoissant**JE T AIME**
Sur cette feuille de papier mouillėe par mes larmes
Larmes d ‘ adolescents , sinceres larmes
Alors je me suis souvenu d ‘ elle
Jolie icone , reine de mon coeur d enfant
Elle ėtait noire , noire d ėbene
Visage d ‘ ovale pure , ėclairėe comme de l intėrieur
Par des yeux immenses et profonds
Elle etait tres jolie ,avec des levres sensuelles
Des seins ėrigės droits
Tel un dėfi a la pesanteur
Son corps en amphore
Dansait , ondulait en marchant
Qui a deja vu marcher une nėgresse?
Envoutante de sėduction
Enfant prėcoce au corps de femme
Je l aimais , je la dėsirais de mon amour puėril.
Nous frėquentions la meme ėcole
Etions en meme classe
Et un jour ,au cours de lettres françaises
Ou on parlait de Tristan et d ‘ ISEULT
Je me suis dėcidė a ėcrire ce JE T ‘ AIME d ėcolier
Et sur cette feuille jaunie par le temps
J ai reversė encore des larmes
Des larmes de regret
De regret car je n ai pas eu le courage
D envoyer ma premier dėclaration d amour.


BOYER J J ACKY

Pouki?
Pouki, pouki sė konsa nou yė?
Pouki medam fesbouk yo toujou ap bay manti
Yo frė , yo klėrė
Yo limen ke soley , yo bel pasė la lin
Yo chanjė vizaj a chak foto
Men pa ransė avė yo
Yo pa fel pou neg
Yo tout sė limėna
Yo pa gen pwoblem kob
Yo pa gen pwoblem rob
Yo nan studio chak jou
Manicure ,pėdicure, coiffure
Yo pran kob nan men tout neg
Eskė rėzo a sė pou nou fe pelin?
Nou pa vin sou rėzo a pou neg
Sat pa vin pou neg
Vin pou fam
Mwen we madivin
Mwen we pédé
A la bel sa ta bel
Si nou itilizė fesbouk
Pou youn tė kon lot vreman
A la bel sa ta bel
Si tout amityė sou fesbouk
Patap gatė pou mėgabytes
M pa jénėralizė
Mem rankontrė anpil konsa
Mėdam an chanjė fesbouk
B. JJ Jack Boyer

 

TAMBOUR
Assommė par deux nuits sans sommeil
Couchė sur le dos, j attendais MORPHĖE
J allais etre gagnė par le sommeil
Par l envie du repos j ‘ etais grisė
Brusquement ,un briit venu
Je ne sais d ‘ ou a mes oreilles retentit
Ce bruit me ramena aux ages perdus
A l ‘ epoque ou je n ‘avais pas de patrie
2
C ‘ etait le lancinant son de l ASSOTOR
Tambour magique, venu de l ‘afrique
Son qui fit tressaillir mon corps
O! Tambour , instrument unique
Vers toi , mon esprit d africain se retourne
Toi qui nous rėunit pour la guerre
O! Afrique ma pensėe vets toi se tourne
Epoque ou nous ėtions des hommes fiers
3
Je me souviens encore,de ces fameux soirs
Ou rėunis sous l ėpais ramage
Nous nous racontions des histoires
Venues du fonds des ages
Histoires de nos peres arrachės du Dahomey
Histoires de cris , de viols et de sang
Histoires de nos peres sur les cotes enlevės
Histoires de crimes et de meurtres effrayant
4
Issus de plusieurs ethnies
Venus de tributs diffėrentes
Liės, maltraitės , abetis .
Convoitise d ‘ une foule hurlante
Entassės au fond d un nėgrier
Transportės dans les iles
Comme des betes ,vendus a la criėe
De la libertė a l ėtat servile

Histoire du peuple haitien
Dont le sang fertilisa cette terre
Dont il fit son bien
Enrenvoyant en enfer
Les damnės colons français
Lors de l ėpopėe de Dessalines
Nous avons chassés ceux qui nous asservissaient
A cup de pied au cul nous les chassames de nos collines
6
C est l histoire haitienne
Un peuple naguere fier un peuple hėroique
Peuple pėrenne
Habitant d une ile autrefois edennique
Ravalė maintenant au rang de bordel
Huė, conspuė , par racisme idiot
Gouvernė , rėgi , comme une maquerelle
Bateau fou qui de touts parts fait eau
B J J Jack Boyer

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Lettre à la Nation de Réginald Boulos


J’ai vécu avec une profonde amertume l’action violente exercée contre les entreprises dans lesquelles je suis associé. Ces entreprises sont le fruit de plus de quarante-deux années de travail éprouvant, de longues nuits de réflexion et d’investissements continus, preuve de ma foi inébranlable dans mon pays. Avant tout, je tiens à exprimer mes sympathies émues et ma solidarité à l’endroit des autres maisons de commerce pillées ou incendiées, à ces marchandes dont les tréteaux ont été détruits, aux propriétaires dont les automobiles personnels ont été endommagés et à tous les chauffeurs du transport en commun privés de leur gagne-pain.

En toute équité, rien ne saurait justifier qu’on détruise avec une telle violence l’œuvre d’un homme qui n’a fait que du bien à sa communauté. Je n’ai fait de mal à personne. J’ai toujours payé régulièrement mes impôts. Ma profession de médecin et mes initiatives d’entrepreneur responsable, aux fortes convictions civiques et humanistes, m’ont amené à construire des hôpitaux, des centres de santé, des écoles au bénéfice des plus vulnérables d’entre nous.

Ces opérations de déchouquage, froidement concoctées et exécutées sous le couvert d’actions de foules mécontentes, constituent la pire des injustices faite à un homme qui a passé sa vie à créer des emplois et emploie aujourd’hui plus de deux mille de ses frères et soeurs haïtiens. Combien d’autres années de durs labeurs me reste-t-il pour tout reconstituer et réparer une telle injustice ? Dieu seul en détient la clé. J’ai, cependant, la foi que par l’intercession et la magnanimité du Très-Haut, je saurai surmonter mes doutes du moment et me relever dignement, fût-ce avec peine et mélancolie.

Ces actes de destruction d’une violence inouïe m’ont évidemment ébranlé. Les auteurs intellectuels et exécutants de telles monstruosités ont-ils pensé un instant à leurs conséquences désastreuses et douloureuses dans la vie de ces jeunes travailleurs, ces professionnels dévoués, ces mères et pères de famille dont le seul crime n’a été que de vouloir gagner leur pain quotidien dans la dignité par le travail et à la sueur de leur front ?

Ils sont plusieurs centaines à se retrouver actuellement, par la force des choses, sans emploi et à aller grossir les rangs de ceux qui doutent de plus en plus de l’avenir du pays, qui s’inquiètent de leur demain, de celui de leurs enfants et qui contemplent l’exil vers des terres plus accueillantes et prospères malgré leur attachement viscéral à la terre natale. C’est 673 salariés directs de la Delimart qui sont, à présent, au chômage et des centaines d’autres, dépendant de l’activité de nos fournisseurs locaux, à être sur le pavé sans revenus dans un contexte économique et social déjà très précaire.

Tout un écosystème social, fait de petits marchands mobiles d’articles divers, de vendeurs fixes et mobiles de repas chauds, d’artisans et d’ingénieux confectionneurs de produits comestibles de la capitale et de la province, s’était constitué autour de la Delimart. Entre les agents économiques d’un tel réseau s’établissaient des relations d’affaires durables et ponctuelles qui faisaient vivre des ménages entiers. C’est avec tristesse et les larmes aux yeux que j’ai assisté à l’effondrement, en un jour et par l’action malveillante de criminels sous contrat, de toute cette chaîne d’échanges commerciaux mutuellement dépendants et essentiels à l’économie nationale.

Chers compatriotes, l’heure est venue de nous demander sereinement et sérieusement de quelle Haïti voulons-nous. Les choses doivent changer dans le sens du bien dans notre pays. Il nous faudra tenir compte des demandes légitimes de mieux-être émanant des catégories pauvres et marginalisées de notre peuple.

En raison de la stagnation de l’économie, de l’instabilité politique et des crises sociales de tous ordres, les couches dites moyennes se voient de plus en plus exposées à cette précarité qui semblent n’épargner que de petites poches de richesse. Quand l’ascenseur social ne fonctionne plus, et que des segments importants de la société vivent dans l’angoisse perpétuelle d’une improbable mobilité sociale, les frustrations abondent avec pour corollaires les agitations de rue et les violences de foules périodiques auxquelles notre pays est tellement accoutumé.

Lors des pillages de supermarchés le samedi 7 juillet, il se trouvait, parmi les déchouqueurs professionnels en mission, des personnes aux conditions très humbles, des pauvres qui avaient effectivement faim et en quête de quoi se nourrir le jour-même, voire le lendemain.

L’appareil judiciaire doit épargner ces êtres tourmentés de misères insoutenables et sévir avec la dernière rigueur contre les criminels de métier, les auteurs intellectuels, les opérateurs et groupuscules politiques de mauvais aloi, et contre les acteurs et groupes d’intérêts économiques ayant commandité et financé ces opérations ciblées de déchouquage.

La misère des humbles ne saurait servir de prétexte aux entreprises de revanche politique ni de couverture aux actes mafieux de vendetta économique. La soif pathologique du pouvoir des uns constitue un frein à la consolidation de la démocratie en Haïti. De même, l’appétit glouton d’autres pour davantage de richesses mal acquises se pose en menace pour la bonne gouvernance, l’investissement entrepreneurial privé sain et la stabilité politique et sociale.

Je suis Réginald Boulos, citoyen haïtien à part entière et descendant d’immigrés libanais arrivés en Haïti au milieu du XIXe siècle. Je demeurerai moi-même, entier et intégral, dans mon identité, mes engagements sociaux et mes convictions. Alors que, légitimement, nous critiquons l’attitude raciste de Donald Trump envers les immigrants, me voilà, drôlement, victime, dans mon propre pays, d’agissements racistes orientés contre les Haïtiens originaires du Moyen-Orient, lesquels sont connus pour être, dans leur grande majorité, de rudes et d’honnêtes travailleurs.

Ils créent, pour beaucoup, des emplois durables et s’acquittent de leurs redevances fiscales en citoyens responsables. Je n’ai pas encore décidé des suites à donner à ce déferlement de haine aux conséquences douloureuses tant pour moi que pour des centaines d’autres affectés.

Je préfère attendre le retour à plus de sérénité. Une des options qui s’offre à moi est de chercher pour mes enfants une terre plus clémente, un pays plus hospitalier aux immigrants. Je voudrais surtout éviter à mes enfants d’avoir à revivre cette expérience infernale. L’amour et l’attachement à la mère patrie rendent un tel choix dramatique et difficilement envisageable.

J’entends surtout rester moi-même dans mon parti pris pour la promotion de l’entrepreneuriat privé en Haïti, la création d’emplois à grande échelle. Je veux continuer à accompagner des entrepreneurs des classes moyennes dans la constitution d’entreprises viables et prospères.

La solidarité sociale s’impose à moi et devrait s’imposer aux plus privilégiés d’entre nous comme un choix humain incontournable. Je ne me départirai jamais de mon combat progressiste pour une Haïti de création de richesses, de justice sociale et de prospérité. Une Haïti moderne où règne l’Etat de droit et où tous et chacun œuvrent, solidairement et collectivement, pour la protection des vies et des biens dans une communauté épanouie et apaisée.

Dr Réginald Boulos

Citoyen haïtien

Port-au-Prince, le 19 juillet 2018

Joseph Michel Martelly serait très malade dans un hôpital à Miami


Selon plusieurs personnes qui seraient proches de la famille de Joseph Michel Martelly, l’amuseur public, musicien et président de Haïti, Sweet Micky serait proche de mourir dans un hôpital en Floride, à Miami.

Tandis que le Chanteur duvaliériste et jeanclaudiste notoire se trouve actuellement entre la vie et la mort, toute sa famille se serait déjà exilé en République Dominicaine depuis les événements insurrectionnels qui se sont déroulés en Haïti contre le régime de Jovenel Moïse et qui a causé plusieurs pertes en vies humaines et en biens matériels pour la population haïtienne et pour certains commerçants.

Et plus important encore, cette insurrection civile marqué par des incendies, du pillage, de la destruction aurait coûté la vie à une douzaine de jeunes haïtiens dans le pays.

Est-ce que le choix de la famille de Martelly de quitter le pays coïncidera avec le départ de toute l’équipe de Jovenel Moïse qui ne jouit actuellement d’aucune crédibilité à la fois, auprès de la population haïtienne qui a forcé la chute de son Premier ministre Jacques Guy-Lafontant et de tout son gouvernement, ensuite auprès des hommes et femmes d’affaires haïtiens qui ont déjà exigé sa démission, et enfin auprès de la communauté internationale dont les représentants de la communauté européenne avait dénoncé touts les gaspillages qui se faisaient au sein du ministère de la coopération externe et dans l’ensemble de tous les autres ministères du pays?

Si tout semble être assez évident pour un changement en profondeur dans le pays avec bien sûr plus de 64 personnes pauvres arrêtés et qui seraient probablement fusillés par les milices du régime de Jovenel Moïse, la grande peur qui s’installe actuellement dans le pays semble faire planer sur Haïti des heures très sombres pour les couches de personnes les plus vulnérables et les plus pauvres des haïtiens.

La situation devient de plus en plus critique pour les Haïtiens de l’intérieur et à l’extérieur du pays et ce sont le groupes les plus riches et les politiciens comme Jovenel Moïse qui doivent être responsables de toutes les formes de violences qui risquent de se produire en Haïti.

Hermann  Cebert