Le Vrai Discours Actuel de Hermann Cebert

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Interview du général Henri Namphy: Il compte reprendre service dans le cadre de l’occupation dominicaine d’Haïti


Pour la première fois depuis qu’il a quitté le pays en 1988, le général Henri Namphy, qui vit en République dominicaine, a accordé une longue entrevue au journal Listin Diario que nous reprenons intégralement.

L’ancien président d’Haïti, le lieutenant-général à la retraite Henri Namphy, dans un entretien accordé à Listin Diario, l’unique depuis qu’il a quitté ses fonctions en 1987, a admis qu’ « au cours de notre histoire, nous n’avons rien fait pour emprunter un nouveau chemin ».  Il a notamment abordé des thèmes comme la migration, le principal obstacle entravant la remobilisation de l’armée d’Haïti, l’incapacité d’extraire son pays natal du marasme, sans compter sur une éducation de base et aussi la responsabilité des Haïtiens dans tous les problèmes auxquels fait face Haïti.

À 84 ans, l’ancien chef d’état-major des FAD’H, après 29 ans de résidence en République dominicaine, est parvenu à la conclusion qu’Haïti est un État failli, et que nous « les Haïtiens sommes les responsables ». Retour sur cette première interview accordée par le général Namphy au journal dominicain.

Comment évaluez-vous la situation actuelle en Haïti?

Cela fait 29 ans depuis que je vis en République dominicaine sans accorder d’interviews ni participer à la politique. Depuis tout ce temps, il devient très difficile de voir de loin, mais cela ne vous empêche pas d’évaluer en général la situation dans mon pays, comme Haïtien, je suis obligé de réfléchir et de chercher des solutions.

Dans les médias et à l’étranger on parle beaucoup d’Haïti, mais je vois que les opinions sont émises sans une vraie connaissance de la réalité haïtienne; une compréhension approfondie pour pouvoir rechercher des solutions à nos problèmes est nécessaire.

Le problème d’Haïti n’est pas essentiellement politique. Il réside dans l’éducation. Haïti a trois problèmes: éducation, éducation et éducation. Sans éducation, le citoyen n’existe pas, on ne peut pas parler de démocratie sans le citoyen. Mais il s’agit d’une question très complexe, car il est très difficile, cependant, de monter un programme éducatif qui mettra fin à l’analphabétisme.

Haïti est un pays avec une population rurale dispersée, il est donc très difficile d’éduquer les villageois.

Je ne doute pas qu’en Haïti, on travaille avec fermeté et volonté politique dans cette direction, que le pays sera organisé et développé.

Haïti est un État défaillant?

La plupart du temps,  il n’y a pas de gouvernement, pas d’État, pas d’institutions pour former un État. On devrait créer des institutions fortes afin de penser à un État de droit. Les Haïtiens sont les premiers responsables de ce qui se passe en Haïti. Parfois, on parle de la communauté internationale, mais les Haïtiens sont les responsables de l’administration du pays. À plusieurs reprises, nous avons eu de bonnes occasions telles que le tremblement de terre du 12 janvier 2010, nous regrettons beaucoup les dégâts et les victimes, mais cet événement malheureux a été l’occasion de construire un nouveau pays.

Où est le problème en Haïti ?

En tant que militaire, j’étais commandant de toutes les régions du pays, y compris le commandant de la frontière. À ce moment-là, les problèmes ont été résolus entre les deux pays, à même la frontière. On ne peut pas résoudre les problèmes frontaliers en étant assis dans des bureaux, avec de l’air conditionné et la moquette. Comment demander à quelqu’un de résoudre ce genre de situation s’il ne connaît rien de la frontière. Constitutionnellement, l’armée existe, aucune règle ne peut aller à l’encontre de la Constitution. Ils sont en train de parler de remobilisation de l’armée, mais cela doit être bien pensé. Parce qu’il y a une réalité: Où va-t-on recruter les membres de cette armée? Dans la société haïtienne. Quand vous donnez à un jeune une formation militaire, ce garçon porte en lui le bien et le mal de la société ; sans la formation éducative nécessaire, nous sommes entravés parce que le personnel n’est pas digne d’être militaire, ni policier, et n’est bon à rien. De sorte qu’il n’est pas facile de le faire maintenant. Je suis d’accord, mais on doit bien analyser cette décision avant de la matérialiser.

Quelle est l’origine de la migration des Haïtiens sans papiers?

Cela réside dans l’asymétrie existant dans le développement entre les deux pays.

Il y a un autre facteur affectant les populations qui émigrent: la dégradation de l’environnement, la déforestation a détruit Haïti à cause de l’irresponsabilité des autorités.

Que se passera-t-il en Haïti avec le retrait de la MINUSTAH?

Haïti a toujours connu l’occupation étrangère. Mais lors de la première occupation de 1915, le gouvernement du président Louis Borno, comptant sur une solide équipe de négociation avec les occupants, a obtenu l’organisation des services publics dans le pays. Après le départ des troupes américaines, Haïti disposait d’une administration publique forte et utile. La seule chose que Borno n’a pas négocié, c’est l’éducation des Haïtiens. L’éducation doit être l’apanage des Haïtiens, ceci n’est pas négociable, a déclaré le président Borno. Encore aujourd’hui, le salut doit venir des Haïtiens d’abord, naturellement, avec l’aide de la communauté internationale.

Quelle autre situation empêche le développement d’Haïti?

Il y a près de 30 ans, en 1987, sous le règne du Conseil  national du gouvernement (CNG), les constituants ont agi avec émotion et le sentiment partagé en grande partie par le peuple haïtien contre Duvalier. Une Constitution pour Haïti n’a pas été approuvée, sinon un costume taillé sur mesure contre les Duvalier.

Une société ne peut pas construire sa législation fondamentale basée sur l’émotion du moment, maintenant Haïti est en train de payer cher cette erreur. Par exemple, dans mon pays, il a été prouvé que l’organisation politique composée d’un Premier ministre et d’un président ne fonctionne pas, à cause des problèmes graves et urgents qui traînent depuis des décennies. Ainsi, un gouvernement à deux têtes fonctionne mal dans les pays développés comptant sur une plus grande force institutionnelle, imaginez dans mon pays ! Lorsque le président de l’Assemblée constituante, Emile Jonassaint, est allé à mon bureau au Palais national me donner le projet de loi adopté, je me suis dit : c’est le résultat du vote majoritaire de l’assemblée, moi en tant que citoyen, je ne vais pas voter oui au référendum, et ma réponse a été celle d’un citoyen.

Source Listin Diario

Traduction Patrick STPRE nouvelliste
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Père Céleste en Nous: affirmation pour l’abondance et la prospérité


Père Céleste en nous,

Nous nous tournons vers ta présence La Force Créatrice

Pour nous attirer, tout bien nécessaire à notre existence

Nous savons ce qui est entretenu dans notre conscience

Nous attire et vient aussi vers nous conscience créatrice

 

Présence divine en nous la seule force agissante en nous

Force et présence qui opèrent par nous et à travers nous

Ce qui nous permet, de rendre notre vie ici-bas agréable

Car ta seule présence en nous, nous rend fort et multiple

…….

Quiconque se rappelle de cette affirmation est prié

de me faire parvenir la fin de ce texte. Merci.

 

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Comment comprendre le climat de violence et de terreur en Haïti: Pourrait-il s’agir d’actions destabilisatrices des forces réactionnaires traditionnelles dans le pays


Le philosophe éveilléDans un précédent article concernant les méthodes d’élimination d’opposants utilisées par les régimes d’extrêmes droites. J’expliquais comment certaines personalités pouvaient devenir des victimes potentielles par ce que j’appelle des Crimes de Liaisons Non Correspondantes. Ce type de crime politique se fait souvent par les régimes d’extrêmes droites tels que les milices attachées à ce régime mais également des groupes d’intérêts souvent plus puissants et fonctionnant dans l’ombre.

Quant aux victimes elles-mêmes, elles peuvent être n’importe quel citoyen hônnette et respectueux. Cependant, à cause de la nature des effets escomptés par le groupe meurtrier, il peut y avoir des antécédants qui apparaîtront comme étant la véritable cause de l’acte criminel qui, pourtant n’est pas la véritable cause de l’acte criminel. Par conséquent, la justice et l’opinion publique  tendent à se laisser piéger à la fois dans l’enquête judiciaire que dans les demandes de justice que l’opinion publique réclamera.

Il est vrai que ce genre d’analyse est assez complexe à saisir par les profanes de la justice, du système de justice et plus particulièrement des techniques d’enquête et d’espionnage, toutefois il faut bien que les enquêteurs spécialistes s’apprennent à d’une part, développer la distance au rôle et d’autre part, avoir des vues d’ensemble qui doivent être imbriquées l’une dans l’autre et c’est cette résultante de comportement et d’attitude qui constituera le meilleur modèle méthodologique d’investigation afin de trouver les véritales coupables.

Ce que je veux dire de façon plus simple c’est que les cas de crimes politiques sont planifiés de telle sorte qu’on semble connaître de façon évidente les auteurs des crimes  qui sont commis. Leurs planifications sont telles que n’importe quel simple citoyen pourrait et peut avoir une impression qui peut également se transformer en conviction à propos de l’auteur du crime en question cependant, cet honnête citoyen peut à 99% se tromper s’il s’agit d’un crime qu’il n’a pas été témoin et plus encore, comme c’est souvent le cas, qu’il n’y a pas de preuve et de matériel permettant d’identifier le véritable criminel de l’acte commis.

Dans le cas de Crimes de Liaisons Non Correspondantes, comme je l’identifie, il faut comprendre que n’importe qui peut être la victime et également n’importe qui peut être accusé et condamné comme coupable parce que la planification prévoit aléatoirement à la fois le présumé coupable et la victime et les seuls liens qui existeront entre eux seront une ou plusieurs causes insignifiantes mais parce qu’ils n’existent pas véritablement dans les faits ces liens, il s’en suit que des innocents peuvent être accusés, des innocents sont victimes alors que les criminels continuent de circuler et de vivre sans aucune crainte de se faire attraper par la justice et la police.

Pour qu’un groupe commette des crimes de liaisons non correspondantes il faut qu’il possède un grand pouvoir économique, des mercenaires criminels diposés à commettre ces crimes odieux mais également, il faut bien qu’il dispose d’un bon système de communication capable de coordonner ses activités de liaison et d’identification à la fois des victimes et des prétendus coupables selon et en fonction des intérêts défendus. Autrement dit, seuls les groupes d’intérêts politiques et financiers élevés peuvent investir dans ce genre de crimes.

Il faut qu’il y ait de gros intérêts à défendre pour tomber et pratiquer cette macabre entreprise sinon quelque soit les autres types de crime commis dans une société l’ État et la police d’un commun accord avec la justice devait pouvoir élucider ces crimes.

Et d’ailleurs s’il ne s’agit pas de groupes organisés qui commettent ce genre de crime la police devait pouvoir facilement dans les 24 heures suivant le crime trouver ou avoir une idée du profil du groupe criminel en question et à la limite le coupable.

Or, voilà que dans un climat de succession de crimes politiques ou sociaux, terrain propice pour les actes criminels, les esprits sont souvent ailleurs y compris ceux des  enquêteurs affectés et chargés sur ces dossiers puisque eux-mêmes font partie de la société mouvementée et agitée.

À mon avis, selon ce qui se passe actuellement où il y a une montée de violence gratuite et extrêmement criminelle sans précédent, il doit y avoir des groupes de grands intérêts dans le pays qui se cachent derrière les vagues successives de crimes dans le pays.

Ces intérêts doivent être assez importants pour que ces groupes se maintiennent cette cadence. Si je dois faire un lien entre ces crimes et ceux qui avaient été commis dans le pays dans le passé pour lesquels il n’y a toujours aucune conclusion, je constate une constante entre ces crimes, l’opinion publique semblait toujours connaître le présumé coupable et, ce même présumé coupable défendait toujour son innocence.

C’est donc pour cette raison que je me suis souvent demandé pour cette opposition constante entre la version de l’opinion qui parait souvent assez convaincante et celle du présumé coupable qui elle aussi, parait souvent convaincante. Je me rend également compte qu’il y avait souvent des causes de faibles importances comme des conflits mineurs, des propos et des discours de divergence qui peuvent facilement être considérés  et attribuables à la cause et aux motifs de liaison entre les prétendus coupables et les personnes victimes.

Cependant, bien que je n’aie pas vraiment de résultats d’enquêtes qui puissent confirmer que tel prétendu coupable était ou non le véritable criminel hors de tout doute raisonnable tel que les opinions publiques l’auraient prévu.

De même, aucun jugement n’a encore confirmé hors de tout doute que le prétendu accusé ou criminel en était le véritable coupable. Par conséquent, je dois croire que les crimes politiques qui se commettent actuellement en Haïti sont l’oeuvre de groupes criminels organisés qui de façon aléatoire choisissent à la fois les victimes ainsi que les accusés mais qui, la victime et l’accusé sont fondamentalement de personnes innocentes.

Par ailleurs, compte tenu de cette analyse que je viens de faire, je dois admettre que tous les citoyens sont susceptibles d’être la victime ou l’accusé plus particulièrement, les citoyens qui ont une certaine image politique capable d’amplifier exagérément les faits et les causes par l’ensemble de l’opinion publique.

D’ailleurs, c’est en ce sens que ces crimes doivent être considérés comme des crimes politiques mais également c’est parce que les personnes impliquées comme victime et comme accusée apportent des ampleurs médiatiques exagérées qui fait qu’elles avaient été choisies pour être des victimes et des accusés potentiels pour ces groupes organisés.

Ici, il faut bien reconnaître le caractère psychologique du choix des personnes victimes et accusées dans ces cas de terreurs d’État et de terreurs de groupes organisés et de groupes d’influence et d’itéreêts dans le pays.

Toujours selon la thèse en arrière derrière cet article, ce sont les grands groupes d’intérêts financiers et politiques qui ont l’habitude de supporter la violence et la terreur en Haïti dans le passé qui continuent encore de financer et de commanditer les crimes actuels, ces crimes visent à renverser certaines situations d’intérêts et de force et plus particulièrement, ces crimes peuvent viser à renverser des rapports de pouvoir néfastes et négatifs à leurs intérêts.

De ce fait, je peux conclure, parce que les victimes et les accusés peuvent être n’importe qui, tout acteur politique est surveillé, contrôlé, par conséquent n’importe qui peut faire les frais de cette grande machine criminelle opérée à distance par des groupes organisés.

Hermann Cebert

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L’ex premier Ministre Laurent Salvador Lamothe vivrait-il dans la peur depuis sa démission du gouvernement de Joseph Michel Martelly?


Le philosophe éveillé

Alors que l’ancien Premier Ministre haïtien, Laurent Salvador Lamothe, continue de s’inscrire dans le registre des éternels candidats à la présidence d’Haïti depuis qu’il est entré en politique par l’entremise de son ancien meilleur ami Joseph Michel Martelly, voilà que nous venons d’apprendre qu’il vivrait dans une très grande peur depuis que Joseph Michel Martelly a été contraint de forcer son meilleur ami à remettre sa démission comme Premier Ministre sous pression de quelques bourgeois mulâtres.

Quelles sont les quelques familles riches d’Haïti qui ont dû payer quelques millions de dollars à Martelly pour forcer la démission de Laurent Lamothe?

Pourquoi, même après la démission de Laurent Lamothe qui n’a passé que trente et un mois (31 mois) comme premier ministre, ces quelques familles continuent de vouloir à Laurent Lamothe?

Qui avaient fait pressions sur Joseph Michel Martelly pour qu’il n’ait pas endossé Lamothe de telle sorte que ce dernier n’ait pas pu devenir Président de Haïti en lieu et place de Jovenel Moïse?

Quelles sont les chances de Laurent Lamothe de pouvoir réaliser son grand Rêve de pouvoir devenir un jour Président d’Haïti en 2022?

Laurent Lamothe continuerait-il de pêcher par conviction idéologique ou par naïveté et d’absence de vrais conseillers organisationnels et indépendants de son influence?

Afin de tenter de répondre à ces questions, nous allons laisser Laurent Salvador Lamothe lui-même identifier ceux qui lui font peur dans le pays et reprenant quelques exemples de ce qu’il considère comme ayant été les éléments de son bilant comme premier ministre et Ministre des affaires étrangères du pays.

Ensuite, nous ferons quelques rappels de ce que nous savions déjà sur les causes de la démission de Laurent Salvador Lamothe pour enfin pousser nos analyses un peu plus loin afin d’éclairer nos lecteurs sur ce qui nous semble être la naïveté et l’amateurisme ainsi que le manque d’encadrement des politiciens haïtiens. Évidemment, nous diviserons notre sujet en plusieurs articles dans le but de ne pas fatiguer et de ne pas abuser la disponibilité de nos lecteurs.

C’est important de disséquer les divers aspects de la démarche présidentielle de Laurent Lamothe afin de pouvoir dégager ses forces et ses faiblesses car jusqu’ici il apparait comme un politicien atypique de ceux qui ont déjà occupé des hautes fonctions dans le pays.

Bien entendu, à l’entendre parler on constate facilement qu’il n’est pas un grand orateur et qu’il semble être très seul au milieu d’un petit groupe de flatteurs qui l’adulent puisqu’il semble être très généreux avec eux.

Et, j’ai pu facilement découvrir et comprendre cet environnement immédiat de Laurent Lamothe puisque j’étais un grand inconnu parmi les 70 personnes présentes à cette rencontre alors que je suppose que suis l’un de ceux qui ont beaucoup écrit sur Laurent Lamothe comme ministre des affaires étrangères, comme premier ministre, comme candidat potentiel à la présidence d’Haïti. J’ai été parfois très critique mais reconnaissant tout aussi ses bonnes actions à travers un ou deux de ses ministres.

Certainement, comme je l’ai maintes fois répété, je n’ai rien contre qui que ce soit et, moins encore contre les politiciens haïtiens ou les bourgeois haïtiens, ce que je leur offre c’est une lecture différente, des propositions constructives, des projets et d’une vision pratique compte tenu de mes expériences, de mes lectures, de mon intérêt pour le développement, la grandeur, la prospérité et le bonheur de tous les haïtiens.

Et, si de part cette noble intention, certains politiciens et bourgeois haïtiens estiment que peux ou que je suis une menace pour eux tant pis car cela voudrait dire très simplement qu’ils se trompent d’ennemis. Car, je n’ai en ce qui me concerne aucun ennemi même pas ceux qui souhaitent ma mort ou qui écrivent ou disent des méchanceté sur moi. Comme disent les québécois, j’ai la couenne dure puisque tout ce qui aurait pu m’affecté je les ai déjà entendu ou subi durant ma longue vie.

Dans cette vie que Dieu m’a accordé je suis en train de me réaliser spirituellement, et tout le reste c’est du détail. Ce que certains sont en train de découvrir dans leur vie, je les ai déjà saisi et compris. Ce qu’ils recherchent comme satisfaction personnelle, je les ai déjà dépassé. J’ai déjà vécu la plus grande misère et la plus grande opulence et actuellement c’est juste mon choix de vivre simplement. J’ai rencontré des grands et des faibles et j’ai pu apprendre avec eux tous ce que je devais apprendre avec eux compte tenu qu’il m’a été offert de les avoir comme enseignant, éducateur, sage, philosophe ou moine.

D’ailleurs, je suis même parvenu à lui chuchoter l’oreille qu’il était en train de faire les mêmes erreurs idéologiques qui lui ont poussé à remettre sa démission, voire également à ne pas avoir été retenu comme candidat à la présidence sans oublier le choix de dernière minute de Joseph Michel Martelly de son poulain Jovenel Moïse.

En effet, en cette soirée du 30 juin 2017, dans la grande salle du local de la perle retrouvée, après plus 1h30 d’attente, Laurent Salvador Lamothe est arrivé escorter par un groupe imposant de d’agents de sécurité  composé d’haïtiens et de quelques blancs tandis que la présidente de sa, Fondation Louis G Lamothe, Roxane Anne Auguste ancienne responsable du programme social Ti maman Chérie, l’attendait avec sourire aux lèvres et surtout calepin en main pour reprendre coordonnées et téléphones d’anciens amis de Montréal et de Québec.

C’est ainsi, dans l’esprit de tous les invités de cette assistance de 70 personnes environs présentes, la visite de Laurent Salvador Lamothe s’inscrit dans sa démarche électoraliste bien que les organisateurs aient pu faire comprendre qu’il s’agissait d’une certaine occasion offerte à l’ancien premier Ministre du régime de Martelly de présenter les programmes de sa fondation qui porte le nom de son père.

Sans perdre de temps, Laurent Lamothe se promène dans la salle pour essayer de rencontrer et de saluer presque toutes les personnes présentes pour enfin aller s’installer devant l’auditoire où il commence à faire le rappel de ce qu’il considère comme étant son bilan.

En effet, dès le début de sa propre présentation ou du moins de la présentation de sa propre personne, Laurent Lamothe explique comment il a trouvé le pays après le tremblement de terre de 2010 dont une administration dépourvue de tout et où son mobilier était quasiment inexistant et très peu de collaborateurs et de techniciens pouvant l’aider dans sa tâche et dans ses fonctions de premier ministre.

Il parle des problèmes de l’insécurité  qui rongeaient le pays sur tout avec les groupes de Bandits et de kidnappeurs qui rendaient la vie très difficile pour quiconque. Or en parlant de l’insécurité et plus particulièrement des groupes intouchables dans le pays, les non dits de Laurent Lamothe ou l’absence de certains dits de Laurent Lamothe nous expliquent déjà quelques éléments de ce qui semble être la source de ses grandes peurs depuis qu’il n’est plus Premier Ministre.

Il nous a rappelé toute sa démarche pour essayer de résoudre cette insécurité dont l’affaire du réseau des kidnappeurs et de l’arrestation de Clifford Brandt et plus particulièrement de l’évasion de celui-ci, de ses démarches auprès des autorités dominicaines et de la stratégie de Clifford Brandt de se placer directement sur la ligne frontalière comme pour faire savoir aux autorités haïtiennes qu’il se trouvait en territoire dominicain.

Pourtant à aucun moment de sa présentation de cette affaire, l’ex premier ministre Laurent Salvador Lamothe n’a été en mesure de prononcer le nom de Clifford Brandt et ce, malgré toutes les explications de Laurent Salvador Lamothe sur ce que tout le monde de l’assistance pouvait facilement comprendre car extrêmement publicisé et une grande affaire qui a choqué plusieurs mais que toutes les ambassades savaient très bien dans le pays.

C’est donc ce silence de Laurent Salvador Lamothe qui constitue pour moi ce que certains de ses proches m’ont révélé comme faisant partie de la grande peur qui l’habite depuis qu’ils n’est plus premier ministre. Il sait très bien pourquoi il ne pouvait pas citer ou prononcer le nom des Brandt dans le pays.

À ce propos, je vous invite à relire les dix ans d’histoire secrètes d’Haïti pour comprendre le pouvoir qu’exercent les cinq et les dix familles les plus riches du pays. De même je vous conseille de lire la biographie du grand père de Clifford Brandt, pour vous rafraichir la mémoire de ce que O J Brandt a fait pour devenir très riche dans le pays.

à suivre….

Hermann cebert

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Comment les élites haïtiennes s’arrangent pour détruire la jeunesse d’Haïti: opinion sur les demandes des écoliers et étudiants haïtiens


Depuis plusieurs semaines déjà, les écoliers et les étudiants haïtiens ne cessent de réclamer des professeurs pour ne pas perdre leur année scolaire compte tenu que les derniers gouvernements qui se sont succédés avaient tous choisi de ne pas payer les professeurs des écoles publiques du pays ainsi que celles qui font partie des programmes de financement par l’État.

Ce choix de ces derniers gouvernements, dont celui de joseph Michel Martelly, celui de Jocelerme Privert et maintenant celui de Jovenel Moïse, montre clairement la volonté de cette frange de l’élite politique du pays de maintenir la jeunesse d’Haïti dans l’ignorance en l’empêchant d’avoir accès à une éducation et à des enseignements de qualité au pays même. Pourtant, entre temps, pendant que les élites politiques et économiques du pays abandonnent à eux-mêmes les élèves et les étudiants haïtiens des classes laborieuses et pauvres, leurs enfants sont en train d’étudier dans les grandes universités à l’étranger.

C’est également la continuité de ce que plusieurs rumeurs qui circulent concernant un vaste projet d’anéantissement total et final de tous les haïtiens afin de transformer Haïti en un endroit de villégiature et de repos pour des retraités occidentaux. Et, Jovenel Moïse et tout son gouvernement est en train de concrétiser ce vaste projet lorsqu’il décide de ne pas payer les malheureux professeurs des écoles et des lycées du pays

En ce sens, toutes les élites haïtiennes dont les élites économiques et les élites politiques doivent appliquer des politiques visant à décourager tous les jeunes haïtiens à s’intéresser à aller à l’école afin que tous les jeunes haïtiens arrêtent de lire et d’écrire et en étant toujours analphabètes. Et, ce sont donc les politiciens comme Joseph Michel Martelly, de Jocelerme Privert, de Jovenel Moïse  qui sont en train de piloter ce vaste complot contre les jeunes haïtiens et de toute la jeunesse haïtienne.

Évidemment, puisque ces politiciens profitent de l’ignorance de la jeunesse du pays pour accéder au pouvoir en Haïti, ils ont profité également pour envoyer tous leurs enfants aller étudier à l’étranger tandis que ce ces mêmes politiciens qui signent des accord internationaux pour pousser les haïtiens à quitter leurs pays.

Actuellement, à la frontière du Panama, à la frontière du Mexique, au Bahamas, à la frontière américaine, à la frontière du Brésil on trouve plusieurs centaines et plusieurs milliers de jeunes haïtiens qui sont coincés et attendant des visas  pour entre dans ces pays tout simplement parce les gouvernements d’Haïti font tout pour mettre des passeports disponibles et à la disposition de ces jeunes afin de les forcer à quitter le plus vite et le plus rapidement le pays.

D’ailleurs, on peut se rappeler des premières mesures politiques prises par Jovenel Moïse concernant le carnaval et surtout lorsqu’il avait décidé d’encourager la production des passeports à la tonne, ou encore lorsque son gouvernement a cessé de payer les professeurs des écoles publiques et de toutes les écoles qui sont inscrites au programme d’écoles pour tous.

Compte tenu de l’ensemble des actions menées jusqu’ici par le régime prolongé de Joseph Michel Martelly à ce qui a rapport avec la fermeture des écoles, les incitations pour pousser les jeunes à quitter le pays, aux diverses dépenses inutiles pour le financement de la caravane de propagande présidentielle, nous sommes obligés de reconnaitre que ce régime entend maintenir le pays dans la misère et dans la dépendance de l’aide conditionnée de la communauté internationale.

Par ailleurs, selon les quelques informations que nous avons recueillies et qui se confirment à mesure que les jours passent, le régime de Jovenel Moïse est en train de s’enrichir des fonds de l’État de façon sans vergogne et malhonnête. Plusieurs ministres et directeurs d’organismes autonomes se sont enrichis plus vite que tous ceux qui se sont enrichis sous les autres gouvernements précédents.

Autrement dit, avec Jovenel Moïse, son premier ministre Guy-jacques Lafontant et de tous les ministres de son gouvernement c’est le vol, le gaspillage, les rackets, le banditisme légal qui se poursuit. Voilà pourquoi c’est seulement la jeunesse du pays qui doit enfin se réveiller en prenant conscience pour pouvoir libérer le pays de ces de ces criminels et de ces voleurs.   Sans un mouvement coordonné, concerté de toutes les forces vives du pays, Haïti est donc condamné à rester dans la pauvreté et dans la misère.

à suivre…

Hermann Cebert

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Une position de Droit et de Principe sur l’incident qui s’est produit à la Faculté d’Ethnologie: Lacks-Guvens CADETTE


Je suis conscient que les formes de protestation utilisées au sein de l’Université d’Etat d’Haïti, ne sont pas appréciées par plus d’un. Il faut accepter aussi qu’en Haïti, les luttes pacifiques n’apportent pas, dans la majorité des cas, des solutions aux problèmes posés.

C’est presqu’une constance. Nos dirigeants attendent toujours le dernier cri pour penser aux solutions et nous connaissons bien l’importance des manifestations violentes, des pneus enflammés dans la recherche de solutions en Haïti.Entendons-nous, il n y a pas une forme sacramentelle pour faire passer une revendication. Il faut le faire en fonction de la réalité politique et historique du lieu de la revendication.

Je comprend qu’on peut toujours critiquer l’étudiant  qui a utilisé cette voie pour exprimer ses frustrations à un système qui ne fait que s’empirer quotidiennement. Une position de dernier cri, cynique ou anticonformiste.

Par contre, Il n y a rien qui empêche l’individu de manifester sa colère, de revendiquer ses droits à travers une action pacifique. Kouche devan yon machin pa yon enfraksyon, nan lakou yon fakilte ankò. C’est une forme de manifestation. Et ceci est un droit et il est constitutionnel avant toute considération.

Par ailleurs, la personne qui a démarré l’appareil à moteur pour mettre en péril la vie de l’étudiant, quel que soit son statut, doit répondre à sa responsabilité. Car, accélérer pendant qu’on sait pertinemment qu’il y a la vie d’un individu qui est en jeu, est un acte criminel.

Donc, Le Parquet de Port-au-Prince et la Police Nationale doivent faire ce que de droit et il faut remettre en question la gestion et les différentes instances de décision de l’université d’Etat d’Haiti.

Lacks-Guvens CADETTE
+50937749208

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Les cinq règles de la rhétorique conspirationniste


Par Emmanuel Taïeb

 

 

"The Gunpowder Plot Conspirators", de Crispin de Passe l'Ancien (1605)
 
Le discours conspirationniste ne se désigne pas nécessairement comme «conspirationniste», même s’il développe un argument du complot, parce que le conspirationnisme est socialement et médiatiquement délégitimé (1). Il résiste donc à cette labellisation exogène jugée infamante, se présentant plutôt comme l’analyse politique d’une situation donnée, le plus souvent sous la forme d’une dénonciation véhémente d’une «conspiration», et comme l’auxiliaire d’un peuple auquel il révèle ce qui lui est caché. Le décalage sémantique entre la catégorie analytique et la catégorie pratique est ici extrême, puisque le conspirationnisme se présente en fait comme un anticonspirationnisme.

 

 
Le conspirationnisme ne se donne pas non plus comme un discours prélogique ou irrationnel. Au contraire, il a importé et adapté le discours de la raison et de la science, essayant de produire une contre-expertise sur des enjeux publics, ou tâchant de susciter des controverses sur ses sujets de prédilection. Donc, le conspirationnisme se veut un discours qui entend démontrer et convaincre. Il repose en apparence sur des observations du réel, sur des hypothèses, et sur des résultats. Comme le note Émile Poulat, «l’imaginaire peut déraisonner, mais il raisonne toujours abondamment, avec un souci inlassable de preuves, de citations et d’arguments» (2). Dès lors, où sont les failles de ce discours, comment l’identifier, et pourquoi qualifier un tel discours de conspirationniste ? La réponse à ces questions se fera à la fois d’un point de vue général, et en s’appuyant sur un document ayant circulé sur Internet concomitamment à la campagne de vaccination contre la grippe A (H1N1) et dénonçant la volonté de puissance de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : une série anonyme de trente-deux diapositives intitulée « Le vaccin de la conspiration », et qui déploie une rhétorique conspirationniste archétypale (3).

1 – Nier la complexité du réel

Premièrement, le conspirationnisme nie la complexité du réel, dont il va proposer une explication univoque et monocausale. Il ne s’embarrasse pas de contre-exemples, et donne à une même cause — l’action d’un groupe d’individus — des effets variés et une puissance capable d’aller contre la volonté des acteurs du monde social. Philippe Corcuff, analysant la tendance au complotisme des travaux sur la propagande de Chomsky, évoque à ce propos « un certain recul théorique des discours critiques », qui substituent l’intentionnalisme d’élites économiques et médiatiques à une perspective sociologique accordant toute leur place aux rapports de force entre et au sein des champs sociaux (4). Dans le cas du diaporama « Le vaccin de la conspiration », c’est l’Organisation mondiale de la santé qui tient le rôle du conspirateur principal — le mot «mondiale» pesant ici de tout son poids —, alliée aux laboratoires pharmaceutiques, car, affirme le texte, « l’OMS dispose de l’autorité d’obliger tout le monde dans les 194 pays à se faire vacciner de force en automne, d’imposer des quarantaines et de limiter les voyages ». Alors même qu’en 2004, autour de la possible pandémie de grippe aviaire, c’était l’OMS qui alertait les gouvernements, sous la forme d’une « prophétie de malheur officielle » caractéristique (5), c’est elle désormais qui est dénoncée comme actrice d’un autre malheur, et fait l’objet d’une prophétie de destruction mondiale de l’humanité de type conspirationniste.

 

 
Le discours conspirationniste s’apparente-t-il pour autant à de la manipulation ? La réponse à cette interrogation ne peut qu’être nuancée, au sens où les conspirationnistes croient réellement à l’existence du complot qu’ils dénoncent. Ce n’est pas qu’ils tirent des conclusions fausses, mais ils font reposer les éléments factuels retenus sur des prémisses erronées. Ce mélange du «vrai» et du «faux» est en soi une forme de manipulation du réel. Mais il s’agit moins ici de manipuler pour tromper que de manipuler pour convaincre. Car leur certitude, que les citoyens sont toujours-déjà manipulés, conduit les conspirationnistes à afficher leur répugnance pour toute utilisation de techniques manipulatoires. Pour autant, comme le rappelle Philippe Breton, il y a manipulation quand « la raison qui est donnée pour adhérer au message n’a rien à voir avec le contenu du message lui-même » (6). Si le faible écart entre le fond du message diffusé et l’ambition première de ses diffuseurs peut laisser penser que toute manipulation est absente du discours complotiste, parce que l’adhésion au principe du complot structure le propos même du message, il serait hasardeux de s’en tenir à la «raison» d’adhésion la plus manifeste. Car le discours conspirationniste n’est qu’un élément d’une idéologie politique plus vaste, et ne s’y réduit pas. C’est cette idéologie politique plus globale qui est la «raison» première du discours, comme vecteur et comme médium au-delà de son message propre. La manipulation apparaît quand la raison donnée à l’utilisation du médium s’écarte du contenu du message en circulation. L’ambition du conspirationnisme demeure tout de même que le récepteur du message y adhère en vertu du seul contenu du message et de la révélation qu’il propose. C’est-à-dire qu’il s’arrête au message sans questionner le médium. Par cette toute-puissance du message, le conspirationnisme ne vise pas à désinformer, mais à faire adhérer.

2 – Etablir des corrélations factices

Deuxièmement, le conspirationnisme fonctionne par la corrélation factice de faits ou de discours autonomes. Le conspirationnisme peut ainsi s’appuyer sur des propos divergents qui démontrent que la réalité est camouflée par les comploteurs. Ça a été le cas le 11-Septembre avec l’avion qui s’est écrasé sur le Pentagone, où des témoignages ont divergé sur la taille ou le bruit fait par l’avion, générant immédiatement des théories qui concluaient que la «version officielle» était fausse et qu’«on» voulait nous cacher quelque chose.

Parfois même, un seul fait prétendu ou un seul discours suffit pour accréditer le complot. En 1922, le ministre allemand des Affaires étrangères, Walter Rathenau, est assassiné par des nationalistes d’extrême droite qui considéraient qu’il était l’un des «sages de Sion», car il paraissait en connaître le nombre. En effet, dans l’une de ses déclarations, Rathenau avait parlé métaphoriquement de «300 personnes» guidant les destinées de l’Europe (7).

 

"The Committee of 300", de l'auteur conspirationniste John Coleman
À l’inverse, et le plus souvent, on peut relier entre eux une série de faits dont la convergence jusque-là inaperçue dévoile le complot. Faits réels, invérifiables, ou faux, mis en récit accusatoire, et qui font preuve. Le texte du « vaccin de la conspiration » prétend ainsi que « l’OMS a fourni le virus de la grippe aviaire vivant à la filiale de Baxter en Autriche », qu’ensuite « ce virus a été utilisé par Baxter pour fabriquer 72 kilos de matériel vaccinal en février », et qu’enfin « Baxter a ensuite envoyé ce matériel à 16 laboratoires dans quatre pays sous un faux étiquetage, désignant les produits contaminés comme du matériel vaccinal, déclenchant presque de cette façon une pandémie mondiale ». À elle seule, cette simple incrimination d’un laboratoire —d’autant plus facile à faire que le texte étant sans auteur, il ne saurait y avoir de poursuite judiciaire contre sa source —, entre dans le cadre des controverses scientifiques ou économiques propres au régime pluraliste. Mais le saut qualitatif qu’opère le discours conspirationniste est visible dans l’alliance — financière et surtout criminelle — qu’il prétend dévoiler entre l’OMS et ce laboratoire pharmaceutique. Plus explicite, la dénonciation poursuit : « L’OMS, une agence des Nations Unies, semble jouer un rôle clé dans la coordination des activités des laboratoires, des compagnies pharmaceutiques et des gouvernements, dans l’accomplissement de l’objectif de réduction de la population et la prise de contrôle politique et économique de l’Amérique du Nord et de l’Europe. » En effet, « dans de (sic) cadre des plans pandémiques spéciaux décrétés dans le monde entier, en particulier aux États-Unis en 2005, en cas d’urgence pandémique, les gouvernements nationaux doivent être dissous et remplacés par des comités de crise ». Cette fois, tout est dit, l’ambition de contrôle mondial, et de substitution des gouvernements légitimes par l’OMS est dévoilée. Si dans la suite du tract électronique sont également incriminées l’ONU et l’UE, c’est sur l’OMS et sa présidente, Margaret Chan, dont une photo peu avantageuse est d’ailleurs présentée, que se focalise le propos. Et au sein même de l’OMS sur un petit groupe agissant baptisé groupe «d’élite», qui la financerait et contrôlerait également les principaux médias. Nulle critique des «dominants» ici, sinon imaginaires, et la thèse d’un complot qu’on pourrait qualifier de «médico-industriel» suit le schéma classique de la révélation du groupe de conjurés ou d’initiés qui, en dernière instance, pèse sur les destinées humaines.

De même, il est possible de relier entre elles des déclarations convergentes pour indiquer que les locuteurs participent d’un même complot, et se trahissent en tenant un discours commun. Ce type de corrélations est visible dans certains travaux sur la propagande. À rebours d’une démarche sociologique qui attribuerait la tenue de propos identiques à l’appartenance des énonciateurs à un même groupe social ou politique, à une socialisation identique, ou à une conviction identique, ces travaux considèrent que l’émergence d’un positionnement médiatique jugé dominant est la marque d’une main invisible, ou d’une connivence entre politiques et journalistes, qui imposerait une vision conforme à des intérêts supérieurs, au détriment d’une information fiable. La contagion des idées irait donc ici du gouvernement vers des journalistes formellement libres, dont la fidélité au positionnement du pouvoir n’a pu être implantée dans leur esprit que par une action extérieure concertée (8). La présomption d’un pouvoir occulte capable de contrôler la production politique et médiatique d’une société fournit une analyse intentionnaliste, mécaniciste et complotiste, qui repose sur la vision d’une société homogène qui ne serait traversée ni par des contradictions internes, ni par des résistances à la réception des messages médiatiques ou politiques.

Le conspirationnisme projette donc un monde social fantasmatique où les groupes humains ne sont pas autonomes dans leur pensée, mais manipulés et régis par des puissances extérieures. Il apparaît ici comme une mode de reconduction sécularisée de l’idéologie de la dépossession des actions humaines par une instance supérieure, semblable à celle qu’ont véhiculée historiquement les Églises (9).

3 – Eliminer des vérités irréductibles à la théorie

 

 
Troisièmement, le conspirationnisme fonctionne à l’élimination de vérités irréductibles à la théorie. C’est-à-dire que le conspirationnisme est imperméable à la contre-démonstration, et ne retient que ce qui va dans le sens de la présence du complot. De ce point de vue, le complotisme est virtuellement inarrêtable. Par exemple, l’administration de la preuve philologique que Les Protocoles des sages de Sion sont apocryphes n’atteint pas leurs zélateurs. L’argument de ceux qui résistent étant que ce sont peut-être des faux matériellement, mais qu’ils sont authentiques selon l’esprit (10) ; ou bien que l’on peut éliminer les Protocoles comme texte, mais qu’il y a bien un complot juif mondial visible à l’oeuvre quotidiennement ; ou bien encore que si les Protocoles ne décrivent pas l’actualité, ils sont une prophétie (11). Ce qui compte, c’est la «Théorie», peu importent les quelques points marginaux qui ne la rejoignent pas tout à fait. Sourd à la réfutabilité comme à la falsifiabilité — à propos des rumeurs, Jean-Noël Kapferer se demandait d’ailleurs comment il serait possible de soumettre à un test empirique des récits impliquant le diable (12) —, le discours complotiste entend se prémunir contre tout démontage, au nom de l’importance de la cause qu’il défend, ou de la mise en garde qu’il opère. À la limite, l’absence de faits tangibles, comme la mise à l’épreuve du corpus sur lequel se fonde la théorie du complot, ne parvient pas à empêcher la diffusion du message complotiste ; car c’est bien lui, et l’idéologie qu’il promeut, qui sont premiers (13).

4 – Etablir une structure mythique de l’histoire

 

"La foire aux Illuminés", de Pierre-André Taguieff (Mille et une nuits, 2005)
 
Quatrièmement, le conspirationnisme s’appuie sur l’établissement d’une structure mythique de l’histoire. Les théories du complot reposent en effet sur une vision du déroulement historique selon laquelle le complot est le moteur de l’histoire, et les actions humaines n’y sont jamais accidentelles. Tout ce qui arrive est perçu comme l’effet d’actions intentionnelles. Tout est prévu, tout a été prévu par des agents, et tout obéit à un immense plan caché. Et si tout obéit à un destin programmé, il ne sert à rien d’agir car on ne peut aller contre ce plan. On retrouve là encore la dépossession des actions humaines au profit d’une transcendance ou d’un groupe dominant. Selon Taguieff, en effaçant l’imprévisibilité de l’histoire, le dogme du complot « fournit à bon compte le sentiment de pouvoir maîtriser le présent, prévoir l’avenir et déjouer les pièges du futur, sur la base d’une connaissance supposée des causes profondes de la marche du monde » (14). À cet égard, le conspirationnisme est un historicisme au sens de Popper, puisqu’il accorde à une nouvelle Providence sécularisée la capacité de peser sur les destinées du monde. Selon Popper, la thèse du complot repose sur l’idée que pour expliquer un phénomène social, il faut découvrir ceux qui ont intérêt à ce qu’il se produise. Partir de la fin, en quelque sorte, pour découvrir mécaniquement une intention à l’action qui a produit l’effet observé, même si l’acteur à l’origine de l’action a agi sans intention particulière. S’il tire des bénéfices de l’effet, alors c’est qu’il en est bien à l’origine ; même si une pluralité d’acteurs ont pu agir au même moment que lui. Dans le cas de la pensée de Marx, par exemple, non seulement son matérialisme historique est un historicisme, mais surtout l’idée que le monde social a pris la forme que la classe dominante a voulu lui donner, fait abstraction de l’indétermination du social, et le réduit à une épreuve de force entre groupes opposés. Popper indique que le conspirationnisme est une forme de superstition ou de croyance religieuse sécularisée, dont l’historicisme n’est qu’une modalité (15).

Ce faisant, le complot est un « réenchantement désenchantant » du monde, qui produit deux effets contradictoires. D’un côté, il réenchante sur le mode de la révélation. Malgré la publicité des actions politiques en démocratie, ou à cause d’elle, voire l’impératif de transparence, le besoin reste fort d’accéder à une supposée réalité cachée. La mécanique narrative complotiste repose sur le renversement de l’ordre des choses pour lui substituer un ordre plus conforme aux soupçons que peut nourrir le groupe. Le recours au complot affirme que le monde n’est pas tel qu’il se donne visiblement, même si cette affirmation peut être inquiétante. Les esprits s’apaisent à la révélation du complot (« tout devient clair »), mais ils peuvent aussi s’exalter, car ils croient pouvoir mettre fin au complot par l’action. D’un autre côté, ce réenchantement est en même temps désenchantement : même si on peut découvrir le plan, la puissance de l’ennemi rend fataliste et pessimiste quant à toute capacité d’action humaine ; la dépossession et la réification des acteurs apparaissant totales et irrémédiables.

5 – Identifier les signes du complot

Enfin, le conspirationnisme repose sur une surinterprétation de faits perçus comme autant de signes. Pour les théoriciens du complot, tous les faits sont des signes qui peuvent dévoiler le complot, si l’on parvient à les décrypter correctement et à ne pas s’arrêter à leur apparence. Dès lors, tout est réinterprété dans le sens du complot : une déclaration politique, un geste, un symbole (triangles maçons, étoiles, etc.), ou bien simplement des faits, comme le nombre de doses de vaccin H1N1 commandées par les autorités sanitaires françaises (plus de 90 millions) qui paraît suspect parce que trop massif, ou leur insistance à ce que toute la population soit vaccinée. Dans « Le vaccin de la conspiration », et à défaut de preuves, quelques «signes» anecdotiques sont distillés savamment pour accroître l’étrangeté de la situation. Sans craindre de se contredire d’ailleurs, puisque le texte affirme une première fois que le choix de rebaptiser «grippe A» la grippe d’abord dénommée «porcine» a été opéré par l’OMS « dans une tactique de reconnaissance de son origine artificielle » (l’organisation se trahissant, donc), puis une seconde fois (dans une partie visiblement ajoutée pour un public français) que ce choix a été fait « afin de ne pas froisser les producteurs de porcs ».

Dans tous les cas, la matérialité observable des signes prouve la matérialité inobservable du complot. Si le complot n’est pas visible directement, sa puissance et son échelle font qu’il ne peut rester absolument secret, et qu’il se manifeste sous des formes qu’il faut repérer. L’observation des signes, la transformation de détails en révélateurs deviennent alors le moyen non seulement de voir le complot, mais aussi de devenir initié. Il faut «savoir» trouver puis décoder des signes qui n’apparaîtront pas aux yeux des profanes. Et cette capacité permet de diffuser des informations inédites et donc de bénéficier d’une plus-value journalistique sur le marché de l’information (16). Le groupe des initiés vient alors se superposer au groupe des comploteurs, conduisant à un conflit permanent entre ceux qui veulent éventer le complot et ceux qui veulent le cacher. Ici, le mythe conspirationniste radicalisé constitue une machine à fabriquer des ennemis absolus, voués à être détruits, afin que l’histoire puisse reprendre son cours normal. C’est là que l’imaginaire du complot prend toute sa dimension politique, car, en désignant un ennemi, il procède à l’intégration du groupe des initiés, durcit une opposition eux/nous, et surtout incite à la mobilisation contre le groupe ennemi. Comme le note encore Taguieff, le mythe conspirationniste « fonctionne comme une incitation efficace à la mobilisation et un puissant mode de légitimation ou de rationalisation de l’action, aussi criminelle soit-elle » (17). C’est aussi là que se révèle sa nature apocalyptique, car la lutte entre les conjurés, qui en tendent asservir l’humanité, et les initiés, ne peut être qu’une lutte à mort ; et l’on notera au passage qu’Alfred Rosenberg et Hitler avaient lu littéralement Les Protocoles des sages de Sion, y trouvant matière à leur lutte absolue contre une domination juive mondiale fantasmée (18). Et une lutte pour se prémunir également de la destruction programmée par les comploteurs car, comme l’écrit Paul Zawadzki, « Les Protocoles des Sages de Sion représentent l’un des exemples les plus extrêmes du processus d’auto-victimisation antisémite, qui par la logique d’autodéfense contre une conspiration mondiale légitime d’avance le passage à l’acte meurtrier » (19).

 

 
C’est pour cette raison que le conspirationnisme doit être pris au sérieux, non pas tant dans son fond, que dans sa dimension idéologique et mystique. Car s’il est réenchantement du monde, c’est parce qu’il promet aux initiés d’accéder au monde invisible, pas celui de Dieu dans un univers sécularisé, mais celui de ses vrais maîtres. Et cette révélation est d’ailleurs désormais librement accessible à tous par le biais notamment d’Internet, qui autorise le rayonnement d’informations qui seraient restées confidentielles dans un autre état des structures de la sphère publique. Comme l’écrit Corcuff : « le “complot” s’est démocratisé » (20). Son analyse partage d’ailleurs avec celle des rumeurs d’avoir été saisie concomitamment par plusieurs disciplines scientifiques (21). À la fois parce qu’il s’agit d’un objet en apparence plastique, persistant dans le temps, et capable de nourrir aussi bien des analyses fonctionnalistes que d’autres le considérant comme une tentative d’institutionnalisation d’une idéologie singulière au cœur du jeu politique.

Notes :
(1) Véronique Campion-Vincent, La société parano. Théories du complot, menaces et incertitudes, Paris, Payot, 2005, p. 13.
(2) Emile Poulat, « L’esprit du complot », Politica Hermetica, « Le complot », n°6, 1992.
(3) Le 24 septembre 2013, on trouvait ce document sur : http://www.slideshare.net/blogaujourlejour/le-vaccin-de-la-conspiration-1948411 (posté le 3 septembre 2009). Vraisemblablement traduit de l’anglais, il concerne essentiellement le cas américain, mais au moins une diapositive, sans doute ajoutée pour le lectorat français, et d’ailleurs rédigée dans une police de caractère différente, s’arrête sur la situation française. Sur ce mode « rumoral » et électronique de circulation de chaînes d’alertes, cf. Emmanuel Taïeb, « Persistance de la rumeur. Sociologie des rumeurs électroniques », Réseaux, 106, 2001, p. 231-271.
(4) Philippe Corcuff, « Chomsky et le “complot médiatique”. Des simplifications actuelles de la critique sociale », Calle Luna, septembre 2006.
(5) Francis Chateauraynaud, « Annoncer le pire à l’échelle mondiale. La pandémie de grippe aviaire entre gestion des risques et prophétie de malheur (1997-2007) », Document de travail du GSPR, EHESS, Paris, février 2008, p. 2.
(6) Philippe Breton, La parole manipulée, Paris, La Découverte, 2002.
(7) Pierre-André Taguieff, La foire aux Illuminés. Ésotérisme, théorie du complot, extrémisme, Paris, Mille et une nuits, 2005, p. 185.
(8) On retrouve ce travers dans les écrits d’Anne Morelli, à propos des intellectuels et journalistes soutenant les frappes de l’OTAN sur la Serbie en 1999, qu’elle accuse d’être « engagés aux ordres de l’OTAN », ou de se blottir « sous l’aile protectrice de l’oncle Sam ». Au moins ici, les comploteurs sont identifiés (A. Morelli, Principes élémentaires de propagande de guerre. Utilisables en cas de guerre froide, chaude ou tiède…, Bruxelles, Labor, 2001, p. 71 ; A. Morelli, « Les principes de Ponsonby et la propagande de la République », in D. Rolland, D. Georgakakis, Y. Déloye (dir.), Les Républiques en propagande. Pluralisme politique et propagande : entre déni et institutionnalisation, Paris, L’Harmattan, 2006). Chez Chomsky, le vecteur du complotisme est un plus vague « système » médiatico-économique. Contre cette perspective, cf. Philippe Corcuff, « “Le complot” ou les mésaventures tragi-comiques de “la critique” », Calle Luna, avril 2005.
(9) Marcel Gauchet rappelle ainsi que les sociétés religieuses ont attribué à Dieu le déroulement du temps historique, ont dépossédé les individus de ce qui aurait pu leur revenir, et ont reconduit l’idée d’hétéronomie sans passer à l’autonomie de la volonté humaine (M. Gauchet, Le désenchantement du monde. Une histoire politique de la religion, Paris, Gallimard, 2005, p. 43).
(10) P.- A. Taguieff, op. cit., pp. 62-63.
(11) C’est ce que pense le Times quand il présente les Protocoles le 8 mai 1920. Il les dénoncera comme faux par la suite (Léon Poliakov, La causalité diabolique, tome 2, Paris, Calmann-Lévy/Mémorial de la Shoah, 2006 [1985], p. 339).
(12) Jean-Noël Kapferer, Rumeurs. Le plus vieux média du monde, Paris, Seuil, 1995 [1987], p. 290.
(13) Les études de propagation des rumeurs ont montré que l’importance de la cause à défendre l’emportait sur la véracité du message en circulation. C’est visible dans le cas des « décalcomanies au LSD », rumeur diffusée notamment par la profession médicale, au nom de la lutte contre la drogue (V. Campion-Vincent & J.-B. Renard, Légendes urbaines. Rumeurs d’aujourd’hui, Paris, Payot, 1998, pp. 195-205).
(14) P.-A. Taguieff, op. cit., p. 84.
(15) Karl Popper, La société ouverte et ses ennemis, tome 2, Paris, Seuil, 1979 [1962-1966], pp. 67-68.
(16) C’est typiquement ce que font Thierry Meyssan et le Réseau Voltaire en « vendant » des informations inédites révélant la « vraie » nature des phénomènes observés.
(17) P.- A. Taguieff, L’imaginaire du complot mondial. Aspects d’un mythe moderne, Paris, Mille et une nuits, 2006, p. 9.
(18) Cf. P.- A. Taguieff, Prêcheurs de haine. Traversée de la judéophobie planétaire, Paris, Mille et une nuits, 2004, p. 674 ; Philippe Burrin, Ressentiment et apocalypse. Essai sur l’antisémitisme nazi, Paris, Seuil, 2004.
(19) Paul Zawadzki, « Théorie du complot », in E. DeWaresquiel (dir.), Le siècle rebelle. Dictionnaire de la contestation au xxe siècle, Paris, Larousse, 2004, p. 902.
(20) Ph. Corcuff, « “Le complot” ou les mésaventures tragi-comiques de “la critique” », art. cit.
(21) Philippe Aldrin, « Penser la rumeur. Une question discutée des sciences sociales », Genèses, 2003/1, n°50.

L’auteur :
Professeur des Universités à l’Université Lyon 2 et à Sciences Po Grenoble, Emmanuel Taïeb a consacré plusieurs articles à l’analyse du conspirationnisme et des rumeurs. Il est l’auteur de La guillotine au secret. Les exécutions publiques en France, 1870-1939, Paris, Belin, coll. « Socio-histoires », 2011.

Ce texte a été adapté de l’article «Logiques politiques du conspirationnisme» paru originellement dans la revue Sociologie et sociétés (Presses de l’Université de Montréal), vol. 42, n° 2, 2010, p. 265-289. Il est disponible en intégralité sur Erudit.org. Merci à Emmanuel Taïeb, à la rédaction de Sociologie et sociétés et aux Presses de l’Université de Montréal de nous avoir autorisé à en reproduire cet extrait ici.

 

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